‹ Les deportation belges a la lumiere des documents allemands. Avec de nombreux fac-similes et la reproduction de tous les documents belgesChapitre 17 sur 112 · AVIS POUR LES BELGES MASCULINS SANS TRAVAIL, NES PENDANT LES · texte numérisé non relu

AVIS POUR LES BELGES MASCULINS SANS TRAVAIL, NES PENDANT LES

ANNEES 1885-1899, SE TROUVANT SOUS CONTRfiLE MILITAIRE ET HABI- TANT LES COMMUNES d’aNVERS, DE BORGERHOUT ET DE BERCHEM.

Depuis le debut de la guerre, une grande partie des ouvriers beiges a cesse le travail et vit done principalement de l’assistance publique. La longue duree de cette situation amene comme suites facheuses l’alimentation insuffisante et la desaccoutumance du travail et met egalement la securite publique et le calme en danger.

Quoique beaucoup d’entre eux aient trouve du travail et un bon salaire dans des entreprises travaillant pour le compte allemand, ou se soient laisse embaucher comme ouvriers volontaires par le Industrie-Bureau allemand, le nombre d’ouvriers sans travail residant ici est encore excessivement eleve.

Ces ouvriers qui, jusqu’ici, ont laisse passer toute occasion d’obtenir du travail seront, sur ordre de S. Exc. M. le gouverneur general, obliges dans la suite 4 travailler, et, en cas de refus, par la force.

A cette fin, j’arrete ce qui suit :

1° Les Beiges — en etat de prendre les armes, des classes 1885-1899 — qui ont ete inscrits comme sans-travail, lors des reunions de contrSle des mois de septembre et d’oetobre derniers, tenues au Meldeamt Antwerpen- Festung, doivent se trouver, au jour et heure renseignes sur une convocation particuliere, dans le batiment principal de la gare du Sud d’Anvers, d’oit ils seront, a V exception et apres liberation de ceux qui sont prels a travailler, de ceux qui sont malades ou incapables de tout travail, diriges en groupes vers des ateliers en Allemagne.

II doit etre donne strictement suite & la convocation envoyee par la poste.

A cette convocation, le certificat d’identite et la carte de controle doivent etre apportes;

2° Les malades ou ceux qui sont incapables de travailler seront soumis a un medecin, qui jugera de la necessity de la liberation pour maladie ou incapacity

3° Aux reunions, des representants de Y Induslrie-Bureau allemand seront presents, et seront prets h signer des contrats de travail; ainsi ceux qui veulent travailler auront une derniere occasion de se faire embaucher volontairement en Allemagne, moyennant un bon salaire;

4° Aprds cette selection, les sans-tr avail restants seront immediatement emmenes en Allemagne, pour travailler contre salaire.

Pour le transport eventuel, il est reeommande de se munir du linge, des vetements et autres accessoires indispensables a un sejour en Allemagne.

Le lieu de destination sera un point de rassemblement en Allemagne, ou les ouvriers seront partages parmi les entreprises industrielles allemandes oh ils travailleront.

Ils ne seront pas consideres comme prisonniers de guerre.

Avant et pendant le voyage, l’Administration militaire se charge de l’entretien; la cuiller et la fourchette devront etre apportees.

En cas ou, par suite de ^expedition forcee, le secours attribue aux families des ouvriers transporter par le Comite national cesserait, il sera allou6 par l’Administration allemande jusqu’a ce que les ouvriers soient en etat d’envoyer leur salaire a leurs families ;

5° Les sans-tr avail convoques aux reunions de la gare du Sud doivent veiller a ce qu’ils ne soient pas accompagnes de leurs parents ;

6° Ceux qui, par leur propre faute, ne donnent pas suite a la convocation de se presenter 4 la reunion fixee, ceux qui ne suivent pas les instructions des gardes presentes, ou ceux qui troublent l’ordre de l’une ou de l’autre maniere, seront punis d’une peine de six mois de prison et de 5.000 marks d’amende ou d’une de ces peines.

Anvers, le 2 novembre 1916.

Le Gouverneur,

Freiherr von Huene, General d’infanterie.

Le texte de l’avis ci-dessus a ete releve dans le journal officieux allemand La Belgique de Bruxelles, numero du 9 novembre 1916; les passages soulignes Pont ete par nous.

Ces dispositions furent completees quelques jours apres par un « Avis complementaire » dont un autre journal officieux allemand de Bruxelles, Le Bruxellois (numero du 14 novembre 1916), donne l’analyse ci-apres, approuvee par la censure. On y remarquera

LES DEPORTATIONS BELGES

Faveu que l’on convoque pele-mele, eette fois, les non-chomeurs avec les chomeurs et que Ton n’est exempte de la deportation qu’a la condition de faire, dans des conditions tres gtrictes, la preuve qu’on n’est pas chomeur ( nous soulignons) :

AVIS COMPLEMENTAIRE

L’Avis de controle de Beiges males se trouvant sous controle militaire, et domicilies a Anvers, a Borgerhout ou & Berchem vient d’etre reedite pour ceux dont la situation n’a pas encore ete examinee les jours precedents et complete a certains egards.

Voici les dispositions complementaires de celles que nous avons publiees dans une correspondence precedente :

« Outre leur certificat d’identite et la carte de controle, les homines convoques qui ont du travail regulier doivent etre munis, en se presentant au lieu de reunion, d’un certificat ecrit recent, constat ant qu’ils sont employes dans une entreprise a designer exactement, et qu’ils ne sont pas secourus. Ce certificat doit renseigner le genre de travail, depuis quand et moyennant quel salaire hebdomadaire l’ouvrier est occupe dans la susdite entreprise. En outre, Yadresse entiere du declarant doit s’y trouver. Tous les certificats seront reunis et examines minutieusement par l’autorite militaire.

« Les etudiants et les ecoliers doivent apporter leur certificat d’inscription ; les musiciens, artistes, gargons de cafe, etc., leur control de travail ; les diamantaires, les preuves dc leurs commandes des trois derniers mois. Les autres gens de metier doivent presenter des certificats de meme nature.

« Les sans-travail transporters en Allemagne pourront rester en correspondence avec leur famille. »

L’Avis s’occupe ensuite des mernbres de l’ancienne garde civique d’ Anvers, Berchem et de Borgerhout. Ceux-ci n’auront pas a prendre part aux reunions de la gare du Sud, mais ils comparaitront en meme temps que ceux qui habitent les communes de Deurne, Merxem et Hoboken, dans le local de la Bourse de Commerce, dans l’ordre suivant, aux reunions de controle habituelles : nos 1 a 1000, le 22 novembre, h 9 heures du matin; n08 1001 a 2000, le meme jour, h 10 heures; nos 2001 a 3000, le 23, k 9 heures; nos 3001 jusqu’a la fin, le meme jour, a 10 heures.

Les exemptes des pays en guerre avec l’Allemagne et les anciens membres du personnel infirmier beige prendront part au controle de la garde civique, le 23 novembre, h 10 heures.

II est recommande aux families des sans-travail expedies en Allemagne qui se trouvent dans le besoin, d’adresser les demandes de secours au president de 1’Administration civile de la province d’Anvers ( Zivil verwaltung).

EXECUTION DE l’aRRETE DU 3 OCTOBRE 1916 53

Toutes les dispositions de ces deux Avis meritent la plus serieuse attention, surtout de la part des personnes versus dans la science du droit et dans les questions d’assistance sociale, particulierement dans la question du chomage. On les commentera brievement plus loin a ces points de vue.

Bornons-nous ici a quelques points de la procedure d’execution.

On a vu que l’Avis du 2 novembre defend aux families des deports de les accompagner le jour de la convocation pour leur jeter un adieu au depart. Mesure d’ordre, dira-t-on. Mais qu’est-ce qui rend une telle precaution necessaire, sinon la cruaute meme de la separation infligee a ces pauvres gens? N’est-ce pas la meilleure preuve de l’intense emotion populaire que la presse allemande s’obstine a nier ou a celer a son public?

Le jour de la separation venue, il y eut dans cette ville decimee une scene dramatique dont le souvenir arrachait encore, plusieurs jours apres, un cri de douleur et d’indignation a ceux qui en avaient 6te les spectateurs. Le correspondant anversois dTm journa beige publie a Amsterdam, temoin oculaire du depart de la premiere fournee, ecrit :

Ce n’etaient pas que des chomeurs que les Allemands arrachaient ainsi a leurs foyers. Parmi les hommes de dix-buit a trente ans, on remarquait six pretres, dont un vicaire, plusieurs instituteurs, des etudiants, des ouvriers maries habitant Anvers, Borgerhout, Berchem. Je connais une famille de Borgerhout dont quatre fds sont partis !

Ah! la navrante et cruelle matinee!

J’hesite a vous decrire l’horrible chose que la separation de ces pauvres peres de famille diriges sur TAllemagne et que leurs femmes et leurs enfants ne pouvaient pas se resoudre a quitter. Jusqu’h 200 metres de la gare on put accompagner les partants. L’avenue du Sud et toutes les rues avoisinantes etaient noires de monde. On n’avangait pas. Des scenes navrantes se produisirent et je vous assure que nous avions le coeur dechire. Tout le monde sanglotait, et nous, les spectateurs, qui n’avions aucun etre cher dans la multitude des partants, nous avions le coeur angoisse, la gorge serree; les yeux nous piquaient.

Le moment de la separation venu, les soldats allemands vinrent chercher les malheureux designes par le sort. II y eut des frottements inevitables entre ouvriers et soldats; ceux-la voulaient une demise fois presser contre eux leur femme, leurs enfants et leurs vieux parents qui sanglotaient tristement; ceux-ci, brutaux, enerves, toujours prets & faire montre d’une teutonne brutalite.

Les memes scenes emouvantes se reproduisaient, helas ! le lendemain. Cette fois, les departs eurent lieu a la gare centrale. Les partants etaient

LES DEPORTATIONS BELGES

groupes par paquets de 70 a 80. Ce furent des femmes qui designerent aux victimes de la barbarie allemande les places que celles-ci devaient occuper. On remit a chaque partant un coupon qui ne portait aucune indication de destination. Les memes scenes emotionnantes se derou lerent, et jusqu’ici 5.000 Anversois ont pris le chemin de F Allemagne!

L’Avis du 2 novembre 1916 fait allusion (art. 3) a « une derniere occasion de se faire embauclier volontairement en Allemagne pour travailler contre un bon salaire », qui est offerte aux hommes convoques, a la gare meme, au moment de l’embarquement. Un rapport regu au Havre donne sur ce point des renseignements precis :

Le sort des ouvriers qui — en tres petit nombre — cedent a la crainte ou a 1’appat des gros salaires n’est pas moins cruel que celui des deportes proprement dits. Ils sont, au moment de I’embarquement, parques separement et ils subissent alors, de la part d’agents allemands de divers bureaux ou industries, un examcn physique profondement humiliant, comme celui auquel on procede quand on choisit un cheval a la foire. II n’y a vraiment plus aucune consideration pour la dignite humaine.

Enfm, d’apres Farticle 4, qui annonce que le lieu de destination des deportes sera « un point de rassemblement en Allemagne ou les ouvriers seront partages parmi les entreprises industrielles allemandes », on aurait prepare en Allemagne un ou peut-etre plusieurs « camps de triage » du betail humain enleve. Peut-etre faut-il rapprocher de cette indication ofFicielle allemande une information regue par le Gouvernement beige le 27 novembre 1916 et signalant la presence au camp de Soltau de 12.000 deportes beiges, dans un etat de detresse absolue (1).

Dans la banlieue et la province d’Anvers, les enlevements ont presente les memes caractferes que partout ailleurs. Voici des renseignements beiges dates du 30 novembre 1916 :

A Eeckeren, les hommes valides ont ete reunis sur la Grand’Place. Scenes habituelles. 170 ont ete emmenes. Choix tout a fait arbitraire.

(1) Au reste, les plaintes sur Fetat dans lequel se trouvent les d6port6s, si brusquement enleves, sont g6n6rales. Quelles que soient la mis6re et la g§ne de la population beige rest6e au pays, elle s'est empress^e de s'organiser pour leur venir en aide tant bien que mal. Par exemple, & Gand, d6s le mois de novembre, un comit6 s'est constitu£ dans le dessein de fournir des vetements et des aliments aux victimes de la deportation. Le Comit6 directeur est compose de neuf conseillers communaux et de neuf membres choisis en dehors du Conseil communal. La ville a verse un premier subside de 25.000 francs.

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120 n’etaient ni des chfimeurs ni des gens manquant de ressources Parmi eux figurent le fils du Dr Thielemans, un employe de la maison communale, un employe de la Banque de Credit commercial k Anvers, de nombreux ouvriers ayant du travail. Un petit cultivateur avait, au debut de la guerre, sept fils; deux sont tombes a l’ennemi, deux sont au front, trois restaient a la ferme. Ils ont ete enleves tous. A Vieux-Doel, le fermier Adriaenssens qui se trouvait a la tete d’une exploitation de 35 hectares a ete emmene avec tous ses domestiques. II n’est reste a la ferme qu’une jeune femme en couches, sans un domestique.

A Capellen (Anvers), 35 hommes valides ont ete emmenes et choisis au hasard : aucun n’etait chomeur.

Dans la ville d’ Anvers, on signale le cas d’une veuve avec six fils, dont cinq sont a l’armee beige : il lui restait un jeune gargon qui par son travail la faisait vivre. Malgre les protestations et les supplications, il a ete envoye en Allemagne. Ce jeune homme venait de sortir d’un sanatorium ou il avait ete soigne pour une tuberculose de premier degre. La recommandation etait expresse : « Sous peine de rechute le convalescent devait observer un regime severe pendant toute la periode de l’hiver », et, malgre les certificats medicaux, ce malheureux a ete expedie. Resultat certain : rechute qui le perdra probablement.

De nombreux artisans qui avaient ete exemptes lors d’un premier triage ont ete rappeles individuellement et, malgre les certificats de travail parfaitement en regie, ils ont ete expedies en Allemagne.

Jusqu’h present, ce sont surtout les ouvriers du fer, du bois et de la pierre qui ont ete recherches. A Anvers meme, 10.000 hommes ont ete enleves jusque maintenant.

On voit arriver maintenant, soit h Anvers-Sud, soit & la gare de Borgerhout, des jeunes gens de la campagne. Par villages entiers, tous ces malheureux doivent se met re en route a partir de 3 ou 4 heures du matin. Le spectacle est navrant.

( Renseignements du 27 novembre 1916.) — Un cas particulierement grave s’est produit 5 Burght pour la fabrique « Guano » appartenant au baron von Ohlendorff, dont les ouvriers ont, de force, 6te emmenes en Allemagne tout en n’etant pas des chfimeurs.

Jeudi matin, 9 novembre, tous les ouvriers 6taient rassembles au bureau de la fabrique oh se trouvaient le baron von Ohlendorff et 25 soldats allemands.

Il fut communique aux ouvriers que tous ceux dont on ferait l’appel devaient venir toucher leur salaire l’apres-midi et se presenter le lendemain matin a 7 heures, avec equipement et nourriture pour trois jours, a la fabrique de toile ciree k Burght, oil se trouvent casernes les soldats allemands.

Jeudi apres midi, a 3 heures, quand les ouvriers se sont presentes pour toucher leur salaire, ils ont du signer un bulletin de convocation pour le lendemain. Quelques-uns disent que ce bulletin etait un contrat

LES DEPORTATIONS BELGES

de travail. Dans ce cas, ce serait done involontairement qu’ils auraient signe, car tous criaient devant la gare qu’ils ne signaient pas et ne voulaient pas signer.

Le lendemain, h 1’heure indiquee, le liauptmann von der Nauburger, Inf. Ortskommandant a Burght, engagea les ouvriers 4 signer le contrat de travail. Tous ont refuse, et cela d’apres les dires du pere d’un des deportes, de deux femmes de deportes et d’un ouvrier malade auquel le directeur a delivre un billet d’ exemption.

Cent quatre ouvriers sont partis le vendredi et sont arrives a Anvers, a la gare du Sud, escortes et houspilles par des soldats. Ils ne faisaient que chanter la Brabangonne et criaient a tous ceux qui voulaient 1’ entendre qu’ils n’avaient pas signe. II est a remarquer qu’ils sont entres directement dans la gare, sans devoir passer par les hangars, comme les autres convoques.

Le baron von Ohlendorff a deux fabriques de guano en Allemagne.

Tous les renseignements donnes en ce chapitre emanent, comme il se voit par leur texte, de temoins oculaires; le Gouvernement beige les considere comme dignes de foi et incontestables.

Leur precision permet un controle aise.

11s s’appuient, du reste, sur des pieces allemandes, a savoir les avis et affiches de convocation.

Enfin, les faits qu’ils relatent ont ete continues, sur place, dans des declarations et protestations signees de toutes les autorites sociales ou personnages constitues en charge dans la Belgique occupee, declarations et protestations adressees directement, d’une part a V autorite alltmande , d’autre part aux representants officiels des Etats neutres residant d Bruxelles (Texte aux Annexes et dans le cours des chapitres ci-apres).

L’autorite allemande repondant a ces protestations remplies d’articulations de fails precises, n'a rien conteste de celles-ci ; e lie s’est bornee a invoquer son droit de legislation et son devoir d’administration. Les signataires des protestations, dans des repliques adressees a la meme autorite et aux Legations neutres a Bruxelles, ont pris acte de ce silence, qui constitue dansl’especeun aveu (Voir, entre autres, au chapitre XVIII, § 1, la reponse du general von Bissing du 16 novembre aux autorites politiques beiges presentes h Bruxelles, et la replique de ces dernieres en date du 28 novembre 1916).

De leur cote, les Gouvernements neutres, en situation de contrdler les faits sur place par le personnel de leurs Legations, les ont si bien consideres comme etablis qu’ils ont fait, apres ce controle, au Gouvernement allemand, des representations formelles.

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C’est le cas pour les Ftats-Unis, la Hollande, l’Espagne, le Vatican et la Suisse.

L’une ou F autre erreur de detail, de la part d’un temoin, ne pour rait, le cas echeant, enerver la force probante de F ensemble des relations. Elies montrent d’une maniere saisissante Fextension progressive de Fap plication de Ferrete du 3 octobre, de la partie ouest (zone des etapes, Flandres) vers la partie centrale, est et sud du pays.

Au moment ou nous corrigeons les epreuves de ces pages, les renseignements complementaires se succedent sur la continuation de F execution de la mesure dans les deux Flandres et dans les provinces d’Anvers, du Brabant, du Hainaut, du Limbourg, de Namur, de Liege, du Luxembourg, c’est-a-dire dans la totalite de la Belgique (neuf provinces).

Nous nous bornons a extraire de ces pieces quelques mentions a titre d’exemple :

Aujourd’hui (4 decembre 1916), on opere a Woluwe-Saint-Etienne (pres de Bruxelles). On n’a pas encore ose entamer la capitale meme...

On signale des requisitions d’hommes dans les environs de Namur, ainsi que dans la province du Luxembourg : a Virton, a Marbeiian, etc...

A Arlon (chef-lieu de la province du Luxembourg), une grande partie du personnel du Comite national de secours et d’ alimentation, quoique dument munie de certificats, a ete prise; ce n’etaient cependant pas des chfimeurs.

D’ailleurs, on continue a prendre surtout des gens exer<jant une profession manuelle dans le fer, le bois ou la pierre, qu’ils soient chdmeurs ou non. Les scenes sont toujours aussi epouvantables...

A Bruxelles passent toujours des trains ehtiers de deportes. Dimanche 3 decembre 1916, entre 5 heures et 6h 30 du soir, sont passes en gare de Jette-Saint-Pierre (pres de Bruxelles, sur la ligne de Gand a Bruxelles) deux grands trains composes chacun de 30 a 40 voitures de 3e classe. Chaque compartiment, sous la garde de quelques soldats allemands, etait rempli d’hommes, dont beaucoup avaient atteint la cinquantaine et venant de Lebbeke, Hamme, Buggenhout, Waesmunster, Termonde, etc. (Flandre orientale). Les deux trains contenaient environ 5.000 hommes.

Conversation avec un des hommes du second train : « Je viens des environs d’ALOST. Je suis age de quarante-neuf ans et j’ai cinq enfants. Je suis fermier, proprietaire de deux chevaux et huit vaches laitieres. Nous avons ete convoques mardi passe et conduits a Alost. Vendredi nous avons ete conduits a Termonde et y embarques aujourd’hui... D’ici quinze jours, il n’y aura plus dans les Flandres que des enfants et des vieillards. »

LES DEPORTATIONS BELGES

Nous reportons aux Annexes (Chapitre XXI, § 3) une relation de F enlevement des hommes de villages des environs de Namur (Nameche, Bonneville, Thon-Samson, etc.), et une relation des enlevements d’Arlon et de Libramont oil, respectivement, quarantctrois et vingt et un employes des Comites de ravitaillement furent deportes, quoique dument munis du certificat de la Commission am6ricaine de secours.

On trouvera aussi aux cliapitres XIV, § 4et XXI, §3 des renseignements sur le sort lamentable des deportes en Allemagne et dans le nord de la France.

Ajoutons que F autorite allemande a immediatement profite de 1’ emotion intense provoquee en Belgique par Ies premieres deportations pour activer sa propaganda en faveur de Fembauchage dit « volontaire » des travailleurs non encore frappes par les mesures d’enlevement. II est symptomatique que ces offres publiques d’embauchage visent surtout l’industrie des transports par fer et eau, l’une des plus necessaires au ravitaillement et aux operations de Farmee allemande sur le front de France.

Les Avis officiels ci-apres furent affiches en novembre et decembre 1916 dans de tres nombreuses communes du territoire beige occupe.

Avis affiches a Esscken et en d’autres communes de la province d’ Anvers :

Aux ouvriers !

Les chomeurs ou les ouvriers insuffisamment occupes doivent se presenter aux autorites allemandes, sinon ils seront forces de travailler. L’autorite allemande ne souffrira plus aucun chfimage.

Ceux qui se presenteront de leur propre gre recevront une indemnite en argent qu’ils pourront donner & leur famille avant de partir pour 1’ Allemagne. Une fois la-bas et au travail, ils pourront ecrire chez eux tous les quinze jours.

II y a du travail en abondance en Allemagne. L’alimentation y est plus que suffisante et on paie de bons salaires, 4 fixer selon les capacites.

Deutsches Arbeiter Biiro, Anvers.

Aux ouvriers de l’Btat,

Tous les ouvriers et les employes de l’Etat beige peuvent se presenter librement au chef de gare ou au garde-barridre. Tous peuvent obtenir du travail contre bon salaire. Ils jouiront en outre des avantages accordes aux fonctionnaires de l’Empire allemand.

Les cartes de ceux qui se presenteront volontairement seront estam-

pillees par le bureau pour montrer que le porteur ne peut plus gtre considere comme chomeur.

Le Chef de gare.

Avis affiche a Bruxelles et en de nombreuses autres localites :

On engage immediatement ou on inscrit en vue d’un engagement ulterieur des ouvriers pour le service d’exploitation des canaux et le batelage dans d’autres localites. Les interesses qui desirent obtenir des renseignements sur les conditions peuvent s’adresser :

A la Militdr Kanal Direktion, Direction militaire des canaux, Bruxelles, 76, rue Belli ard;

Aux chefs de bureau d’exploitation des canaux a Gand, Lille, Saint- Quentin et Sedan;

Aux chefs des services des ports, k Gand, Termonde, Roulers, Menin, Lessines, Espierres, Lille, Meurchin, Douai, Cambrai, Valenciennes, Marchin, Saint-Quentin, Voyennes, Chauny, Anizy, Etreux, Berlaimont, Revin, Charleville, Pont-de-Bar, Autrecourt, Dun, Rilly, Charleroi, Namur, Huyj Liege, Vise, Renory, Bruges, Anvers, Mons;

Au service du trafic a Anvers, et k tous les chefs de gare et piqueurs.

Les ouvriers engages ou inscrits en vue d’un engagement ulterieur regoivent des certi heats qui les dispensent d’assister aux contrdles des chfimeurs de nationality beige.

Ces Avis, on le voit, exploitent l’intimidation, que l’autorit£ allemande suppose devoir resulter des procedes rigoureux des bureaux de controle, pour obtenir de la population ouvriere beige des engagements de travail apparemment « volontaires ».

Quelle validite juridique un tribunal pourrait-il reconnaitre, en temps normal, & des contrats de travail conclus sous 1’ empire d’une telle contrainte morale?

Nous nous bornons k poser la question, laissant au lecteur impartial le soin de repondre.

GHAPITRE V

EXTENSION DE L’ARRETE DU 3 OCTOBRE 1916 A L’ENSEMBLE DE LA POPULATION MALE VALIDE

L’afFichage de Farrete du 3 octobre 1916 dans la « zone des etapes », en premier lieu, fit esperer tout d’abord qu’il s’agissait d’une mesure particuliere a cette region. Mais avant la fin du mois d’octobre les deportations etaient commencees dans le territoire du Gouvernement general dependant de F Administration civile ; elles s’y poursuivirent ensuite sans arret.

Au point de vue de l’extension territoriale, le principe de Farrete est done applicable a la Belgique occupee , tout entiere.

Au point de vue du fond, Farrete ne prevoit, en ses termes, aucune exception de sexe ni d’ age ; par contre, la mesure d’astreinte au travail et de deportation y est declaree restreinte aux seuls « chomeurs tombes a la charge de l’assistance d’autrui ». Dans quelle mesure ces prescriptions litterales furent-elles respectees dans Fexecution?

Sexe. — II semble que, jusqu’a present, les Allemands se soient bornes a appliquer Farrete aux Beiges males. En tout cas, Farrete est redige de telle sorte qu’il autorise, en principe, Fastreinte au travail et la deportation meme pour les personnes du sexe feminin.

Age. — L’age minimum parait etre celui du controle militaire des Meldeamten, soit dix-sept ans (naissance en 1899).

L ’Avis complementaire affiche a Anvers et reproduit par Le Bruxellois du 14 novembre 1916 (Voir ci-dessus, chap. IV) cite, entre autres, les etudiants et les ecoliers parmi les personnes astreintes a la comparution.

L’age maximum fixe dans Y Avis d’ Anvers du 2 novembre 1916 est de trente ans revolus.

Mais ce n’est la, sans doute, qu’une exception, car il r6sulte des renseignements de fait contenus dans maints rapports beiges que

Ton convoque et enleve couramment aussi des hommes de cinquante ans et plus. D’autre part, divers documents allemands de convocation viennent confirmer indirectement qu’il en est bien ainsi. Par exemple, Faffiche allemande apposee a Nivelles, qui convoque les habitants males a partir de dix-sept ans sans limite d’age :

Par ordre du Kreischef, toutes les personnes du sexe male dgees de plus de dix-sept ans sont tenues de se trouver place Saint-Paul, a Nivelles, le 8 novembre 1916, k 8 heures (H. B.), 9 heures (H. C.), munies de leur carte d’identite et eventuellcment de leur carte du Meldeamt.

L’Avis d’Ottignies (district de Wavre) du 3 novembre 1916, emanant du meme Kreischef de Nivelles, convoque « tous les hommes de dix-sept a cinquante-cinq ans »; celui de Mons, « tous les hommes ages de plus de dix-sept ans »; au Borinage, tous les hommes furent convoques a la fin d’octobre, sans limite d’age fixee.

On est done force de conclure qu’aucune limite d’age maxima n’a ete prescrite aux agents charges de 1’ execution : toute la population male valide, sauf quelques categories d’ exception, peu nombreuses, est livree a l’arbitraire des autorites militaires locales.

II en est d’ailleurs de meme pour la condition de chomage et d’indigence.

Chomage et indigence. — Les relations de sources beige et hollandaise affirment que les Allemands ont deporte, avec de veritables chomeurs necessiteux, e’est-a-dire des ouvriers sans travail tombes a la charge d’autrui, des personnes simplement inoccupees et non depourvues de moyens d’existence, et meme des ouvriers occupes arraches a leur travail et des personnes appartenant aux professions liberates et aux classes aisees.

On voudrait croire qu’il n’en est pas ainsi.

Malheureusement les listes nominatives de deportes ne permettent pas le doute; d’autre part, 1’ elasticity de la notion de chomage et d’indigence, prise pour base des distinctions a faire, autoriserait deja a elle seule les plus graves apprehensions et soupqons.

Prenons V Avis complementaire d’ Anvers. On y voit d’abord que le systeme suivi repose sur l’astreinte generale de tout convoque, a moins qu’il ne realise la condition de n’etre pas chomeur. En d’autres termes, tout le monde, en principe, est deportable, sauf preuve contraire, et la charge de la preuve incombe a l’interesse.

Mais qu’est-ce done qu’etre ou n’etre pas « chomeur » par ce temps de crise?

LES DEPORTATIONS BELGES

h’Avis d’ Anvers subordonne la preuve a fournir de non-chomage et de non-assistance a des conditions si severes que, pratiquement, il est impossible que meme des ouvriers occupes avec toute la Constance possible en ce temps de crise, ne tombent point sous les prises de Farrete de deportation.

Outre le certificat d'identit6 et la carte de controle militaire, il faut pouvoir produire un certificat ecrit recent constatant que l’on est employe dans une entreprise a designer exactement et que Fon n’est pas secouru (on ne dit meme pas par qui !). Ce certificat doit indiquer le genre de travail, depuis quand et moyennant quel salaire hebdomadaire on Fexerce dans cette entreprise; enfin, Fadresse de Finteresse. Tout cela sera minutieusement controle.

A titre d’exemple, Favis ajoute que les etudiants et ecoliers doivent apporter leur certificat description; les musiciens, artistes, gar§ons de cafe, etc., leur contrat de travail (on congoit pourtant que nombre de gens soient employes r&gulierement en temps de guerre, meme sans contrat) ; les diamantaires doivent produire les preuves de leurs commandes des trois derniers mois. Ces exigences sont generales, puisque « les autres gens de metier doivent presenter des certificats de meme nature ». Que de non-chomeurs il doit y avoir parmi les gens ne realisant pas de telles conditions !

Cependant a quels criteres precis s’arretera F autorite allemande dans la diversity infinie des situations? Qu’est-ce done qui va constituer a ses yeux la quality de « non-chomeur », de « nonsecouru », de « chomeur », de deportable?

Nous n’avons pu decouvrir aucune ordonnance allemande qui fournisse la definition precise des conditions de chomage et d’assistance auxquelles Farrete du 3 octobre 1916 se refere; de telle maniere que Fappreciation de la condition sociale des gens convoques est entierement livree, comme pour la condition d’age, a Farbitraire des autorites militaires locales.

Il n’y a ni legalite assuree ni recours ouvert en justice, et Fon comprend que cette incertitude totale sur les bornes administratives de Finiquite decretee, ne soit pas Fune des moindres causes de Fangoisse qui etreint les populations dans Fattente du pire.

D’autre part, FAvis de convocation envoye a Alost et environs et transcrit ci-dessus (chap. IV), merite de retenir un instant Fattention.

Tandis que Farrete du 3 octobre 1916 allegue la misere et le chomage pour justifier l’institution du travail forc6 et de la deportation, FAvis impose aux personnes convoquees de se munir d’un

EXTENSION GENERALE DE LaRRETE DU 3 OCTOBP.E 1916 63

trousseau dont la valeur depasse deux cents francs (meme Avis a Gand); il les « autorise » a emporter de Fargent ( ibid.)-, enfin, il menace les recalcitrants d’une amende de 10.000 marks.

Ne faut-il pas en deduire que Fastreinte au travail et la deportation institutes par Farrete du 3 octobre 1916 ne sont pas seulement applicables, comme le pourraient faire croire ses termes, aux seuls chomeurs tombes a la charge de Fassistance d’autrui, mais qu’il vise, dans l’intention du Gouvernement allemand, toutes les personnes valides, sans acception sincere de leur situation sociale ou economique?

Enfin, FAdministration allemande a reconnu elle-meme que les textes affiches et les pratiques suivies justifiaient Fanxittt populaire a ce sujet.

On lit, en effet, dans Le Bruxellois des 11-12 novembre 1916, une note ofFicieuse redigee en ces termes et publiee sous le titre euphemique : « Le depart des chomeurs » ( nous soulignons) :

D’apres des indications d' apparence serieuse, on est tente de s’imaginer, en effet, qu’au lieu de s’appliquer uniquement aux chomeurs, les decisions officielles interessent la population male tout entiere du pays. Les choses en sont au point que nombre de Bruxellois ont dtja consacre une bonne part de leurs maigres economies a s’equiper en vue d’un prochain depart en Allemagne !

Nous sommes heureux de pouvoir les rassurer.

Les investigations que nous avons entreprises, a la demande instante de nombre de nos lecteurs, nous permettent d’affirmer que le Gouvernement occupant n’a nullement l’intention d’etendre sa decision a d’autres categories d’habitants que celle des chdmeurs.

Seuls, les chomeurs beneficiant des secours publics et qui refusent de signer un engagement volontaire seront conduits de force en Allemagne. Ceux d’entre eux qui, lors de la convocation, accepteront le travail qui leur sera offert, beneficieront des conditions faites aux ouvriers volontaires, traites en Allemagne sur le meme pied que les ouvriers du pays.

Quant aux citoyens convoques par les autorites allemandes chargees d’executer les mesures prises a l’egard des chdmeurs, il est certain qu’il n’est pas question de les expedier en Allemagne, a condition qu’ils puissent serieusement prouver qu’ils fournissent un travail regulier ou qu’ils disposent de ressources suffisantes pour assurer leur existence.

Certains fails, entraines par Fexecution des mesures decidees, paraissent de nature a contredire cette affirmation. Il n’en est rien. Ces cas sont la consequence des difficultes creees aux fonctionnaires allemands par le refus des autorites beiges competentes de leur delivrer des listes de chomeurs. Ce refus a entraine la necessite d’une extension des convoca-

LES DEPORTATIONS BELGES

tions et si, au cours de celles-ci, des erreurs, tres penibles pour ceux qu en sont victimes, se sont produites et risquent de se produire encore, elles doivent done etre uniquement attributes au manque de documentation officielle (1).

Nous avons souligne, dans ce communique, dont Failure insidieuse est visible, les passages ou le piege administratif est cache.

II en resulte bien que, comme il est dit ci-dessus, en principe tout le monde est considere comme deportable, sauf s’il prouve, strieusement, qu’il ne Fest pas; or, comme Farbitre est allemand, qu’il n’y a pas de recours ouvert a sa victime en cas de passe-droit, celle-ci est bel et bien livree a son bon plaisir. Avec un pared systtme, il est fatal que des erreurs tres penibles se soient produites; F autorite allemande admet qu’i7 s’ en produira encore. Mais, malgre cela, elle n’institue aucune garantie pour le justiciable. Sit pro ratione voluntas (2) !

Au reste, Fexcuse attribuant a des « meprises » involontaires la deportation de personnes autres que les chomeurs assistes, peutelle etre acceptee, quand, a Anvers, on voit convoquer, par Avis complementaire, non pas seulement, comme le disait le premier Avis (2 novembre), les chomeurs deja recenses au controle militaire, pendant les deux mois precedents, mais tous les hommes astreints a ce controle, et meme des categories dont la condition sociale (exemple : etudiants, ecoliers) et la minorite d’age excluent l’assimilation a la qualite de « chomeurs »; — quand, a certains endroits, on voit faire des convocations sans aucune exception et, dans d’ autres, stipuler exception seulement de certaines categories de

(1) Note analogue dans La Belgique (Bruxelles) du meme jour et dans la presse allemande du 18 novembre 1916. La Kolnische Volkszeitung, n° 927, du 18 novembre, amplifle cette note sous le titre m6prisant : « La deportation des faineants beiges »; Farticle est d'un ton injurieux; le terme de faineant y est r6pete avec insistance : « Les mesures de deportations s’appliquent exclusivement aux faineants, aux chomeurs... La Belgique du 11 courant, n° 717, dit que la conduite des autorites allemandes semble <A et la etre en contradiction avec ces conditions (exemption en cas de preuve de non-chomage). Si des erreurs se sont produit s, la faute en est aux autorites beiges, etc. »

(2) Le Gouvernement allemand s'est prevalu, en d6cembre 1916, comme d'un acte de magnanimite, de ce quhl aurait renvoy6 en Belgique quelques centaines de d6port6s (sur plus de 100.000) apr&s avoir reconnu en Allemagne qu'ils n’6taient pas des chomeurs. En r6alit6, il n’a fait ces renvois qu'a contrecceur et sur les representations instantes des ministres des Etats-Unis et d'Espagne; il s'agit tres probablement de d6port6s reconnus inaptes a un travail utile. En tout cas, pourquoi n’avoir pas plutot 6tabli un controle s6rieux et eflicace, en Belgique meme, avant la deportation?

EXTENSION GENERALE DE l’aRRETE DU 3 OCTORRE J 916 C 5

professions liberates, ce qui implique l’intention de frapper toutes les autres.

Nous prions le lecteur d’examiner la statistique (encore incomplete), avec designation individuelle des etablissements industriels, des ouvriers arrach6s a leur travail regulier dans la region industrielle du Centre (nord de Mons) et du Borinage (sud de Mons), contenue dans la lettre des senateurs et deputes de cot arrondissement en date du 27 novembre 1916 (Texte au chapitre XVIII, §2).

Quant a la question de savoir si un reproche peut etre fait aux autorites communales beiges de n’avoir pas livre aux autorites allemandes de listes de « chomeurs » et de « secourus », elle sera examinee plus loin.

DEPORT A T. ON S BELOES

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