EPILOGUE
ture dans l'intérieur du jardin, afin d'être moins aperçu de la foule, et se rendit à la Malmaison, où il trouva le petit groupe de fidèles courtisans du malheur. Frappé de la présence de M""^ Caffarelli : « Vous avez donc de Tamitié pour moi ? lui dit-il ; je vous avais toujours crue sincèrement royaliste et mon ennemie. » Au dire de cette dame, il était abattu et souvent silencieux. Le premier jour, on ne pouvait s'expliquer ses propos et sa conduite; on aurait cru qu'il avait perdu la mémoire; il ne faisait aucune allusion à sa situation, mais il s'entretenait de toutes les scènes domestiques auxquelles il avait pris part dans le même lieu; il rappelait, à l'occasion de chaque porte, de chaque fenêtre, ou quelques mots de Joséphine, ou quelque plaisanterie du temps passé, ou quelque jeu de son intimité; mais il le faisait avec calme, sans montrer la moindre émotion à ce souvenir, comme la moindre inquiétude sur le présent. Par un beau soleil, dont l'éclat contrastait avec les ténèbres de son âme, il se promena jusqu'à épuiser ses forces dans ce parc de la Malmaison, qui lui rappelait de si beaux jours. Pendant cette promenade, il revenait sans cesse à Joséphine, et demandait à Hortense de lui en donner un portrait ressemblant. Le lendemain, 26 juin, les personnes de son entourage, abordant avec lui les questions politiques, lui demandèrent à quelles résolutions il comptait s'arrêter. Espérant contre
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toute espérance, le duc de Bassano lui assurait que Parme'e lui était toujours dévouée^ que le peuple, à Paris, était pour lui, et qu'il pourrait encore, s'il le voulait, ressaisir les rênes du gouvernement, se faire obéir des troupes, et dissoudre les Chambres. Ces dernières illusions le faisaient tristement sourire. Deux régiments passèrent près de la Malmaison, et, en approchant, ils firent retentir Tair des cris de : Vive l'empereur ! La petite cour, qui cherchait dans tout ce qu'elle entendait les symptômes des dispositions de l'armée, se sentit heureuse de pareils cris, et courut vers Napoléon, pour l'inviter à regarder les soldats qui passaient. « Ils auraient mieux fait de se battre que de crier ainsi ! » dit l'empereur, et il ne se dérangea pas. C'étaient des régiments qui avaient pris la fuite à Waterloo.
Le 28 juin, le canon de l'ennemi retentissait dans la plaine Saint-Denis, et chaque coup faisait tressaillir les habitants de la Malmaison : Madame mère, les frères de l'empereur, la reine Hortense, le comte de La Valette, le duc de Bassano, le général de Labédoyère, le duc de Rovigo, le général Bertrand, et des officiers échappés de l'armée, qui, tout couverts encore de la poussière des champs de bataille, accouraient, avec des habits en lambeaux, pour informer Napoléon de la marche de l'ennemi, et le supplier de se mettre à leur tête. Il apprend que Blûcher et Wellington, au lieu de marcher réunis, ont di-