‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 26 sur 51 · ÉPILOGUE 4l · texte numérisé non relu

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en larmes. Je ne savais comment calmer le chagrin de mon cher prince Louis et le distraire de son isolement, qui était d'autant plus pénible pour lui qu'il n'avait jamais quitté son frère d'une seconde. Cet aimable enfant était d'un caractère doux, timide et renfermé; il parlait peu, mais son esprit, à la fois vif, réfléchi, pénétrant, s'exprimait par des mots heureux , pleins de raison et de finesse, que j'aimais à recueillir et à répéter. Il fut si affligé du départ de son frère qu'il en tomba malade, et eut une jaunisse qui heureusement fut sans danger... La reine avait, plusieurs fois par jour, des syncopes qui m'alarmaient au dernier point; elle ne se ranimait un peu que pour rester dans un état d'affaiblissement dont rien ne pouvait la sortir; elle était d'une telle débilité qu'elle ne pouvait faire un pas. Comme partout elle manquait d'air, on la portait dans des endroits élevés et solitaires où elle restait plusieurs heures à respirer. C'est dans cette triste situation que nous apprîmes la fin déplorable de Murât. « Voilà les rois qui suivent les exemples des peuples, dit-elle; ils ont tort de leur rappeler que les diadèmes ne sont plus des bandeaux sacrés, et qu'on peut s'en jouer. » En octobre i8i5, les puissances alliées autorisent la reine Hortense à se fixer à Constance, dans le grand-duché de Bade. Elle s'y installa de la manière la plus modeste. « J'ai enfin un petit chez moi, » disait-elle. Il ne lui fut pas per-

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mis de conserver longtemps cet asile. Les puissances n'oubliaient pas que la grande-duchesse de Bade, cette femme de tant d'esprit et de cœur, était une Beauharnais. Elles l'empêchèrent de voir Hortense, qui, pour ne pas compromettre sa parente, dut quitter le grand duché. Le canton de Thurgovie eut le courage de la recevoir. Elle y acheta, en 1817, au prix de trente mille florins, le petit château d'Arenenberg, bâti sur le versant d'une colline, d'où l'on découvre l'île de Reichnau, le Rhin se précipitant au bas des cascades de Schafïouse, les arbres de la Forêt- Noire, les tours et les clochers de Constance, se reflétant dans les eaux du lac. Reconnaissante de l'hospitalité que lui accordait ainsi la Suisse, Hortense ne se plaignait pas; elle comparait son sort à celui du prisonnier de Sainte-Hélène, et regrettait de ne pouvoir le consoler sur le rocher 011 il mourait à petit feu. Le prince Eugène n'était pas moins ému des souffrances de Napoléon. Ayant appris par le comte de Las-Cases, les traitements que le gouvernement anglais faisait souffrir au glorieux captif, il écrivit, en 18 18, à l'empereur Alexandre : « Sire, les journaux de divers pays rapportent que la santé de l'empereur Napoléon souffre des privations qui lui sont imposées. Ces rigueurs, si elles sont vraies, ne peuvent être dans l'intention des souverains, et ne sont pas, j'en suis sûr, dans celles de Votre Majesté. Dans le doute inquiétant où je suis

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