TRIBUNAT
Goupil de Préfeln fils, ex-membre du Conseil des Anciens, fit partie du Tribunat jusqu'en 1807; i y prit une part importante à la discussion des lois qui forment le Code-civil. Distinction des biens, cautionnement, contrainte par corps et prescription. A l'époque de la suppression de cette assemblée, en
vertu du sénatus consulte du 19 août 1807. il enti au Corps législatif.
Leroy-Boismarié (Thomas), capitaine-rapporteu de la commission militaire établie à Paris, fut nomm membre du Tribunat par le Sénat, le 18 ventos anX. Le 21 ventôse an XI, il fut devant le Tribunal rapporteur du projet de loi sur les absents et le germinal suivant, il présenta au Corps législatif l'ex posé des motifs de la loi relative à la minorité, 1 tutelle et l'émancipation. Il se prononça constammen en faveur des mesures proposées par le gouverne ment, et fut élu secrétaire en avril 1804. Comm Goupil de Préfeln, il entra au Corps législatif e vertu du décret du 15 août 1807. Il en sortit en 181 pour occuper le poste de préfet du Var qu'il conserv. jusqu'en 1814.
CORPS LÉGISLATIF
ilre PÉRIODEl.
i nivôse an VIII.— 1er pluviôse au XI.
Dans le nouveau Corps législatif, le départemen de l'Orne compta six de ses anciens députés.
Belzais de Courménil, ex-député aux Cinq-Cent>r
Castaing (Pierre), ici. Il sortit du Corps législati lors du premier renouvellement par cinquième, ei pluviôse an X.
Desprez, id. id.
Fourmi, id., ex-membre du Conseil des Anciens
Odolant-Desnos, fils, ex-membre du Conseil de^ Cinq-Cents.
Renault, id.
Dans ses séances des 22 et 27 ventôse an X. U
Sénat procéda à la nomination des 59 membres choisis dans la liste des notables des départements pour remplacer le cinquième des membres sortants du Corps législatif. Deux députés de l'Orne, CastaingetDesprez se trouvaient compris dans cette catégorie ; ils ne furent pas remplacés et la députation de ce département se trouva réduite à quatre membres : Belzais- Courménil, Fourmi, Odolant-Desnos et Renault qui sortirent du Corps législatif le 1er pluviôse an XL suivant l'ordre assigné à la députation de TOrne dans le classement des différents départements en cinq séries pour le renouvellement quinquennal.
CORPS LÉGISLATIF
(2e période) 9 thermidor an XI. — 1er janvier 1808.
Le 9 thermidor an XI, le Sénat, en exécution de la loi qui classait le département de l'Orne dans la quatrième série, dont les députés devaient sortir du Corps législatif à cette époque, choisit dans la liste des candidats présentés par les collèges électoraux de l'Orne, quatre députés : Bonvoast, Dureau de la Malle, Desprez et Lautour-Boismaheu.
Bonvoust (Jacques-Charles), général d'artillerie en retraite, président du collège électoral du canton du Môle-sur-Sarthe, demeurant à St-Léger-sur-Sarthe, né le 11 août 1737, était avant la Révolution, lieutenant-colonel au régiment d'Auxonne. Il prit part à la guerre de la Vendée ; il dirigeait l'artillerie qui défendit la ville de Nantes et repoussa l'armée vendéenne le 27 juin 1793. Il fut réélu au Corps législatif en 1807 et mourut en 1810 ou 1811.
Dureau de la Malle (Jean-Baptiste-Joseph- René), né à Saint-Domingue, le 21 novembre 1742, était venu se fixer en 1783 dans la terre de Landres, commune de Mauves, qu'il avait acquise du marquis de Hauteville.
C'est là qu'il écrivit sa traduction de Tacite dont la première édition fut publiée en 1790, et sa traduction de Salluste. Pendant la Révolution, il remplit les fonctions de président du district de Mortagne. Il fît également partie du Conseil général de l'Orne. Il fut élu membre de l'Académie française en 1804 et présida le Corps législatif. Il mourut à sa terre de Landres, le 19 septembre 1807. Jacques Delille rédigea son épitaplie en vers, Percier et Girodet dessinèrent son tombeau.
Desprez (1) (Emmanuel-Marie-Guillaume), né en 1767, d'une famille honorable du pays, professeur du collège d'Alençon en 1791, s'enrôla à cette époque comme volontaire. Il était capitaine au troisième bataillon des volontaires de l'Orne, et faisait partie de la garnison de Mortagne (Vendée), quand cette garnison, pressée par les Vendéens, abandonna la place, le 5 germinal an n (23 mars 1794). Tous les officiers furent mis en jugement, et malgré le mémoire justificatif publié en leur faveur par E. Desprez (2), ils auraient probablement été condamnés sans le dévouement de M. Boullay, d'Alençon, qui se chargea d'aller exposer l'affaire à Robespierre, et obtint leur élargissement.
(1) Cette notice complète l'article consacré au même personnage p. 75. — Les éléments en ont été empruntés pour la plus grande partie à l'Histoire du Collège d'Alençon, par M. Léon de la Sicotière (Annuaire de l'Association normande pour 1842).
(2) Exposé de la conduite de la garnison de Mortagne. Nantes, Malassis, 1794, 16 p. in-f°.
On a vu plus haut que E. Desprez devint ensuite chef de bataillon et adjoint aux adjudants-généraux de l'armée d'Angleterre, et qu'il fut élu en Tan vu député de l'Orne au Conseil des Cinq-Cents. On cite de lui un discours sur le départ des conscrits de l'Orne, en date du 19 nivôse an vu.
Rentré dans le nouveau Corps législatif en Tan vin, après le 18 brumaire, il en sortit en l'an x pour y rentrer de nouveau en l'an xi, et y siégea jusqu'à la fin delà session de 1807.
Il fut nommé conseiller à la cour d'appel de Caen en 1812. Elu pendant les Cents jours, en mars 1815 , membre de la Chambre des députés, il revint quelques mois après occuper son siège de conseillera la cour d'appel de Caen. Après la révolution de 1830, il entra dans la vie politique, présida à l'installation du tribunal d'Alençon, le 11 septembre 1830, et prononça à cette occasion un curieux discours qui a été conservé. Il fut élu député par le collège électoral de Sées en mars 1831, et siégea à la Chambre des députés Çusqu'en 1834. Depuis cette époque jusqu'à sa mort, il resta complètement étranger aux affaires politiques.
L. Desprez était membre de la Société littéraire fondée à Alençon vers 1800, sous le nom de Lycée (1). Il fit également partie de la Société d'agriculture de Caen, dans les mémoires de laquelle il a publié quelques travaux assez insignifiants.
Lautour-Boismaheu (Jean-Aimé), général de brigade, ancien officier de l'état-major, général de l'armée d'Italie, aide-de-camp de Masséna, naquit à
(i) Peu de temps après il s'établit à Alençon une autre société qui prit le nom de Société d'émulation. Elle s'éteignit sous l'Empire et n'a pas été remplacée.
Argentan, le 21 avril 1752. Il fut promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur, le 14 juin 1804. Il est mort en 1840.
CORPS LÉGISLATIF