‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 33 sur 51 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

pouvait être obscure. Sa destinée était de vivre en pleine lumière, dans le malheur, aussi bien que dans la prospérité. Arrivée à Paris secrètement, elle s'y faisait passer pour une dame anglaise, et, dans l'hôtel garni où elle logeait, on ne connaissait encore ni son vrai nom, ni celui de son fils, ce proscrit, qui devait être un jour empereur. Mais un pareil incognito ne pouvait certainement pas durer. La Révolution de i83o avait remis à la mode les hommes et les choses de l'Empire. Le drapeau tricolore flottait sur tous les édifices. A chaque pas qu'elle faisait dans la grande capitale, Hortense pouvait être reconnue par les anciens généraux, par les anciens serviteurs de Napoléon. Cependant, comme elle n'avait nullement l'idée de conspirer, et comme son fils ne pouvait être traité en prétendant, puisque le duc de Reichstadt vivait encore, elle s'étonnait et s'affligeait d'être contrainte de se cacher, comme une condamnée, dans une ville où les souvenirs napoléoniens étaient si populaires. L'attitude gênée du roi Louis-Philippe était pour elle un sujet de surprise, et pourtant l'avenir devait bien prouver que les craintes de ce prince n'avaient rien de chimérique.

La reine Hortense reçut, à l'hôtel de Hollande, la visite du président du conseil des ministres, M. Casimir Perier. « Je sais bien, lui dit-elle, que j'ai transgressé une loi ; j'en ai pesé toutes les chances. Vous avez le droit de me faire

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arrêter, ce serait juste. — Juste, non; légal, oui,» répondit le ministre. Le lendemain, dans la soirée, le général d'Houdetot, aide-de-camp de Louis-Philippe, vint la chercher, pour la conduire au Palais-Royal, où elle devait avoir une audience du roi. Elle avait eu, en j8i5, l'occasion de rendre service à la mère du nouveau souverain. Grâce à son intervention, cette princesse avait obtenu de l'empereur, pendant les Cent-Jours, une pension annuelle de 400,000 francs et l'autorisation de rester en France. Elle avait alors adressé à la reine Hortense cette lettre de remerciement : « Le 19 avril i8t5. — Madame, je suis vraiment affligée que le mauvais état de ma santé me prive d'exprimer à Votre Majesté, comme je le voudrais, ma sensibilité à l'intérêt qu'elle a témoigné à ma position; elle est encore bien pénible, ma jambe ne prenant aucune force, mais je ne veux pas différer d'exprimer à Votre Majesté et à Sa Majesté l'em- ,pereur, auprès duquel j'ose vous prier d'être mon interprète, les sentiments dont fait profession, Madame, de Votre Majesté, la servante Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre douairière duchesse d'Orléans. » Ce souvenir faisait espérer à la reine Hortense qu'elle recevrait un bon conseil du souverain qui évoquait sans cesse les gloires impériales, et qui semblait encore craindre beaucoup plus les légitimistes et les républicains que les bonapartistes. Louis-

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