‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 21 sur 51 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

cises et détaillées sur Tagonie et sur la mort de la compagne de ses beaux jours.

— Corvisart, dit-il à celui de ses médecins qu'il préférait à tous les autres, vous avez donc laissé mourir ma pauvre Joséphine ?

Gorvisart eut à peine la force de répondre qu'il n'avait pu soigner Sa Majesté, étant lui-même dangereusement malade à cette époque.

L'empereur interrogea aussi le docteur Horau :

— Vous n'avez pas quitté l'impératrice pendant sa maladie ?

— Non, sire.

— Quelle a été la cause de cette maladie ?

— L'inquiétude... le chagrin.

— Vous croyez ? A-t-elle été longtemps malade ? A-t-elle beaucoup souffert ?

— La maladie a duré une semaine, sire. Sa Majesté éprouvait peu de souffrance.

— S'est-elle vue mourir ? A-t-elle montré du courage ?

— Un signe que Sa Majesté me fît, lorsque déjà elle ne pouvait plus s'exprimer, ne me laissa aucun doute qu'elle ne sentît sa fin s'approcher ; elle m'a paru l'envisager sans faiblesse.

— Vous dites qu'elle avait du chagrin... quel chagrin ? D'où venait-il ?

— De ce qui passait, sire, de la position de Votre Majesté.

— Ah ! elle parlait de moi, donc ?

— Souvent, très souvent.

402 DERNIÈRES ANNEES DE l'iMPÉRATRICE JOSEPHINE

— Bonne femme, bonne Joséphine! Elle m'aimait vraiment, celle-là, n'est-ce pas ? Elle était Française...

— Oh ! oui, sire, et elle vous Peut prouvé, si la crainte de vous déplaire ne l'eût retenue; au moins elle en avait conçu l'idée.

— Comment cela ? Qu'aurait-elle fait ?

— Elle dit un jour qu'impératrice des Français, elle aurait traversé Paris, à huit chevaux, toute sa maison en grande livée, pour aller vous rejoindre à Fontainebleau, et ne plus vous quitter.

— Elle l'aurait fait, monsieur, elle était capable de le faire.

Le souvenir de Joséphine rattacha l'empereur à Hortense, et pendant les Cent Jours, ce fut l'ancienne reine de Hollande qui fit les honneurs à la cour de Napoléon. Il avait quitté les Tuileries, le 17 avril, pour s'établir à l'Elysée, où il pouvait parfois interrompre son immense travail par quelque promenade sous les ombrages du jardin,et chaque jour il dînait en compagnie de la reine Hortense, pour laquelle il se reprochait d'avoir eu un instant de sévérité. Elle assista, avec ses deux fils, à la cérémonie du Champ-de-Mai, dans une tribune construite derrière le fauteuil de l'empereur, et entendit avec une joie mêlée de tristesse, car les sombres pressentiments s'unissaient aux splendeurs de cette fête militaire, les acclamations enthousiastes des soldats qui juraient

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