Abbé de Cugnac, op. cit
Après son décès, la châtellenie de Jonzac échut à son cousin germain, Geoffroy de Sainte-Maure, fils d’Antoine, seigneur de Mosnac, Geoffroy de Sainte-Maure était catholique, et tandis que son cousin guerroyait avec les Huguenots, il faisait, en i58a, le pèlerinage en Terre Sainte. En 1598, il épousa Viviane de Polignac, fille de Léon, seigneur d’Ecoyeux, et de Catherine Tison.
Bien qu’il n’ait été revêtu d’aucune charge, Geoffroy de Sainte-Maure jouissait en Saintonge d’une haute considération ; il fut député de la noblesse aux États généraux de 1614 et reçut le collier des ordres du roi. Son portrait et celui de sa femme se voyaient autrefois dans une des salles de Jonzac. Son fils, Léon de Sainte-Maure, est celui de tous qui" a jeté le plus d’éclat sur la maison de Jonzac. Il épousa, le 20 janvier 1622, Marie d’Esparbez de Lussan, fille de François, vicomte d’Aubeterre.
Bien qu’à plusieurs reprises elle eût été démembrée, la châtellenie de Jonzac était encore fort importante, au XVIIe siècle, comme le démontre un aveu rendu le 22 juin 1624 *. Le château, dont la partie la plus ancienne remontait au XIVe siècle, fut considérablement agrandi. Léon de Sainte-Maure désirait porter un titre en rapport avec la situation que lui créait sa récente alliance avec la fille d’un maréchal de France, mais l’érection d’une simple baronnie en fief de dignité, comté ou marquisat, bien que dépendant uniquement de la volonté royale, ne pouvait avoir lieu que pour les terres relevant directement du roi. Or, Jonzac avait pour suzerain l’abbé de Saint-Germain-des- Prés. Cette difficulté s’opposant à ce que cette terre fût légalement érigée en comté, celle d’Ozillac, relevant directement du roi, fut, au mois de décembre 1623, érigée en marquisat ; dès lors on donna, par courtoisie, à Léon de Sainte-Maure le titre de comte de Jonzac ; mais les officiers de la terre outrepassèrent leurs droits en la dénommant comté de Jonzac ; aucune déclaration ne les y autorisait.
Au mois de février 1628, Léon de Sainte-Maure leva et équipa à ses frais un régiment qui porta son nom et avec lequel il vint prendre part au siège de La Rochelle. Le 12 mars, à l’affaire du fort de Tasdon, le régiment de Jonzac lâcha pied, ce qui lui donna un assez mauvais renom dans l’armée, sans que toutefois, malgré l’assertion des Réaux *,