‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-PrésChapitre 91 sur 168 · CLAM · texte numérisé non relu

CLAM

Nous avons vu qu’en i328, un partage établit la châtellenie de Clam en face de la seigneurie de Jonzac. Nous connaissons le premier feudataire sous le nom de Geoffroy Tison. Les deux châtelains rendaient séparément hommage à l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, nommaient dans leur aveu toutes les paroisses de l’ancien fief et fournissaient chacun la moitié de la redevance primitive, c’est-à-dire six couteaux et demi et la moitié d’une peau de cerf tannée pour recouvrir les livres de chœur.

Quel fut le successeur de Geoffroy ? Nous ne le savons trop. Le premier aveu que nous rencontrons après 1828 est daté du 21 juillet 13991. Yblet de la Roche, escuier, seigneur de Yernant, avoue tenir à foi et hommage de monsieur l’abbé de Saint-Germain-des-Prés-les-Paris, la moitié de la chastellenie de Jozac et autres droiz à ycelle appartenant dans les paroisses de Clam, Anthognac \ Saint - Gerrin 3, et Saint- Germain, où il exerce la justice haute, basse et moyenne*.

Le 6 octobre i45o, Jean de la Rochandry explique qu’il est d’une santé délicate et que les chemins sont peu sûrs. Etant dans l’impossibilité de se présenter devant l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, il donne mission à Thomas de Surenne, son cousin, et à Jehan de Curzay de lui rendre hommage en son nom. Le 2 mars 1460, il semble avoir personnellement accompli ce devoir. Sans doute, les forces lui étaient revenues et les voies publiques présentaient plus de sécurité 8.

Jean de la Rochandry était mort en 1478, car sa veuve, Marguerite de Mare ville, le i3 août de la même année, se met en mesure de rendre hommage à l’abbé de Saint-Germain-des-Prés. Elle établit pour ses procureurs et messagers : Nicole de la Marre, Nicole Polentain, Jean le Faure, Aimar de Maumont.

Arch. nat., S. 2967.

Antignac, canton de Saint-Genis.

Saint-Gerrin (Saint-Georges de Cubillac), Arch. nat., S. 29O7.

Id. Id.

canton de Saint-Genis (?).

IOI

Le a3 juin i488, François de la Rochandry possédait le fief. Pour rendre ses devoirs à son suzerain, il choisit comme procureurs : Charles du Bec, conseiller du roi en la cour du parlement, Jehan Lefieure, procureur en la même cour, et Arnaut Bouchet.

Il avait cessé de vivre en i5io, s’il faut croire un aveu du 16 mai de la même année nous montrant Savary de la Rochandry en possession de la châtellenie de Clam. Il confesse qu’il est l’homme-lige de révérend Père en Dieu, l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, à raison de son fief. Il lui reconnaît lui devoir pour droits de muance six couteaux et demi et demi-peau de cuir. Il ajoute qu’il tient de ce dit seigneur son château des Salles de Clam, avec les paroisses de Saint-Martin de Clam, Saint-Pierre d’Antignac, Saint-Germain de Lusignan, Saint-Georges de Cubillac, Saint-Michel de Lussac, Fontaine, près Ozillac et tout ce qu’on possède en son nom à Saint-Maurice de Tavernolles, Saint-Vincent de Réaux et Notre-Dame de Neulles *.

Hubert de la Rochandry est seigneur de Clam, le 18 avril 1 55 1 . Il charge Pierre Foucault, procureur en la cour de parlement, de rendre hommage en son lieu et place.

Les troubles qui suivirent la mort de Henri III avaient obligé le cardinal Charles de Bourbon, abbé de Saint-Germain-des-Prés, de se réfugier à la province. Abdénago de la Rochandry va le trouver à Tours et lui présente ses devoirs, le 17 mai i5gi. « Quand Paris aura fait sa soumission au Roi, vous viendrez, six mois après, en mon abbaye et vous me fournirez, lui dit-il, un dénombrement de la seigneurie de Clam. » Le 27 juin 1697, lorsque Abdénago veut satisfaire au désir du cardinal, celui-ci n’était plus de ce monde. Force lui est de s’adresser au prieur du monastère, Jacques du Breul 2.

En 1618, la seigneurie de Clam passa aux mains de M. et de Mme de Châtillon qui s’en étaient rendus acquéreurs. A la suite de ce contrat, monseigneur Henri de Bourbon, duc de Verneuil, évêque de Metz, et abbé de Saint-Germain-des-Prés, se crut autorisé à exiger les droits de lods et ventes. En effet, plusieurs fiefs situés dans l’étendue de la châtellenie et tenus en parage avaient été aliénés. Le parage existait lorsque l’aîné d’une famille noble cédait à ses puinés quelques terres féodales, qu’ils tenaient de lui. Celui-là prenait le nom de chémier et les

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