‹ Les Déplacements du Pole Monétaire et ses Conséquences Economiques de 1914 à 1923Chapitre 3 sur 37 · SA PAR · texte numérisé non relu

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diatement le métal jaune afin d'éviter la dépréciation qui aurait été le résultat de son accumulation.

L’'afflux de l’or à Londres s’expliquait d’abord par l'importance de la production des mines du Transvaal et des autres dominions. |

Cette production de l’or était passée de 1.364 millions en 1901 à 2.361 millions de francs en 1913. L'Afrique du Sud avait contribué à elle seule pour 83 % à cette augmentation. À la veille de la guërre elle assurait 837 % de la production aurifaire annuelle du monde entier. En faisant la somme de la production totale de l’or de 1901 à 1910, on arrivait à un total de 19.541 millions, dont 57 % de l’extraction totale provenait des gisements aurifères de l’Afrique du Sud, de l’Australie, du Canada et de l’Inde. Les Etats-Unis et la Russie n’avaient fourni respectivement que 23 % et 7 %, de ce total.

Les colonies anglaises livraient leurs barres à Londres et les autres centres ne produisaient guère au delà de leurs besoins respectifs.

Certes les producteurs n'étaient, avant la guerre, nullement obligés de livrer leur métal à la métropole ; mais en fait les barres d’or affluaient directement à Londres, car l’organisation du marché leur assurait un débouché constant à un prix déterminé. L'industrie de la production de l'or était ainsi la seule industrie au monde qui fut certaine de ne point être aux prises avec le difficile problème de la conquête des débouchés et de ne point courir les mauvaises chances d’une baisse inattendue des prix.

Les principaux apporteurs d’or étaient l’Afrique, l’Australie et l’Inde.

Sur un total de 5.540 millions d’or extraits de l’Afrique, au cours des dix années 1900-1910, Londres avait

reçu 5.397 millions, soit la presque totalité du métal produit. La différence de 143 millions s’explique par les envois faits directement de l’Afrique à d’autres pays, soit à la suite d'opérations traitées en Angleterre même en dehors du marché libre.

L’Australasie, au contraire, n’exportait à l’état brut qu’une part assez restreinte de sa production aurifère ; sur les 3.750 millions extraits de son sol de 1901 à 1909, elle en a transformé directement 2.458 millions en souverains et autres pièces d’or dans les hôtels des monnaies de Melbourne et de Sydney ; les envois directs sur le marché libre de Londres ne forment pour la même période qu’un total de 901 millions ; en outre, 250 millions ont été expédiés dans l’Inde, et l’excédent, soit environ 140 millions, a probablement été absorbé par la consommation industrielle du pays ou conservé par les banques sous forme de lingots.

Enfin, le troisième pourvoyeur du marché de Londres, l’Inde anglaise, a produit, de 1901 à 1909, 500 millions d’or, auxquels se sont ajoutés 250 millions venus d'Australie et 110 millions de Chine et de quelques autres pays. Le total ainsi formé a été réexpédié à la métropole, qui a reçu de cette provenance 840 millions ; mais l’Inde a prélevé sur le marché libre de Londres une somme presque égale (812 millions) de lingots, qui ont été dirigés sur Bombay et sur Calcutta. Tout l’or extrait de l’Inde était en effet envoyé à l’état brut pour l’affinage à Londres, qui réexpédiait à Bombay et à Calcutta une quantité sensiblement égale de barres d’or à haut titre.

Le mouvements des lingots d’or dans l’Inde se soldait pour les neuf années 1900-1909 par un accroissement de 838 millions dans son stock. Il n’était pas frappé de monnaies d’or dans l’Inde, et la totalité de ce métal était

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absorbée par la population indigène pour être transformée en bijoux ou autres objets précieux, et servir sous cette forme à la thésaurisation, très active dans tous les pays d'Orient.

L'Inde jouait donc un rôle important dans ce mécanisme mondial de circulation de l’or autour de Londres et par Londres. On peut même dire que cette contrée a de tous temps été le centre d'attraction du métal jaune disponible du monde. Elle l’a attiré en offrant en échange l'excédent de sa production agricole.

Pline ne se plaint-il pas de ce qu'il ne se passe pas d'années que l'Inde n’absorbe 5 millions de sesterces. Dans un journal de voyages du Français Brenier, publié en 1699, celui-ci écrit à Colbert : « Quand l’or et l’argent ont circulé dans le monde entier ils se précipitent finalement dans l’Inde comme dans un gouffre d’où ils ne reviennent jamais. »

À la veille de la guerre l’Inde avait toujours une grande puissance d’absorption. D'abord aux Indes et en Extrême Orient l’argent n’était point l’unique métal employé dans les paiements. Dès que l’argent métal ou le change argent, sous l’action d’une demande plus accentuée de moyens de réglements en Orient, subissait un: hausse, l’or monnayé ou non s’évadait de Londres. Aussi constatait-on que malgré la frappe importante de souverains par la monnaie de Londres et ses succursales (40 millions de livres en 1911, 39 millions en 1912) l’Angleterre ne souffrait point d’une accumulation de pièces d’or.

À moins d’une récolte défavorable, conséquence d’une moisson désastreuse, l’Inde engloutissait les stocks annuellement formés en Australie, accumulés à Londres, mis momentanément en réserve en Egypte, ce pays jouant le rôle de centre compensateur recevant des pièces d’or

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