CONSUL DE TOULON
DÉPUTÉ DU TIERS ÉTAT
(séNéCHAUSSÉE DE TOULON)
Né à Toulon, le 23 février 1723, Pierre-Joseph Meiffrun s'expatria, à l'âge de quarante-cinq ans, pour aller occuper à Alger les fonctions de chancelier du Consulat (21 mars 1768). Il ne rentra à Toulon qu'en 1777, et fut nommé, en 1789, deuxième consul de cette ville. Il fut, ensuite, élu député à l'Assemblée nationale par le tiers état de la sénéchaussée.
Le 13 juin 1789, Pierre-Joseph Meiffrun se présenta à Versailles pour faire vérifier ses pouvoirs qui furent reconnus réguliers, et le 20 juin, il prétait le serment du Jeu-de-Paume.
Après la session de la Constituante, Meiffrun revint à Toulon et ne tarda pas d'être désigné pour remplir les fonctions de premier consul. C'est en cette dernière qualité que nous le voyons apposer sa signature, le 24 juin 1793, au bas de la déclaration consentie en faveur des Anglais, par le comité général des sections (V^ Il mourut à Toulon, le 7 mai 1814.
MEVOLHON
AVOCAT
DÉPUTÉ DU TIERS ÉTAT (Si'nÉCHAUSSÉE de FORCALQUIEn)
Né à Sisteron, le 21 janvier 1757, Jean-Antoine-Pierre Mévolhon se fit recevoir avocat et n'hésita pas à accepter le mandat de député à l'Assemblée nationale de 1789, qui lui fut offert par le tiers état de la sénéchaussée de Forcalquier.
Il évita, dit un de ses biographes, de prendre part trop souvent aux discussions de l'Assemblée, dans la crainte de se compromettre, ses opinions trop modérées lui ayant suscité Tanimosité des députés les plus avancés, qui n'hésitèrent pas à déclarer qu'il était suspect. Ce mot n'avait pas encore toute la portée révolutionnaire qu'il eut plus tard. Cependant Mévolhon crut devoir se tenir éloigné des réunions publiques.
Au retour de l'ordre, il accepta les fonctions d'inspecteur général
(l; Z. Po.Ns, Mémoire» pour servir à l'histoire de la ville de Toulon en 1793, p. 27-1.
des subsistances à l' armée d'Italie, et le 25 mars 1810, l'Empereur lui conféra le titre de baron avec majorât.
Rentré dans ses foyers, le baron Mévolhon, entouré de l'estime de ses concitoyens, reprit la profession d'avocat et cultiva les belles lettres.
Mévolhon est auteur de divers travaux archéologiques. On cite de lui les Inscriptions grecques et latines trouvées, en thermidor an XII, à Sisteron. Paris. Didot, in-S" de 32 pages ; Inscriptions placées sur le monument votif du canal de Saint-Tropez, etc. .
Il mourut dans sa maison de campagne de Cachan-sous-Arcueil, le 16 octobre 1836.
MILET DE MUREAU
OFFICIER DU GÉME
DÉPUTÉ DE LA NOBLESSE
(SÉXÉCHAUSSÉE DE TOULOm)
Né à Toulon, le 26 juin 1756, d'une famille noble, originaire de Lorraine, Louis-Marie-Antoine Destouff-Milet de Mureau entra dans le corps royal du génie, à l'âge de quinze ans, et devint, en 1779, capitaine dans le même régiment où servaient son père et son oncle.
Nommé député suppléant à l'Assemblée nationale par la noblesse de Toulon, il remplaça le chef d'escadre La Poype-Vertrieux, titulaire, qui donna sa démission, le 14 avril 1790.
Il fit décréter la fonte du métal des cloches, converti en monnaie de billon, ainsi que le type des nouvelles pièces de quinze sous et de trente sous, qui demeurèrent dans la circulation jusqu'en 1830. Il fît également décréter, en 1790, l'impression, aux frais de la nation, des manuscrits du navigateur La Pérouse et lar continuation de ses
appointements à sa femme, jusqu'au retour des vaisseaux envoyés à sa recherche.
En 1792, Milet-Mureau fut employé à Tarmée des Alpes et à celle du Var, comme commandant de l'artillerie et du génie, et concourut à l'occupation de Nice. Il commença ensuite la campagne de 1793, à l'armée d'Italie ; mais, étant devenu suspect aux commissaires de la Convention, il chercha les moyens de se retirer et obtint une mission pour Paris, où il fut chargé, en arrivant, de l'exécution du décret qu'il avait fait rendre , concernant la rédaction et la publication des manuscrits de La Pérouse.
Le 7 janvier 1796, Milet-Mureau, rentré dans l'armée du génie, fut promu au grade de général de brigade, et chargé, au département de la guerre, de la direction du génie, de l'artillerie et des transports. Nommé ministre de la guerre, le 3 ventôse an YII, en remplacement de Schérer, il donna sa démission au bout de quelques mois et fut élevé, en se retirant, au grade de généi'al de division.
Après le 18 brumaire, Milet-Mureau fut mis en état de réforme.
Il obtint, en 1802, la préfecture de la Corrèze et la conserva jusqu'en avril 1810.
En 1814, Milet-Mureau fut nommé, par Monsieur, lieutenant général du royaume, directeur par intérim du dépôt général de la guerre, et envoyé en Corse avec la qualité de commissaire extraordinaire du roi. Il fut mis à la retraite plus tard, par suite d'une mesure générale concernant l'état-major de l'armée.
Il mourut à Paris, le 6 mai 1825. Il était commandeur des ordres de la Légion d'honneur et de S -Louis. En 1809, il avait obtenu du gouvernement impérial, le titre de baron avec majorât <i'.
J) >'otice extraite de VAnnuaire nécrologique, publié par A. Malral. Paris, 1826.