‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-PrésChapitre 92 sur 168 · Arch. nat., S · texte numérisé non relu

Arch. nat., S

s. Ibid.

autres s’appelaient parageurs. Le chémier seul rendait hommage au seigneur dominant ; les parageurs n’étaient soumis à aucun devoir envers le chémier. Si le parage prenait fin, ceux qui possédaient les terres précédemment tenues en parage devaient l’hommage au chémier et celui-ci au seigneur suzerain. Le parage expirait, soit par l’aliénation du fief ou d’une partie du fief tenu en parage, soit par la cessation de la parenté, qui n’était plus reconnue au-delà du quatrième degré. Plusieurs terres avaient été vendues dans la seigneurie de Clam. L’évêque de Metz soutenait que le parage avait cessé pour ces domaines et que, suivant un usage particulier, reçu au présidial de Saintes, il pouvait réclamer les premiers lods et ventes pour ces biens désormais soustraits au parage. Il revendiquait donc ces droits :

i° D’Eslher Espied, veuve de Louis Renard, qui avait acquis plusieurs rentes foncières et seigneuriales, démembrées du domaine de Clam, les terres de Fouguion et de Lussac ;

2° De François de Polignac, qui avait acheté la terre de Fontaine ;

3° De M. et Mme de Châtillon, qui avaient aussi acquis la terre de Saint-Georges de Cubillac.

Une sentence du parlement, rendue le 1 4 juillet 1649, reconnut que monseigneur Henri de Bourbon pouvait exiger les droits seigneuriaux pour le domaine de Saint-Georges de Cubillac, mais elle le débouta de ses autres prétentions. Cet arrêt ne satisfit personne ; monseigneur de Metz et M. de Châtillon interjetèrent appel. Ce dernier affirmait que le contrat lui transmettant le fief de Clam avait détruit le parage et fait des anciens parageurs des vassaux soumis envers lui aux devoirs ordinaires. Pour justifier son opinion et son bon droit, l’abbé de Saint- Germain invoquait une série de jugements prononcés en pareille matière. Nous ignorons quel fut le résultat de ce différend *.

Elisabeth-Angélique, née de Montmorency, duchesse de Châtillon, épouse séparée de biens de monseigneur Christian-Louis, duc souverain de Mekelbourg, dame de Clam, Saint-Georges de Cubillac, Saint- Germain de Lusignan, avait destiné ses terres de Saintonge à sa sœur, Mme de Valençay. Cette dernière vint à mourir. La duchesse, contrariée dans son projet primitif, reporta son affection sur sa nièce, demoiselle Julie d’Estampes de Valençay, fille de la regrettée défunte. Par un testament olographe du 19 juin 1693, elle lui donna cent mille

i. Bibl. nat., Factum, Boulaguet Bourbon-Lancy, 4 f. v. 160, p. ag63/33.

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livres à prendre, spécialement et par privilège, sur Clam, Saint- Germain de Lusignan, Saint-Georges de Cubillac, et abandonnait le surplus de ses domaines, situés en Saintonge, à son neveu, le comte de Yalençay. La duchesse de Mekelbourg rendit le dernier soupir, le 2 4 janvier 1695. Un an plus tard, le 24 mai 1696, le comte de Yalençay fut envoyé en possession de son héritage, par une sentence des requêtes. Se souvenant peu des intérêts de sa sœur et de la part qui lui revenait, il aliéna ou dégrada les terres qu’il aurait dû administrer avec sagesse. Un procès s’engagea bientôt et un arrêt des requêtes du 4 mai 1 708 délivra aux enfants de Julie de Valençay, dame d’Entraigues, les domaines de Clam, Saint-Germain de Lusignan et Saint-Georges de Cubillac, jusqu’à concurrence de cent mille livres. Le 6 septembre de la même année, le parlement confirma cette sentence et rejeta l’appel du comte du Valençay *.

Est-ce pour ce legs de cent mille livres que celui-ci consentit, le 19 juillet 1707, à payer au cardinal d’Estrées dix mille livres qu’il lui devait pour lods et ventes, ou cette redevance avait-elle pour motif quelque aliénation ? Le manque de renseignements ne nous permet pas de préciser1 2.

Pierre -François d’Entraigues, seigneur de Clam, Saint-Georges de Cubillac et Saint-Germain de Lusignan, n’avait pas rendu hommage, ni payé ses redevances. Le cardinal d’Estrées, évêque de Laon, abbé de Saint-Germain-des-Prés, fit saisir la seigneurie, et signifia, par défense affichée à la grande porte de l’église, aux tenanciers de payer leurs fermages au seigneur 3 4.

Avant de clore cette étude, on nous permettra de faire remarquer certaines particularités relatives à l’armement, l’institution des foires et marchés, et la désignation des dépendances de la châtellenie de Jonzac.

Par une ordonnance du 24 juillet 1 534» François Ier avait levé des troupes nationales sous le nom de légions, dans les provinces de Normandie, de Bretagne, de Picardie, de Bourgogne, du Dauphiné, du Languedoc et de la Guyenne. Chacune de ces contrées devait fournir 6.000 hommes, ce qui formait un contingent de 42.000 soldats. La

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