Arch. de Seine-et-Oise, sér. H
8o ans le fief de Saint-Merry. Enfin, pour mettre un terme à cette contestation, il consentit à limiter son droit à 4o arpents environ. Cet accord fut accepté'.
Comme nous l'avons vu dans le Polyptyque de l'abbé Irminon, au commencement du IX'^ siècle, l'abbaye de Saint-Germain possédait à Epinay l'église paroissiale, qu'elle avait confiée à titre de bénéfice à un prêtre nommé Ricbert. Comme pour tous les biens qu'elle possédait dans ce territoire, ses archives ne nous fournissent pas d'indications sur l'origine de la seigneurie spirituelle d'Epinay, et ne permettent pas de savoir si l'autel d'Epinay avait été donné à l'abbaye par un évêque de Paris ou bien si les religieux avaient eux-mêmes fondé cette église pour les besoins spirituels de leurs vassaux et serfs d'Epinay. Nous serions assez disposés à nous ranger à la seconde hypothèse, que soutenaient les Bénédictins au XYIP siècle dans leurs démêlés avec l'autorité épiscopale au sujet de leurs droits sur la paroisse d'Epinay ; nous appuyons cette manière de voir sur l'absence de la charte de donation, qui ne figure ni dans les archives, ni dans les divers cartulaires, tandis que nous les y retrouvons pour toutes les autres églises voisines de la dépendance de l'abbaye; sur le vocable de saint Germain imposé à cette église ; sur les privilèges et droits de gros décimateurs qui appartenaient aux moines et qui impliquaient en général la qualité de fondateurs. Mais pendant les désastres des X^ et XP siècles, les abbés laïques de Saint-Germain laissèrent perdre une partie de leurs droits spirituels, en même temps que beaucoup de leurs biens temporels.
Au sortir de cette période, les moines n'avaient plus, non seulement la collation dont nous venons de les voir investis au IX" siècle, mais encore le droit de présentation ; car l'église d'Epinay ne figure pas parmi celles dont la bulle d'Alexandre 111 confirma la juridiction aux religieux de Saint-Germain. Pourtant cette juridiction fut l'objet de compétitions rivales et de litiges prolongés entre les évêques de Paris et les abbés.
Si les pouillés parisiens des XV^ et XYP siècles marquent la cure d'Epinay-lès-Saint-Denis comme étant à la pleine collation de l'évêque, le Pelletier, dans son Pouillé de 1692, l'indique comme étant à la nomination de l'abbé'. Dans le cours du XYIP siècle, les Bénédictins