LES DEPORTATIONS BEI.GES
§ 2. — La contribution de guerre de 40, puis de 50 millions de francs
par mois.
La contribution de guerre de 40 millions de francs par mois fut etablie en Belgique occupee par un ordre du 10 decembre 1914 (Voir fac-simile); la duree en etait fixee a un an. Pour eviter de plus grands maux, les neuf provinces se virent forcees de voter les credits exiges.
Par ordre du 8/10 novembre 1915, cette contribution fut rendue permanente; contraintes et forcees, les neuf provinces voterent encore les credits exiges.
Par ordre du 20 novembre 1916, elle fut portee a 50 millions de francs par mois. Huit provinces sur neuf refuserent, cette fois, d’y cooperer (les termes de la decision de la Flandre occidentale, qui aurait ete forcee de ceder encore, ne nous sont pas connus). Les deliberations de ces huit provinces furent annuities par ordre du 3 decembre 1916, et 1’emprunt force leur fut impose d’office.
Ci-apres nous donnons le texte des ordres du 20 novembre 1916 et du 3 decembre 1916.
A — Ordre imposant une contribution de guerre.
(Gesetz- und Verordnungsblatt, n° 279 du 21 novembre 1916.)
Par abrogation de 1’ ordre du 8/10 novembre 1915 (Bulletin officiel des Lois et Arretes pour le territoire beige occupe, n° 139 du 11 novembre 1915 ; Bulletin officiel des Arretes pour le rayon des etapes de la IVe armee, n° 12 du 13 novembre 1915) et conformement a Particle 49 de la Convention de La II aye, concernant la reglementation des lois et usages de la guerre sur terre, il est impose a la population beige, jusqu’a nouvel ordre, une contribution de guerre de cinquante millions de francs par mois, payable comme quote-part aux frais d’entretien de 1’ armee et aux frais d’administration du territoire occupe.
Les neuf provinces de la Belgique se procureront les fonds necessaires par voie d’cmprunt. La forme et la teneur des obligations a emettre par les provinces seront determinees par le commissaire general imperial des banques en Belgique.
La premiere mensualite devra sc payer le 10 decembre 1916 au plus tard, les mensualites suivantes, au plus tard le 10 de chaque mois, a la Caisse de l’armee de campagne ( Feldkriegskasse ) du Gouvernement general imperial a Bruxelles. Le commissaire general imperial des banques en Belgique est autorise a fixer les sommes a concurrence desquelles les
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mensualites seront versees en marks ou en francs a la Caisse do F armee de campagne.
Bruxelles et A. H. Q. des IVe et VIe armees, le 20 novembre 1916.
G. G. 11 b 2625. Der Generalgouverneur in Belgien,
Freiherr von Bissing, Generaloberst.
Der Oberbefehlshaber der IV. Armee,
Herzog Albrecht von Wurttemberg,
Generaloberst.
Der Oberbefehlshaber der VI. Armee, Freiherr von Falkenhausen, Generaloberst.
B — Arrete concernant l’execution de l’ordre DU 20 NOVEMBRE 1916 IMPOSANT UNE CONTRIBUTION DE GUERRE
( Gesetz - utid V erordnungsblatt, n° 284 du 4 decembre 1916.)
Dans leur session extraordinaire du 2 decembre 1916, les Conseils provinciaux des provinces d’ Anvers, de Brabant, de Limbourg, de Liege et de Namur ayant refuse de cooperer au reglement de la contribution de guerre imposee a la population beige par ordre du 20 novembre 1916, et le Conseil provincial de la province de Luxembourg n’y ayant consenti que conditionnellement, les resolutions en question desdits Conseils sont annuities, conformement a l’article 89 de la loi provinciale du 30 avril 1836, parce qu’elles sont contraires a Finteret general.
En meme temps, les gouverneurs militaires des provinces de Brabant, Limbourg, Liege, Luxembourg et Namur, ainsi que, pour la province d’ Anvers, le gouverneur militaire de la province et le gouverneur de la place forte, sont autorises, de concert avec les presidents competents des administrations civiles [Prasidenten der Zivilverwaltungen), a prendre pour chacune de leurs provinces les mesures designees ci-apres, qui seront obligatoires dans chacune desdites provinces :
1° Conclure solidairement avec les autres provinces les contrats necessaires en vue d’assurer pendant six mois le paiement de la contribution de guerre, imposee a la population beige et payable a partir du 10 decembre 1916, et, le cas echeant, contracter dans ce but un emprunt ;
2° Conclure les arrangements necessaires en vue d’assurer le paiement des interets et le remboursement de cet emprunt, ainsi que la couverture des obligations provinciales echeant le 15 janvier 1917 et le paiement des interets de Pemprunt de contribution de guerre contracts en decembre 1915;
3° Faire une demarche aupres de P Administration allemande afm que les sommes necessaires au paiement des interets et a Pamortisse-
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mcnt de ces emprunts puissent etre prelev6es sur le budget beige a titre de subsides communs;
4° Conclure solidairement avec les autres provinces un cmprunt pour eouvrir les frais d’interets et d’amortissement, s’il n’etait pas donne une suite favorable a la demarche mentionnee au chiffre 3;
5° Signer les documents necessaires.
Bruxelles, le 3 decembre 1916.
Dcr General gouvcr new in Belgien, Freiherr von Bissing,
Gcncralobcrst.
( Arretes semblablcs pour la Flandre orientals et le Hainaut.)
On voudra bien rapprocher de ces ordonnances l’Avis (affiche) ci-apres, ou le gouverneur general von Bissing, au nom de V autorite militaire super ieure, avait publiquement et officiellement annonce, des le 9 janvier 1915, qu’t7 ne serait plus impose d’autres contributions au pays, aux provinces ou aux communes, moyennant le paiement ponctuel de la contribution de 40 millions de francs par mois, imposee aux neuf provinces pour la duree d’un an :
AVIS
Contributions. Requisitions.
A la condition quo les contributions imposees aux neuf provinces pour la duree d’un an, suivant ordre du 10 decembre 1914 publie au Bulletin dcs Lois et Arretes pour le territoire beige occup6 (n° 27 du 4 janvier 1915) et s’elevant au total a 40 millions de francs par mois, soient payees ponctuellcment, les stipulations suivantes ont ete arretees par 1’ autorite militaire superieurc pour ce qui a trait au territoire beige d’operations et d’etapes place sous sa juridiction, et par moi pour le territoire beige occupe place sous ma juridiction :
1° II ne sera plus impose d’autres contributions au pays, aux provinces ou aux communes que cclles constituant des amendes et que rendraient necessaires des agissements reprehensibles contre 1’armee allemande ou 1’ Administration allemande. Les termes des contributions imposees anterieurement et qui devaient etre regies apres le 15 decembre 1914 sont abandonnes;
2° Toutes les requisitions pour l’armee d’occupation seront reglees au comptant a dater du jour du reglement de la premiere mensualite, e’est-a-dire a dater du 15 janvier 1915. II ne sera pas accords de retribution pour le logement sans entretien. Toute convention contraire conclue anterieurement reste valable;
PIECES DIVEKSES
3° Pour les troupes d’etapes et pour les armees combattant en Belgique, les requisitions, c’est-a-dire les prestations obligatoires pour les soins et l’enfcretien, seront payees le plus tdt possible, et, tout au raoins partiellement, au comptant. Lc paiement du soldo aura lieu sur production des bons de requisition diiraent verifies et aussitot apres reglement de la plus prochaine mensualite de la contribution;
4° L’indemnite pour les marchandises requisiiionnees ou a requisitionner, en bloc, sera reglee le plus tot possible au comptant, en effets de commerce de premier ordre ou en avoirs dans les banques allemandes.
Bruxelles, le 9 janvier 1915.
Le Gouvcrneur general en Belgique,
Baron von Bissing,
Colonel general.
Le paiement prevu a Particle 1 comrae condition d’une exemption definitive de toute contribution de guerre nouvclle eut lieu ponctuellement.
Neanmoins, un an apres, le 10 novembre 1915, la contribution de 40 millions de francs par mois etait declaree permanente et elle etait portee le 20 novembre 1916 a 50 millions de francs.
La promesse officielle de P autorite militaire sup6rieure du 9 janvier 1915 n’6tait qu’un « chiffon de papier >' a ajouter a tant d’autres.
§3. — Renseignements compl6mentaires sur les deportations et sur le sort des d£port6s beiges en AHemagne et en France occup6e.
A — Deportation de membres du Comite national de secours
ET d’aLIMENTATION DANS LA PROVINCE DU LUXEMBOURG
1° A Arlon : 43 membres deportes au 30 novembre 1916.
Les deportations d’Arlon (province du Luxembourg) constituent une des preuves 6clatantes de Pinexactitude des allegations allemandes, d’apres lesquelles seuls les chomeurs seraient expedies en Allemagne :
Mardi, 28 novembre 1916, a 2 heures de Papres-midi, des affickes rouges convoquaient pour le jeudi matin, 30 novembre, 8 heures, dans Petablissement des Peres jesuites d’Arlon, tous les homines de la ville, ages de dix-sept a cinquante-cinq ans indistinctement.
A la suite de leur comparution, 400 personnes ont ete enlevees a Arlon et, parmi ces 400 personnes, il n’y a pas un chdmeur proprement dit. La grande majorite (plus do la moitie) est compos6e d’employes, de
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fils de bourgeois, de fils de commercants, etc., ages de dix-huit a trente ans; le reste, de travailleurs de toute espece. Outre ces 400 personnes, une categorie d’ouvriers du chemin de fer ont ete pris et seront soumis a un regime special, notamment octroi d’un delai d’attente de cinq jours avant le depart.
Parmi les 400 personnes citees plus liaut figurent 43 employes des comites regionaux de secours et d’alimentation, soit la plus grande partie du personnel, c’est-a-dire que les Allemands, non seulement enlevent des personnes qui se sufiisaient a elles-memes et assuraient l’entretien de leur famille, mais ils ont deporte a Arlon des personnes qui s’employaient a donner la subsistance aux autres.
Parmi les employes en question il y a : M. P. Grignard, directeur des bureaux du Comite regional, age de quarante ans; M. E. Knops, secretaire general du Comite local d’alimentation, age de trente-huit ans; M. Debaut, gerant du Comite local d’alimentation et presque tous ses employes; la plupart des employes des bureaux d’alimentation de la Societe cooperative.
Ci-apres, on trouvera la liste des agents des comites regionaux et locaux de secours et d’alimentation d’Arlon, qui ont ete deportes en Allemagne.
Au cours des operations de recrutement, les autorites allemandes ont manifeste le plus profond mepris pour les certificats ou cartes signees du representant americain de la Commission for Relief.
Les hommes designes pour la deportation ont ete embarques presque immediatement et sont partis le soir meme, a destination de Halle (royaume de Saxe).
Liste des employes des comites de secours et d’alimentation deportes en Allemagne, le 30 novembre 1916.
1° CoMITE REGIONAL :
Grignard (Paul), directeur des bureaux, age de quarante ans.
Kruchten (Pierre), dactylographe-messager, ag6 de dix-neuf ans environ.
2° CoMITE LOCAL :
de la carte
N» de la carte delivrde par le
Age
Profession
Profession actuelle
d'identlte
Comite provincial
Knops (Eug6ne) . .
Commis
Secr6taire-tresorier, membre du Comite
Hubert (J.-P.) . . .
Employe
Employ^.
Muller [ F.) ....
Dauphin (Ar.) . . .
Hubert (Andr6) . .
Messager.
Hubert (Victor) . .
Ouvrier
Homme de peine.
J ungers (Mat.). . .
Michaux (Ed.). . .
*Bleuze (A.) . . . .
Employe
Employe
*Lespagnard (Omer).
Desinfecteur.
PIECES DIVERSES
*MM. Bleuze et Lespagnard Maient en possession d’une carte jaune dont ci-apres module :
Zu Personalaustveis n° 799.
Meldeharte n°
Inhaler dieser Bescheinigung Bleuze Achille, geboren am 14. April 1872 Anseghem, wohnhaft in Arlon, ist im Besilz Ord nun gsmdss iger Ausweispapiers , die zwecks Anwerbung fiir den Militdr Eisenbahnbelrieb hinterlegl sind. Es wird gebeten diese Bescheinigung als vorlaiifgen Ausweis bis zum 5 Dezember 1916 gelten zu lassen.
(Dienststempel.)
Name : ( Illisible .)
Dienstbescheinigung : Oberbahnhofvorsteher
3° Gerance locale de l'alimentation a Arlon :
Dehaul , gCrant.
Christophe. comptable.
Boudart, caissier.
Brunec, employe.
4° Gerance regionale de
Meyer, comptable.
Vunginderdeuren, verificateur.
Doucet, verificateur.
Herman, magasinier.
Ileer, depositaire.
Lambert, concierge.
Fasbender, magasinier.
Sibenaier, boulanger.
l alimentation a Arlon :
Modave, magasinier.
Desmet, concierge.
Nicolay , agent receptionnaire.
Collet, magasinier.
Christophe, rCpartiteur.
5° Gerance de Bonnert : Leclerq, g6rant.
6° Gerance de Toernich : Schuster, g&rant.
7° Gerance de Heinsch : Francois, gerant.
8° Gerance de Chatillon : Demarteau, gSrant.
9° Moulin Wagner :
Munster (Pierre), cinquante-trois ans, manoeuvre.
Schmit (J. -Pierre), quarante-deux ans, chauffeur.
Guischer (Nicolas), trente-quatre ans, voiturier.
Alberty (Eugene), trente-quatre ans, menuisier.
Ho'tgen (Etienne), vingt-neuf ans, manoeuvre.
Hausmann (Albert), dix-huit ans, employe.
10° Comptoirs d'Arlon :
Schokert (Eugene), caissier. Huet (Joseph), magasinier.
River (L6on), commis. Maas (Arthur), magasinier.
Lefebvre (Louis), magasinier.
2° A Libramont : 21 membres deportes au 7 decembre 1016.
A Libramont (village situe au centre de la province du Luxembourg, sur la ligne ferree de Bruxelles a Arlon), les deportations ont eu lieu le 7 decembre 1916. L’ autorite allemande a fait enlever, dans cette localite, 21 employes du Comite national, quoique munis de leur certificat de membres de la Commission du ravitaillement, patronnee par la Commission for Relief in Belgium.
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B — Deportation du 23 novembre 1916, a Nameciie, d’hommes
de Vezin, Nameciie, Tiion-Samson, Bonneville, Strud-Hal-
TINNES, AnDENNE, ETC.
Relation d’un temoin oculaire (Nameciie et les autres villages cit6s sont situes an nord-est de Namur) :
La veille, 22 novembre, furent placardees des affiches intitulees « Ordonnance », signees du gouverneur de Namur, prescrivant la presence a Nameche, le lendemain a 8 heures, de tous « les individus du sexe masculin ages de dix-sept a cinquante-cinq ans ».
« Les absents s’exposent aux peines les plus severes et seront considered comme sans-travail.
« On devra se munir d’un paquet. »
Les hommes appeles arriverent a Nameche groupes par commune : une grande pancarte en bois au sommet d’un baton signalait le nom de la commune. Des cordons de barrage, constitues par des soldats armes, interdisaient l’acces des chemins aboutissant au local du rendez-vous : les femmes y etaient contraintes a la separation.
Une espece de cortege morne et silencieux suivait le chemin encaisse, longeant la ligne de chemin de fer; on arrivait ci l’entree des halls d’une usine de fonderie nouvellement construite et encore vide. A cet endroit, un officier retirait de la foule les hommes lui paraissant indesirables d’apres leur aspect : notamment ceux qui avaient cheveux gris ou poils gris. II leur disait simplement : « A gauche. » Ils se trouvaient arretes devant un barrage de controle garde militairement : une table y etait posee. Le controleur prenait note du numero de la carte d’identite et appliquait sur celle-ci un cachet : Meldeamt- Namur, au verso superieur. Cette formalite accomplie, l’homme redevenait libre. Le reste du cortege s’engouffrait dans les halls : la, il defilait devant une commission d’officiers qui examinait seulcment les cartes d’identite et decidait rapidement : « A droite. A gauche. »
« A gauche », c’etait la liberte. On passait devant un controle barre oil s’accomplissait la meme formalite que celle deja decrite. Une difference pourtant : le cachet etait generalement applique au verso moyen de la carte au lieu du verso superieur. « A droite », c’etait la sortie sur le quai d’embarquement du chemin de fer; devant le barrage se trouvaient quelques soldats armes qui poussaient les partants.
A cet endroit, je fus apprehende brutalement par ces soldats et bourre de coups de poing. Un officier place 4 gauche des partants en retenait encore quelques-uns.
Je fus hele par cet officier, qui me fit montrer ma carte d’identite et me demanda :
— Vous etes
(qualite impliquant le non-chomage)?
PIECES DIVE USES
— Oui, Monsieur.
A ma reponse, il m’enjoignit de sortir par la gauclie. Je pus obtenir.... d’entrer dans l’enceinte ou etaient parques les deportes. Je constatai que, tant dans ma commune que dans les communes voisines, on n’avait tenu aucun compte de l’etat des chomeurs fourni pourtant a F autorite militaire. Tous les hommes les plus jeunes, les plus vigoureux ou dont le metier etait le plus recherche, tels que machinistes, mecaniciens, ajusteurs, avaient ete choisis. J’y retrouvai, entre autres, un jardinier en chef, un entrepreneur mapon, un marechal ferrant : tous trois occupes et gagnant de forts salaires; j’y remarquai plusieurs etudiants. Les deportes de ma commune, se conformant a un reglement du bourgmestre, avaient laisse leurs paquets sur des chariots qui les avaient transportes : l’autorite militaire refusait de les leur laisser delivrer.
Comme j’essayais d’enfreindre ce refus, je fus, a deux reprises, jete hors de Fenceinte et brutalise par des soldats arrives la veille pour le service d’ordre.
Un train militaire avec mitrailleuses stationna devan t le quai jusqu’au moment du chargement des deportes. Un sous-officier interprete, a qui je fis cette reflexion : « Vous les traitez comme du betail humain », me repondit avec un sourire tranquille : « Mais oui, c’est du betail humain. » EnFin, X... put obtenir du capitaine de la gare de Nameche Fentree des chariots au quai des merchandises et nous pumes delivrer leurs paquets aux deportes.
Les cordons de troupes maintinrent a distance la foule des femmes qui voulaient faire des signes d’adieu. Un pere, dont les cinq Fils etaient partants, fut ecarte a coups de crosse de fusil par un soldat. Au moment du depart seulement, les femmes parvinrent a forcer les digues militaires et 4 s’approcher des barrieres de la gare pour les adieux.
Ls temoin signale aussi que :
... Des malades furent examines coram populo dans un stand ouvert : a leur grande confusion !
Enfin, les deportes furent a jeun pour le depart qui s’effectua seulement a 5 heures de l’apres-midi, pour un grand nombre dans des wagons a bestiaux.
(1) Questions supprimees par 1 ’auteur pour ne pas decouvrir l’identite du temoin.
C — Le sort des Belges deportes dans le nord de la France et en Allemagne