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vrait au gouvernement britannique des crédits suffisants pour couvrir toutes les dépenses effectuées par le Paymaster General pour l’armée britannique en France, et l’équivalent en livres sterling de ces avances devait entrer en compensation avec les crédits sterling ouverts à Londres au gouvernement français, le taux de change étant le taux moyen du mois à la Banque d’Angleterre. Toutes les dépenses engagées par la Trésorerie britannique au Canada et aux Etats-Unis, au nom du gouvernement français, devaient être remboursées par celui-ci, en dollars, au compte de la Trésorerie britannique à New-York, à partir du [* juin 1917. Pour cela, on devait procéder chaque mois à l’évaluation du montant des paiements pour compte français dans l’Amérique du Nord effectués, dans Londres, au moyen de l’achat de dollars à Londres, ou par l'intermédiaire du sterling-office de l’Amérique du Nord. Le gouvernement français s’engageait à rembourser au gouvernement britannique une somme équivalente en dollars, à condition qu’on mît à sa disposition à Londres un solde créditeur en livres sterling des sommes ainsi remboursées, qui serait imputé sur les crédits ouverts par application de l’article 1*. La différence entre le total des crédits placés par le gouvernement britannique à la disposition du Ministre français des Finances en vertu de l’article 1° de l’accord, et les renversements prévus par les articles suivants, devait être fournie par l’escompte de bons du Trésor français libellés en sterling, d’une durée de 12 mois, au taux officiel de la Banque d'Angleterre au jour de l’escompte. Ces bons devaient être définitivement remboursés trois années après la conclusion de la paix. Ainsi, la situation devenait très nette : pour l'avenir, la France n’arbitrait plus ses livres sterling en dollars, et, pour ses paiements en Angleterre, obtenait une ouver-
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ture de crédit gagée sur des bons du Trésor, sans aucun envoi de métal jaune. Pour la liquidation des opérations en cours, la France s’engageait à restituer à la Grande- Bretagne les dollars procurés par celle-ci et en échange la Grande-Bretagne créditait la France d’une somme équivalente en livres sterling.
A la suite de cet accord, les envois d’or français et anglais sur le marché américain devinrent extrêmement faibles.
Cependant, si, avant leur entrée dans la lutte, les Etats- Unis étaient le principal créancier des Alliés, ils n’étaient pas le seul. Les comptes de la France et de l’Angleterre sur les autres places neutres étaient aussi, (comme l’indique l'accroissement, pendant la guerre, du stock d’or de ces pays, en déficit considérable. Jusqu’en 1917, c’est l’Angleterre qui, sur ses places, avait négocié les crédits et envoyé de l’or anglais et français. Mais les Etats-Unis apportaient à la cause commune, avec toutes leurs ressources matérielles et morales, la plus énorme réserve d’or du monde. La grande République américaine, à partir du 31 mars 1917, partagea avec l’Angleterre le rôle d’exportateur d’or sur les marchés neutres au profit de l’Entente. Au cours de l’année 1917-1918, elle importa 124 millions de dollars d’or et elle en réexporta 190 millions. Une grande partie de cet or exporté, soit 48 millions, fut envoyé en Espagne afin de combattre la prime de la peseta sur le dollar, causée par les achats considérables effectués en Espagne par la France et l’Angleterre : à partir de mai 1917, en effet, le dollar devient étroitement solidaire de la livre et du franc. Du 23 décembre 1916 au 22 décembre 1917, l’encaisse or de la Banque d’Espagne passa de 1.242 millions de pesetas à 1.984 millions.
Le mécanisme de ces sorties était le suivant : les Etats-
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Unis envoyaient de l’or sur les places créditrices de la France et de l’Angleterre ; ces deux derniers pays couvraient New-York par des virements de crédit ou des versements télégraphiques en dollars sur lesquels ils ne perdaient que 9% par franc ou ? % par livre sterling, tandis que, dans le cas de l'Espagne, par exemple, ils auraient dû supporter, par voie de change direct, une perte de 23 % par franc et de 12 % par livre sterling. Mais les spéculateurs neutres, et surtout, les spéculateurs espagnols, ne tardèrent pas à s’apecevoir de la possibilité qui s’offrait à eux de réaliser de fructueux arbitrages grâce à la situation particulière du dollar par rapport aux autres monnaies alliées. Ils se mirent à acheter des francs et des livres à Madrid, pour les revendre à New-York qui les couvrait en or. L'Espagne devint ainsi fortement créancière des Etats-Unis, malgré une balance commerciale défavorable, et le dollar-papier baissa à Madrid jusqu’à 4,45. Les Banques Espägnoles ne se firent pas scrupule d’exploiter la situation, et l’on put assister à ce spectacle extraordinaire : la Banque d’Espagne achetant l’or américain audessous de sa valeur, et donnant 4,95, 4,90 et même 4,60 pesetas pour un dollar d’or, soit, à ce dernier taux, une perte de 11 %. Malgré ce prix peu élevé, et les frais importants des envois d’or de New-York en Espagne, le bénéfice réalisé, à cause de la différence entre les cours du franc et de la livre à Madrid et aux Etats-Unis, rendait encore l'opération avantageuse. Mais l’importance des sorties du métal jaune qui en fut la conséquence, inquiéta à juste titre le gouvernement de Washington, qui intervint pour obliger les exportateurs d’or à se munir d’une licence spéciale. Une fois ce contrôle établi, l’or américain ne sortit plus que pour les besoins de la cause commune, et pour aller combattre, sur les marchés neutres,
la perte des monnaies de l’Entente. Il a continué ce rôle jusqu’au jour où, la guerre étant terminée, la solidarité des Alliés a fait place à une politique d’individualisme financier dont les résultats ont été désastreux.