‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 28 sur 51 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

manuscrit était interrompu. Qui aurait pu se douter du rôle que cette petite île si peu connue jouerait dans la carrière du nouveau Charlemagne ? Il y rendit le dernier soupir, après six ans de captivité, le 5 mai 1821, à cinq heures quarante-cinq minutes du soir, au moment où le soleil se couchait dans des flots de lumière.

La reine Hortense et le prince Eugène apprirent avec un grand chagrin la funeste nouvelle. Auprès du lit de mort du grand homme, il n^y avait eu ni un Bonaparte, ni un Beauharnais. Le prince Eugène ne survécut pas longtemps à Napoléon. Il mourut à Munich, dans sa quarante-troisième année, le 21 février 1824. La fin de sa vie avait été tranquille. Réfugié dans les États de son beau-père, il y était duc de Leuchtenberg, propriétaire d'un régiment de chasseurs bavarois, premier pair du royaume, et il avait marié en 1828 sa fille Joséphine au prince Oscar de Suède. Fidèle à la mémoire de celui qui avait été son bienfaiteur et son second père, il avait établi dans son palais de Munich, près de Ludwigs-Strasse, nno. chambre des souvenirs, où étaient pieusement recueillis une foule d'objets qui avaient appartenu à Napoléon. La mort d'Eugène fut pour Hortense un coup terrible. Elle a écrit dans ses Mémoires: « J'eus la douleur de perdre le frère le plus parfait et le plus tendrement aimé.... Déjà, dès l'année précédente^

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les symptômes de la crise terrible qui nous l'enleva nous avaient fait sentir toutes les angoisses d'une séparation éternelle. Présente à sa maladie, comme mon courage avait été mis à une terrible épreuve, quand je l'avais vu mourant, abandonné des médecins ! quand, seule, j'avais été chargée de lui faire faire ses dernières dispositions, et que j'avais encouragé à lui donner des remèdes qui le sauvèrent, et nous le rendirent pour quelques mois encore. Quel temps heureux que ces quinze jours que nous passâmes ensuite en famille sur les bords du lac de Constance ! Comme un malheur qu'on vient d'éviter ajoute de jouissances à la vie ! Comme elle s'embellit de tout ce que le ciel nous laisse de bienfaits ! Je puis dire qu'alors je sentais vivement le bonheur qui me restait ; toute autre infortune avait disparu. J'avais craint de perdre mon frère, mon ami, mon soutien, et je le conservais, et il m'était rendu ! Remplie de sécurité, je partis pour l'Italie, et c'est là que je reçus l'affreuse nouvelle qu'il était retombé malade, et que, traité de la même manière (par la saignée, qui, une première fois, lui avait été si contraire), doucement il sembla s'endormir... Il n'existait plus. »

Du vivant de son frère, la reine Hortense habitait une partie de l'année en Bavière, pour être près de lui. Ayant eu la douleur de le perdre, elle n'eut plus de raison de résider en Allemagne, et vécut à Arenenberg. Son fils aîné, le prince

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