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opérations sur la place de Londres, le change sur l’étranger disparaissait à peu près entièrement et le réglement des dettes internationales restait en suspens.
Il est évident que cet arrêt brusque du marché en pleine activité devait trouver Londres dans une situation créditrice. En ce qui regarde les seuls Etats-Unis, la balance favorable à l'Angleterre s’élevait, à la fin de juillet, à environ 150 millions de dollars. Cette situation explique que l’or des autres pays, et spécialement l’or américain, soit entré largement sur le marché anglais, pendant les 5 derniers mois de 1914. Dès les premiers symptômes de la crise, c’est-à-dire le 23 juillet, New- York commença à exporter de l’or à destination du continent européen. Deux millions et demi de dollars d’or sortirent le 23 juillet, et, le 28, 3.600.000 dollars d’or prirent le même chemin. Pendant ces derniers jours de juillet, les Etats-Unis exportèrent tout l’or que les compagnies d'assurances acceptèrent d’assurer. La situation se compliqua de ce fait que les détenteurs européens de titres américains vendirent à la Bourse de New-York une grande quantité de ces titres avant le 30 juillet, jour où l’on décida de fermer l'établissement de Wall-Street, pour enrayer l'effondrement des cours. Mais, quand même la fermeture de la Bourse aurait été décidée avant le « run » des derniers jours, il eût été impossible aux Etats-Unis d'exporter de l’or en quantité suffisante pour faire face à la demande de livres. Cette insuffisance se traduisit mathématiquement par la hausse du change : la livre sterling valait $ : 4,85 le 15 juillet et $ : 4,95 le 81 juillet. Pendant les premiers jours d’août aucune transaction ne fut possible, et, lorsque les opérations recommencèrent, la livre valait 5,04, ce qui représentait une prime de 3,70 % ; au début de septembre, la
prime dépassa même 4 %. On n’était pas encore habitué, en 1914, à des écarts d’une telle amplitude pour des changes qui avaient coutume d’osciller sagement entre les points d’entrée et de sortie de l’or. L'expérience des années qui ont suivi a permis aux milieux financiers des pays alliés d'acquérir à cet égard un calme à l’épreuve d’une perte de 30 ou 40 %. Mais les banques américaines, en août 1914, furent saisies d'une grande inquiétude. Dans l’impossibilité de faire des envois d’or outre- Atlantique, elles expédièrent à Montréal, dans la première semaine d'août, 11 millions de dollars d’or. C'était insuffisant, et le cours de la livre continua de s'élever. Les Etats-Unis, en effet, étaient débiteurs envers l’Angleterre d'environ $ : 450.000.000, payables avant le 1° janvier 1915. La ville de New-York devait également rembourser à la même date, à Londres et à Paris, $ : 80.000.000 d'obligations. Ni la France, ni l’Angleterre n'étaient disposées à proroger ces échéances, dans l’état où elles se trouvaient elles-mêmes. Il était impossible de se procurer sur le marché du change les remises nécessaires, et d’ailleurs on risquait, en s'adressant au marché, d’aggraver dans des proportions énormes la dépréciation du dollar. Les Etats-Unis, malgré la répugnance que marquaient les banques de Réserve Fédérale à se dessaisir de stocks d’or qu'elles avaient constituées avec soin et qu'elles n’estimaient point trop considérables, durent se décider à des exportations massives de métal jaune, afin de soutenir le dollar pendant une période aussi critique. La Banque d'Angleterre seconda ce dessein. Le 12 août, on annonça que la Banque d’Angleterre, profitant de ce que sa charte ne lui impose pas la localisation de sa réserve en un lieu déterminé, décidait de créer, à Ottawa, une succursale qui recevrait l’or à desti-