‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 31 sur 51 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

que dans l'intérêt du nouveau souverain. C'était lui seul qui devait connaître que la force des circonstances m'avait contrainte à l'enfreindre. Aussi je comptais passer par Paris, ne m'y arrêter que le temps nécessaire pour voir le roi, et lui apprendre moi-même mon passage et mon désir de retourner en Suisse. Toutes les relations que j'avais pu avoir avec lui avaient été bienveillantes. Il n'ignorait pas que je m'étais occupée du sort de sa mère en 181 5, que j'avais des lettres d'elle qui m'en remerciaient, ainsi que sa tante, la duchesse de Bourbon. Voyant mon frère, en 18 14, il lui avait appris qu'il était l'ami de son père, lors de l'Assemblée constituante. Il avait fait dire à la grande-duchesse de Bade que je pouvais compter sur son appui. On me l'avait toujours peint enthousiaste de Tempereur. On annonçait qu'il faisait remettre sa statue sur la colonne. Que de raisons pour ne pas douter d'un bon accueil! D'ailleurs, la loyauté de ma conduite, en allant le voir, devait ,lui prouver qu'étrangère à tout ce qui pouvait diviser mon pays, je savais me soumettre à ses décrets. Mon fils, toujours instruit de toutes mes pensées, les approuvait. Depuis que nous voyagions en France, je le voyais sortir un peu de sa morne tristesse. Aussitôt arrivé dans une auberge, il allait se promener dans les rues, s'arrêtait dansles cafés, causait avec les gens qu'il rencontrait, et venait avec une sorte de plaisir me raconter ses conversations. »

Toute la route que parcourait la reine Hortense était pour elle remplie de souvenirs. « En passant à Nemours, a-t-elle dit, je me rappelai qu'à la fin de 1809, l'empereur fît dire, par le télégraphe, à mon frère de se rendre à Paris. Il m'avait engagée à aller au-devant d'Eugène. Je le rencontrai à Nemours, et là je lui appris que le divorce de l'empereur venait d'être décidé, sacrifice immense que ma mère faisait au bonheur de la France et de son époux. Ses enfants, animés du même sentiment, durent l'imiter, et, avec le même désintéressement, ils renoncèrent, mon frère, au trône d'Italie, qui lui était assuré si l'empereur n'avait pas d'enfants, et moi à celui de France, dont mes fils étaient alors les seuls héritiers.

Avant d'arriver à Paris, l'ancienne reine de Hollande et son fils firent une station à Fontainebleau. Hortense se rappela les splendeurs de la cour de Napoléon, les bals, les comédies, les chasses à courre, les dîners de gala, toutes les magnificences du luxe^ tous les enivrements de l'orgueil, toutes les féeries du pouvoir. « A Fontainebleau, dit-elle, je voulus montrer à mon fils ce palais, témoin de la plus grande gloire qu'on puisse imaginer, ce palais que nous habitâmes après la paix de Tilsitt, au milieu des fêtes qui se succédaient et des hommages des princes étrangers, qui accouraient pour implorer la paix de leur vainqueur. Le pape y vint une fois de plein

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