Arch. nat. LL. ioa4, p. 65 ; LL. 1036, p. i
était la propriété des Bénédictins, et l’autre appartenait en partie aux Cisterciens. Comme on redoutait de part et d’autre une funeste rivalité, on régla qu’on laisserait aux habitants pleine liberté de se rendre au moulin de leur choix. L’abbé de Cîteaux devait rendre tout ce qu’il avait acquis depuis 20 ans au préjudice du domaine prioral de Gilly *.
Guy, abbé de Cîteaux, avait acquis des terres de Guillaume de Marigny et de plusieurs autres personnes. Sur les réclamations de Gautier, prieur de Gilly, affirmant que ces propriétés lui devaient la dîme, il s’engage à lui payer chaque année une rente de 8 setiers de blé, mesure de Dijon (1199) *.
Gilly était éloigné de Paris et cette distance nécessitait de fréquents voyages pour surveiller l’administration de cette terre. D’ailleurs, les revenus de ce domaine avaient notablement diminué : ils s’élevaient à peine à 1.000 livres. Une telle somme suffisait à peine à couvrir les frais qu’on s’imposait pour entretenir le prieuré. On songea donc à vendre ces possessions. Les religieux de Saint-Germain-des-Prés, réunis en séance capitulaire, le i4 février i3oo, approuvèrent ce projet, après avoir pris connaissance des nombreuses dettes contractées par l’abbaye et entendu l’avis du pape Boniface VIII. Ce pontife consentait pour deux motifs que le prieuré de Gilly fût annexée à l’abbaye de Cîteaux.
Jadis, abbé de ce monastère, il lui portait toujours un véritable intérêt et encourageait tout ce qui pouvait augmenter sa prospérité. De plus, l’aliénation de ces biens permettait aux Bénédictins de payer les i.4oo florins d’or et quatre cents petits tournois qu’ils devaient à la cour romaine.
Au mois de mars de la même année, les Cisterciens acquirent définitivement tous les droits que le convent de Saint-Germain-des-Prés avait à Gilly et dans les environs. Ils s’engagèrent à payer à cette communauté une somme de 10 mille livres petits tournois et une rente annuelle de 4oo livres. Cette redevance devait prendre fin, lorsqu’ils lui auraient fourni des immeubles d’un rapport égal, dans le voisinage de Paris 1 * 3.
Les religieux de Cîteaux, craignant que ceux de Saint-Germain ne