Archiv. de Seine-et-Marne, H. 3o
3. Bouillart, Hist. de Saint-Germain-des-Prés, pièces justif., n° XIII, p. XII.
Le Polyptyque d’Irminon nous apprend que les Bénédictins possédaient une église dans cette localité : « Habet in Alsiaco ecclesiam dominicatam cum omni apparatu1 2 3 4 5. »
Au mois de septembre 1109, Daimbert, archevêque de Sens, nous fait connaître par une charte qu’il accorde à l’abbé de Saint-Gérmaindes-Prés : « Altare de Absedo villa quod est in pago Senonensi, in honore sancti Germani et sancti Yincentii, quod ad personam vicarii essesolebat *. »
Mais pourquoi le prélat bénédictin réclame-t-il une église qui se trouve déjà en son pouvoir ? N’y a-t-il pas là une contradiction ? Peut-être s’agit-il ici de la chapelle du prieuré ? Mais du reste, c’est pour nous, en la circonstance, une question subsidiaire. Il nous importe avant tout d’identifier Absedumvilla. M. Longon nous enseigne que Alsiacum, Absedum, sont des mots signifiant la même chose qu ’Alsei, Adalsei*. Dans le Liber Sacramentorum, manuscrit conservé dans la bibliothèque de Stockolm, et qui donne la nomenclature des paroisses du grand archidiaconé de Sens, nous voyons qu ’ Adalsei désigne Marolles \
Les localités nommées dans ce document sont placées dans un ordre géographique absolument régulier et Adalsei (Marolles) se trouve situé entre Montereau et Missy. Or, il n'existe aucune autre paroisse que Marolles entre ces deux pays, et Marolles seul convient tant à la topographe qu’à la désignation du manuscrit.
Daimbert mentionne Alsiacum pour la dernière fois en 1109, et cite, en 1126, le Marolles actuel, dont on trouve la première trace dans un document de 1073, hommage de Gautier Cornu \ Ces deux termes se sont succédé pour déterminer le même coin de terre. On ne saurait expliquer la disparition du mot Alsiacum en disant qu’on a aliéné cette localité. Si cette négociation avait eu lieu, on en découvrirait facilement le cessionnaire et on retrouverait le nom : Alsiacum. Il n’y a eu ni vente, ni abandon, et l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés a toujours conservé la justice de l’eau jusqu’au faubourg Saint-Maurice,