‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 38 sur 51 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

En vain, à Saint-Denis, il fit parer d'avance Un se'pulcre de marbre et d'or étincelant. Le ciel n'a pas voulu que de royales ombres Vissent, en revenant pleurer sous ces murs sombres, Dormir dans leur tombeau son cadavre insolent.

La reine Hortense n'eut pas le courage d'aller revoir Saint-Leu, son ancienne résidence d'été. « Mon fils, dit-elle, aurait bien désiré aller à Saint-Leu, lieu témoin de sa première enfance; j'aurais trouvé là des tombeaux qui m'étaient chers ; mais c'était trop m'éloigner de ma route, il fallait y renoncer. D'ailleurs, revoir cette campagne créée par moi, qui avait été récemment témoin de la mort affreuse d'un vieillard (le prince de Condé), et devenue la propriété d'une autre personne; c'eût été aller chercher une impression trop pénible. Je tournai donc Paris par le chemin de la Révolte, et je continuai ma route jusqu'à l'église deRueil,oià se trouve le tombeau de ma mère. »

En 1824, l'année même de sa mort, le prince Eugène avait acheté avec sa sœur une des chapelles de l'église de Rueil, poury faire construire le tombeau de l'impératrice Joséphine. Ce monument, de marbre blanc veiné, exécuté par MM. Gilet et Dubuc, d'après les dessins de l'architecte Berthaud, consiste en une voûte à plein cintre, ornée de rosaces, et supportée par quatre colonnes d'ordre ionique, élevées sur un piédestal de deux mètres de hauteur. Les colonnes sont

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hautes de quatre mètres, et l'archivolte de trois mètres. Le corps de l'impératrice est déposé dans le massif du socle qui porte l'inscription suivante, gravée en creux et dorée : A Joséphine^ Eugène et Hortense. Au-dessus du socle, une statue en marbre de Carrare, due au ciseau du sculpteur Cartellier, représente l'impératrice en costume de cour, agenouillée sur un carreau, près d'un prie-Dieu. Lorsque la reine Hortense, accompagnée de son fils, entra dans la modeste église du village, et aperçut, à droite du chœur, ce tombeau de sa mère, dont la statue de marbre reproduit si fidèlement les traits, elle fut profondément émue. « Quel sentiment douloureux, a-t-elle dit, m'oppressa, quand je me mis à genoux devant cette image chérie, et quand la triste pensée me vint que, de tout ce qu'elle avait aimé, je restais seule avec mon fils, isolée et obligée de fuir même le lieu où elle reposait ! La quantité de fleurs qui ornaient ce monument, que mon frère et moi avions eu tant de peine à obtenir la permission de faire élever, me prouva qu'elle était restée au moins au milieu de ses amis, auxquels son souvenir était toujours cher. Sa fille seule était oubliée ! »

Après avoir médité et prié devant la tombe de Joséphine, Hortense et son fils voulurent visiter la Malmaison, devenue depuis 1826, la propriété d'un banquier suédois, M. Haguermann. « Je m'arrêtai à la porte du château de la Malmai-

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