‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 32 sur 51 · EPILOGUE 42b · texte numérisé non relu

EPILOGUE 42b

gré, et une autre fois contraint ; et l'empereur lui-même, si grand et si puissant, s'y vit forcé d'abdiquer cette même couronne que tant de victoires, de bienfaits et de vœux avaient placée sur sa tête. Là aussi je pus montrer à mon fils l'endroit où il fut tenu sur les fonts baptismaux par l'empereur.

« Quelques domestiques du château étaient encore les mêmes. Quoique persuadée que je devais être bien changée depuis tant d'années, j'avais pourtant la précaution de tenir mon voile noir toujours baissé. Mon fils faisaitles questions qui pouvaient nous intéresser. J'entendais si souvent répéter mon nom à propos des divers appartements que j^avais habités, qu'il était évident qu'on était resté fidèle au souvenir de notre temps. Je retrouvais tout comme je l'avais laissé. Le seul changement qui me frappa fut le jardin anglais planté par nous, et qui était devenu si grand et si magnifique qu'il me fit faire un soupir, en pensant à la longueur du temps qui l'avait fait croître, et qui m'avait séparée de la patrie, hélas ! Et il fallait encore en vivre éloignée ! »

Quand elle aperçut les murs de Paris, l'ancienne reine exilée ressentit la vive émotion qui s'empare de quiconque, après une longue absence, rentre dans la grande ville si célèbre, a Enfin, dit-elle, j'arrivai à la barrière de Paris. Je mettais une sorte d'amour-propre à montrer par son beau côté cette capitale à mon fils, qui

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devait à peine s'en souvenir. Je dis au postillon de nous mener, par le boulevard, jusqu'à la rue de la Paix, et de s'arrêter au premier hôtel venu. Je repassais par le même chemin où, seize ans auparavant, escortée d'un officier autrichien, je quittai, le soir, cette ville d'où les alliés m'expulsaient à la hâte, tellement redoutée par eux, faible femme que j'étais, avec mes deux jeunes enfants, que, de distance en distance, la troupe ennemie était sous les armes, pour protéger, disait-on, notre passage. Le peuple, humilié, agité, qui prenait, dans ce moment, pour signe de ralliement un œillet rouge, était plus à redouter pour eux que pour nous.

« Le hasard nous conduisit à l'hôtel de Hollande. J'occupais le petit appartement du premier. De là, je voyais le boulevard et la colonne de la place Vendôme... Assise à la fenêtre de ce petit appartement, j'oubliais qui j'étais, ce que je venais chercher. Je voyais des Français passer et repasser devant moi. J'étais dans cette capitale où j'avais habité les palais; je ne les regrettais pas. Je n'enviais pas le sort de ceux qui y demeuraient, et mon ambition eût été satisfaite de vivre là, ignorée, oubliée pour le reste de mes jours. » C'était une vaine espérance. La bellefille et la belle-sœur de l'empereur Napoléon, l'ancienne reine de Hollande, la mère des princes qui avaient été, avant la naissance du roi de Rome, les héritiers de l'immense empire, ne

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