‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-PrésChapitre 26 sur 168 · Guérard, op. cit · texte numérisé non relu

Guérard, op. cit

visites aux églises, percevait sur elles des redevances excessives et les ruinait en menant à sa suite un grand nombre de gens et de chevaux. On fut obligé de réglementer ce luxe et ces exigences4.

Le doyen rural, ou archiprêtre rural, était, à l’origine, un curé qui avait reçu, de l’évêque, mission de surveiller un groupe de paroisses.

Revenus des églises.

Les revenus d’une église comprenaient les dîmes, les offrandes et les droits perçus à l’occasion des cérémonies religieuses.

i° La dîme. — La dîme était une certaine part des fruits, variant du 10e au 3oe, prélevée par l’Eglise ou par un seigneur, sur les produits tant de la terre, des animaux, que de l’industrie humaine. Dans le principe, c’était un droit purement ecclésiastique, exigé uniquement par le clergé. Dans la suite, les seigneurs l’usurpèrent ou le reçurent en fief, et on appela alors dîmes inféodées ou seigneuriales, les dîmes sorties des mains de l’Eglise et possédées par des laïques. Charlemagne prescrivit par une loi spéciale de payer la dîme à l’Eglise. On distinguait plusieurs espèces de dîmes :

a) Les grosses dîmes ( decimœ grossœ) se prélevaient sur l’orge, le froment, le seigle, l’avoine, le vin et le gros bétail.

b) Les menues dîmes ( decimulœ , minutœ decimœ ) se levaient sur le menu bétail, la volaille, les peaux d’animaux.

c) Les vertes dîmes portaient sur les pois, les fèves, les lentilles, le lin, le chanvre, le sainfoin.

Jusqu’au VIIIe siècle, la dîme frappa exclusivement les récoltes. A partir du IXe siècle, elle s’étendit aux bestiaux, au salaire de l’artisan, aux bénéfices du commerce.

Les prémisses (prœmissœ) était un droit ecclésiastique différent de la dîme et prélevé sur les premiers fruits de la terre

i. Bouillart, Histoire de Saint-Germain-des-Prés, p. 97.

et les premières portées des animaux. Il variait depuis un trentième jusqu’à un soixantième.

Les novales ( novalia ) étaient les dîmes perçues sur les terres nouvellement mises en culture.

Le rapport (reportagium, reportas , sequela decimœ ) était la moitié de la dîme perçue au profit de l’église paroissiale du cultivateur qui récoltait sur le territoire d’une autre paroisse1.

La redîme ( redecima , décima decimœ, relrodecima , reridecima) ou dîme de la dîme.

Le charroi ( cariagium ou cario ) était un droit payé à celui qui recueillait la dîme et la voiturait jusqu’à la grange du décimateur.

Le décimateur était celui qui levait la dîme2.

2° Les offrandes (oblationes, ojferendœ , quelquefois missagiam, altare, cantagiam) se donnaient en argent ou en nature à l’église paroissiale, principalement à l’occasion de la messe et des autres services religieux, le dimanche et les jours de fête. La source principale des offrandes fut toujours la collecte faite après l’offertoire. Les seigneurs, en faisant l'abandon des offrandes, se réservaient quelquefois, en tout ou en partie, celles des grandes fêtes3.

Ces offrandes consistaient tantôt en pièces de monnaie (denarius caritatis, denarias dominicalis, denarias de palma ), tantôt en pains ou tourteaux ( panes ou tortelli consaetadinales, natalitii, calendarii , pascales, etc.), tantôt en cierges et chandelles ( cerei , candelœ).

On trouve, dans les anciennes chartes, les pains de la Pentecôte, de la Purification, de l’Épiphanie, de Saint-Etienne4.

3° L’église percevait des droits à l’occasion du baptême

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