‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 16 sur 51 · LES FUNERAILLES · texte numérisé non relu

LES FUNERAILLES

L'impératrice Joséphine avait mérité, chose bien rare^ les sympathies de tous les partis et l'estime de toutes les nations. Elle s'était fait à la fois respecter et par les patriotes qui avaient défendu la France et par les étrangers qui Pavaient envahie. Les Bourbons aux Tuileries, la noblesse française dans les hôtels du faubourg Saint-Germain, les marchands dans leurs boutiques, les soldats dans leurs casernes, les ouvriers dans leurs mansardes, les paysans dans leurs chaumières, parlèrent de sa mort avec émotion. La cause de ce tribut universel de regrets était bien facile à trouver : Joséphine avait toujours été bonne. Si elle fût morte au milieu des splendeurs et des prospérités de la France, quand Napoléon était encore tout-puissant, sa fin n'eût pas causé une si vive impression.

SgO DERNIÈRES ANNEES DE l'iMPÉRATRICE JOSEPHINE

Les circonstances au milieu desquelles la compagne de l'empereur finissait sa carrière donnaient à ses derniers moments un caractère tragique, et chacun se disait qu'elle disparaissait de la scène du monde, en même temps que la puissance de l'homme légendaire à qui elle avait si longtemps porté bonheur, comme si un lien intime et mystérieux eût existé entre l'Empire et la femme qui avait été l'impératrice.

Joséphine était regrettée même par des personnes qui ne l'avaient jamais vue. Que devait-il donc se passer dans l'âme de ses enfants ! La reine Hortense était presque folle de douleur, et le prince Eugène se sentait tellement brisé par la maladie et le chagrin, qui le clouaient sur son lit, que, le 29 mai, il n'eut pas la force d'écrire à sa femme pour lui annoncer la funeste nouvelle. Ce fut le comte Mejan qui écrivit à la baronne de Wurbms : « A midi, la bonne et tendre mère du plus tendre et du meilleur des fils n'existait plus. Son Altesse Impériale m'a ordonné de vous mander ce cruel événement, afin que vous l'annonciez à son auguste épouse avec toutes les précautions, et en employant tous les moyens de consolation que votre cœur vous suggérera. Ce ne sera pas pour notre adorable princesse une médiocre consolation que de savoir que Sa Majesté a passé dans un autre monde, qui, sans nul doute, sera meilleur pour elle, dans les sentiments de la plus parfaite, de la plus vive piété et de la plus touchante

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