‹ Les deportation belges a la lumiere des documents allemands. Avec de nombreux fac-similes et la reproduction de tous les documents belgesChapitre 21 sur 112 · DECLARATION DU GENERAL YON BISSING · texte numérisé non relu

DECLARATION DU GENERAL YON BISSING

« C’est pour cela que j’ai donne mandat aux communes beiges d’occuper le plus grand nombre d’bommes possible a des travaux de temps de crise ( Notstandsarbeiten ), a des batisses, a la construction de rues, a des travaux de drainage et autres travaux analogues. Cela conduisit par le temps a imposer aux communes une lourde charge de dettes contraire a une saine economie, pour des travaux improductifs. La totalite des dettes des communes beiges s’eleva a 364.700.000 francs presque exclusivement pour des fins improductives. Je dus done mettre une digue a cela et limiter ces travaux de temps de crise pour chomeurs, en prescrivant que, dans chaque cas particular, on devait declarer si 1’ occupation etait necessaire ou non. A la suite de cela, les rangs des sans-travail augmenterent naturellement de nouveau.

« J’ai aussi fait tout ce qui etait en mon pouvoir pour aider a remettre debout l’industrie beige. Mais comme les matieres premieres faisaient defaut, il etait impossible de faire produire les usines beiges suivant leur capacite. Vous savez que FAngleterre a decline la proposition de laisser entrer les matieres premieres ou du moins qu’elle a fait dependre F automation d’importation, de conditions completement anti-economiques et par la inacceptables.

« J’ai neanmoins renouvele Fessai de faire entrer des matieres premieres; j’ai meme ete jusqu’a envoyer des gens en Angleterre afin d’essayer si rien ne pouvait etre realise, si quelque arrangement ne pouvait etre fait qui eut rendu possible de sauver la Belgique industrielle d’un arret economique et d’empecher que F inactivity generale ne rongeat F organisation du peuple beige comme une gangrene. Nous etions prets a prendre Fengagement que les produits de Factivite industrielle beige, rendue de la sorte possible, neseraient pas utilises par nous et que 75% de leur valeur en serait exporte. Mais FAngleterre ne se laissa pas emouvoir et fit la sourde oreille a loutes nos propositions en faveur de la Belgique.

« Ce sont des commergants beiges clairvoyants qui, les premiers, ont attire mon attention sur les dangers de Faccroissement du chomage (cela se passait au printemps et pendant Fete de 1915). Ils ont insiste sur le fait que l’assistance des derniers temps endettait l’economie sociale de la Belgique et qu’en meme temps elle entrainait les ouvriers a la paresse. En de nombreux cas, des ouvriers auraient refuse du travail qui leur etait offert a un salaire convenable, parce que, lorsqu’ils chomaient, ils etaient places, grace a F assistance, dans une situation presque aussi avantageuse que s’ils travaillaient. Le systeme de Fassistance enveloppante travaillerait ainsi d’une

LES DEPORTATIONS BELGES

fa$on demoralisante sur les ouvriers. Les ouvriers paieraient cela plus tard, en raison de la longue periode d’oisivete, de la perte de leurs capacities et de leurs aptitudes professionnelles et deviendraient inutilisables a l’industrie beige pour le futur temps de paix.

« Malgrc le defaut de matieres premieres nous avions cependant rendu possible de rouvrir une quantite d’usines beiges avec de la main-d’ceuvre beige et de les maintenir en activite. Nous avions, par exemple, occupe 16.000 Beiges dans des ateliers de construction de wagons, dont les produits devaient profiter aussi a la Belgique. Mais, malgre cela, le besoin d’occupation des chomeurs augmentait de jour en jour.

« Une partie d’entre eux se rendit volontairement en Allemagne oil ils n’eurent pas la moindre difficulte de trouver un travail remun6rateur. Deja avant que je me fusse vu force de prendre de nouvelles mesures, environ 30.000 Beiges s’etaient rendus en Allemagne oil ils partageaient le meme traitement que les ouvriers allemands et oil ils gagnaient des salaires eleves jusqu’alors inconnus en Belgique. A une seule exception pres, tous leurs messages confirmaient unanimement que les conditions de travail et d’ alimentation etaient bonnes en Allemagne. Ils ont pu envoyer de l’argent a leurs families; quand ils ont manifesto le desir de retourner en visite en Belgique, ils en ont eu l’autorisation et ils purent faire venir leurs families en Allemagne.

« J’avais espere que cette entreprise de travail volontaire aurait pris de 1’ extension. Mais une propagande aigue de nos adversaires fut mise en oeuvre. Elle fut attisee par tous les moyens imaginables; en particulier b argument fut employe que les Beiges se rendant en Allemagne commettaient un acte antipatriotique. Cette propagande s’etendit aux families des ouvriers qui avaient trouve de l'occupation en Allemagne ou qui voulaient en trouver; on se mit mime a dresser des listes noires de ces Beiges. Par la, le courant des volontaires fut naturellement endigue.

« Les plaintes qui me parvinrent au sujet ducliomage, devenantde plus en plus insupportables, donnerent lieu a la publication de mon ordonnance du 15 mai de cette annee. Cette ordonnance ne prevoit le travail force que lorsqu’un « sans-travail » refuse, sans raison suffisante, un travail qui lui est offert a un salaire convenable et repondant a ses aptitudes. Tout motif base sur le droit des gens est expressdment reconnu comme une raison de refus. Par la meme, aucun ouvrier ne peut etre forc6 a participer a des entreprises de guerre,

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