‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 23 sur 51 · ÉPILOGUE 4o · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE 4o

été son plus grand, sinon son seul amour, et quand il sortit de ce sanctuaire de tendresse et de douleur, ses yeux étaient remplis de larmes. C'est ainsi qu'entraîné vers l'abîme par la voix secrète, irrésistible, qui, tout bas, lui disait : « Marche ! Marche ! » Napoléon avait fait une halte de quelques instants dans cette Malmaison, sa demeure favorite, qui, au milieu des orages de sa destinée, avait été naguère comme l'oasis des sables brûlants, remplis de déceptions et de mirages.

Dans la soirée du 1 1 juin, la reine Hortense conduisit ses fils à l'Elysée, pour dire adieu à l'empereur qui, le lendemain, à trois heures et demie du matin, partit pour aller prendre le commandement de Tarmée. Au moment où il allait monter en voiture, et oià il venait de serrer Hortense dans ses bras, il aperçut la femme du général Bertrand, et, lui prenant la main, il prononça cette parole, triste comme un pressentiment : a Espérons, madame, que nous n'aurons pas bientôt à regretter l'île d'Elbe. » Le 17 juin, le bruit du canon, qui annonçait aux Parisiens la victoire de Ligny, avait rendu aux cœurs patriotiques la joie et l'espérance. Mais quelle déception, quel réveil, quand le bruit de la défaite de Waterloo circula tout cà coup dans la population ! Le souverain, vaincu, brisé de fatigue et de chagrin, trahi par la fortune, et cette fois pour toujours, rentrait à TÉlysée dans la matinée du

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2 1 juin. Le général Drouot, descendant de voiture après lui, ne put s'empêcher de dire à une des personnes qui lui demandaient les dernières nouvelles, que tout était perdu. « — Excepté rhonneur 1 » reprit vivement Napoléon^ à l'instar de François P^ C'était la seule parole qu'il eût proférée depuis Laon. La reine Hortense vint deux fois à l'Elysée, le 21 juin. L'empereur dîna seul. Elle assista à son repas, sans rien manger, et resta longtemps avec lui. Le lendemain, il abdiquait. Ne voulant plus, ou ne pouvant plus rester dans la capitale, il résolut de passer à la Malmaison le peu de jours de liberté qui lui restaient encore, et demanda à la reine Hortense de s'y trouver, pour le recevoir. On essaya en vain de la déterminer à ne point le faire. « Madame, lui disait-on, réfléchissez au danger des circonstances où nous sommes; il y en a sûrement beaucoup pour vous à vous identifier au sort de l'empereur. » Hortense répondit: « C'est une raison de plus pour que je n'hésite pas à m'y associer. Je m'en fais un devoir, et plus l'empereur court de périls, plus je suis heureuse de lui témoigner tout mon dévouement... Il m'a toujours traitée comme son enfant, je serai aussi toujours pour lui une fille dévouée et reconnaissante, et mon premier besoin est d'être satisfaite de moi. »

Le 25 juin, à midi, Napoléon quittait l'Elysée pour n'y plus jamais revenir. 11 monta en voi-

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