‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-PrésChapitre 89 sur 168 · Arch. nat. S · texte numérisé non relu

Arch. nat. S

2. Mémoires de Tallemaut des Réaux, t. VII, p. 4g3, édit. 1 858.

l’honneur militaire de son colonel ait été atteint. Le régiment de Jonzac fut licencié au mois de novembre suivant ; mais Léon de Sainte-Maure fut nommé capitaine de cent hommes d’armes, gouverneur de la ville de Cognac, et en i633, lieutenant général des armées du roi. En 1 65 1 , Jonzac défendit Cognac contre le prince de Condé et l’obligea à en lever le siège. En 1661, Léon de Sainte-Maure fut nommé chevalier des ordres du roi et chargé en i665 de mettre en état de défense les côtes de Saintonge, menacées d’une descente des Anglais. Il mourut le 22 juin 1671 ; sa femme l’avait précédé dans la tombe, en 1 654, et avait été inhumée dans l’église de Saint-Léger de Cognac*. Léon de Sainte-Maure avait été un ami de Molière et passait pour un fin lettré. Il traduisit les Métamorphoses d’Ovide, mais cette œuvre a été malheureusement perdue.

Pendant que ce noble seigneur se couvrait de gloire, un membre de sa famille, Alain de Sainte-Maure, seigneur de Chaux et de Saint- Germain de Vibrac, se ruinait ; il avait de nombreux créanciers. Il devait à :

i° Gaspard de Comminges, sieur de la Ferrière : 6000 livres ;

20 François Bouchard d’Aubeterre, sieur de Monchande, 5ooo livres ;

3° Jean Guerry, écuyer, sieur de Chasteau, 6000 livres ;

4° Demoiselle Marie Benoist de Largebaston, dame de Feuillac, la somme de 1 2000 livres ;

5° François Bachelot, dit Dangiers, la somme de 1000 livres ;

6° Au sieur de Réaux, la somme de i5ooo livres.

Le tout se montait à 45ooo livres.

Pour satisfaire à ces nombreuses et lourdes obligations, il aliéna sa terre et seigneurie de Saint-Germain de Vibrac. Charles Chénel, seigneur de Meux, en acquit les deux tierces parties, et le seigneur de Réaux, le reste. Alain de Sainte-Maure se réserva les arbres qui se trouvaient en la forêt d’Ource, située dans la châtellenie de Saint- Germain de Vibrac, 22 décembre 1611. Ce seigneur de Chaux pouvait en disposer jusqu’à l’année 1620 s.

Un aveu du ier janvier i656 donne les limites de cette seigneurie de Saint-Germain et signale plusieurs localités. On rencontre les villages

1. Voir le comte de Jonzac, dans V Almanach de Cognac, 1861. — Revue de la Saintonge et d'Aunis, t. VI, p. a45.

a. Arch. nat. S. 3767.

de Puyrichard, des Martins, de Peublanc, de Brou telard, des Sorignets. du Soubiers, du Mayne Bellard, des Couillandeau, de la Merlandrie, des Messacq, et les lieux dits : le champ de l’Eguille, l’Hommeau de la Reyne, le fief de Cormon, le carrefour de la fenestre, le gué Garreau, la rivière du Tastre, le vignoble du moulin à vent, les prés de la Malangine et de Massé Grégoire, le ruisseau de la forêt d’Ource, le pas de Lasne, le bois de la Croze, de Brandard, les Arondelles \

Alexis de Sainte-Maure ne survécut pas longtemps à son père, Léon de Sainte-Maure. Il fut d’abord capitaine au régiment de Mazarin, premier écuyer de Gaston d’Orléans, puis mestre de camp du régiment de Jonzac, à la tête duquel, en 1G76, il vengea glorieusement, sous les remparts de Maëstricht, le mauvais renom de la campagne de 1628®.

Alexis de Sainte-Maure épousa, en 1661, Suzanne Catelan, fdle d’un riche financier qui a laissé son nom au pré Catelan, dans le bois de Boulogne. A la mort de son beau-père, il fut quelque temps enfermé à la Bastille pour avoir bousculé Berryer, commis de Colbert, qui avait été chargé de faire l’inventaire des papiers de la succession. Il mourut au mois de mars 1677, ne laissant que deux filles. L’aînée, Julie-Michelle, comtesse de Jonzac, épousa, en 1648, Pierre Bouchard d’Esparbez de Lussan, comte d’Aubeterre, qui devint, par cette alliance, comte de Jonzac 8.

Né le i5 juillet 1657, le comte d’Aubeterre prit parta toutes les campagnes du règne de Louis XIY ; de 1674 à 1708, il fut gouverneur de Collioure et Port-Vendres, et lieutenant général des armées du roi. En sa qualité d’ami et de protégé de M. de Vendôme, Saint-Simon ne l’aimait pas ; aussi le maltraite-t-il fort dans ses Mémoires. Il le représente comme le courtisan des commis du ministre qu’il régalait souvent chez lui. La plus misérable condition, dit-il, était celle d’être sa femme ou son fils \

Pierre Bouchard d’Esparbez eut un grave différend avec le cardinal d’Estrées, abbé de Saint-Germain-des-Prés. La terre de Saint-Germain de Vibrac en fut l’occasion. Elle venait d’être vendue au sieur Delage,

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