‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 20 sur 51 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

émotion profonde : « Quoi ! c'est vous! c'est vous ! c'est enfin vous! )^ Napoléon arrive ainsi au sommet de l'escalier, et, en présence de l'enthousiasme des officiers qui lui baisent les mains, qui embrassent avec amour, avec vénération, les pans de sa fameuse redingote grise, il pleure.

Mais voici qu'il aperçoit la reine Hortense et son front radieux s^'assombrit. Le dialogue suivant s'engage :

— Vous, à Paris ! c'est vous seule que je n'aurais pas voulu y trouver.

— J'y suis restée pour soigner ma mère.

— Mais, après la mort de votre mère ?

— Après cette mort, j'ai trouvé dans l'empereur Alexandre un protecteur pour mes enfants, et je me suis efforcée d'assurer leur avenir.

— Vos enfants !... Il valait mieux pour eux la misère et l'exil que la protection de l'empereur de Russie.

-^ Mais vous, sire, n'avez-vous pas permis que le roi de Rome dût le duché de Parme à la générosité de ce prince ?

— Et ce procès qui vous l'a conseillé ? (Hortense venait de plaider devant les tribunaux français, pour disputer ses enfants à son mari.) On vous a fait étaler des misères de famille qu'il fallait cacher, et vous avez perdu votre procès. C'est bien fait I

La froideur de cet accueil ne va pas durer. Le sentiment presque paternel de Napoléon pour

Hortense, qu'il a vue si jeune, se ranime. Sa physionomie s'adoucit. Peut-être Voudrait-il être encore sévère. Mais il y a un souvenir qui se présente à sa mémoire, et qui le désarme, c'est celui de Joséphine. Alors, ouvrant les bras à la fille de celle qu'il regrette, il l'embrasse tendrementetlui dit: — Jesuis un bon père, vous le savez ne parlons plus de tout ceci... Vous avez donc vu mourir cette pauvre Joséphine ?... Au milieu de nos désastres, sa mort m'a navré le cœur.

Aucune des deux femmes de l'empereur n'est là pour le recevoir. L'une lui a été enlevée par la mort et l'autre l'abandonne. Il dit à tout le monde qu'elle va venir, qu'elle lui amènera son fils, son fils qui, aujourd'hui 20 mars, a quatre ans, et qu'il ne reverra jamais. En parcourant le palais des Tuileries, auquel il a pensé tant de fois pendant sa retraite de Tile d'Elbe, il y retrouve partout le souvenir de Joséphine, et il se dit, au fond du cœur, que rien ne peut combler le vide que cette femme charmante y a laissé. Sans doute elle a été triomphale, magnifique, l'entrée qu'il vient de faire aux Tuileries. Et cependant, elle ne vaut pas celle du 3o pluviôse au VIII, entrée vraiment radieuse, jour de prestige, où Joséphine était aux fenêtres pour regarder la revue, et où le jeune premier consul, à l'aurore de son génie et de sa gloire, franchissait d'un pied si fier et si hardi l'antique seuil du palais des rois !

Napoléon voulut avoir des informations pré-

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