‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 4 sur 51 · JOSÉPHINE AU COMMENCEMENT DE · texte numérisé non relu

JOSÉPHINE AU COMMENCEMENT DE

permis de le dire, avec cette sorte d'impatience qui précède et semble vouloir hâter les événements dont chacun se promet une grande satisfaction. Dès le matin, dans la ville et même dans les campagnes, jusqu'aux limites du département, tout avait doublement un air de fête; tout annonçait un de ces beaux jours où les cœurs, remplis des sentiments affectueux et tendres éprouvent les plus douces émotions de la reconnaissance et de la joie. L'impératrice passa la Garonne à bord du Briganîin préparé pour elle. Dans ce moment, le tableau que présentaient la rivière et ses bords était aussi touchant que pittoresque. Les habitants de la Bastide et des com* munes voisines couvraient une partie de la droite du fleuve, et faisaient retentir l'air des cris de : «Vive Tem.pereur! vive l'impératrice!» Une multitude de canots ornés de banderolles et remplis de spectateurs, qui joignaient leurs voix à ce concert d'allégresse, allaient et venaient sur les eaux, et semblaient former une double flottille, au milieu de laquelle s'avançait Timpératrice, saluée par les applaudissements et les acclamations des équipages. Les détonations de toute l'artillerie des bâtiments armés en guerre se mêlaient au bruit du canon de la place, et les pavillons déployés de tous les navires du port, emblème d'union et signe de réjouissance, égayaient encore la scène par une grande variété de figures et de couleurs. »

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Assurément, la souveraine, accueillie avec tant d'éclat, ne ressemblait pas à une femme menacée d'un divorce. Le Moniteur terminait ainsi sa narration dithyrambique : « L'un des objets qui a le plus agréablement fixé les regards de l'impératrice était une tente élevée sur la rive gauche et décorée avec un grand goût ; on avait pris soin d'y réunir un très grand nombre de jeunes demoiselles de la ville. Cet essaim d'enfants aimables était environné de bouquets qu'elles ont offert à Sa Majesté avec une grâce parfaite. Sa Majesté a fait à ces demoiselles ^accueil le plus gracieux; c'est avec une satisfaction infinie qu'elle a paru recevoir leur hommage simple et touchant. Sa Majesté a été conduite à son palais, au milieu de tous les signes de la plus vive allégresse. » Le 12 avril, l'impératrice recevait, dans la matinée, les fonctionnaires du département de la Gironde, et, le soir, les dames de la ville lui étaient présentées.

L'empereur, se rendant à Bayonne par Montde-Marsan, quitta Bordeaux, le i3 avril. L'impératrice y resta jusqu'au 27. C'est là qu'elle apprit la naissance de l'enfant qui un jour devait s'appeler Napoléon IIL

La reine Hortense conçut l'enfant qui était destiné à devenir empereur des Français pendant une courte période de réconciliation entre elle et son mari, le roi Louis de Hollande. Ce rapprochement des deux époux s'était produit à la suite du violent chagrin que leur causa la mort de leur fils aîné, qui leur fut enlevé, à la Haye, par le croup, le 5 mai 1807. Ils avaient été touchés l'un et l'autre par leur douleur commune, et s'étaient témoigné une affection mutuelle qui contrastait avec leurs anciens dissentiments. Ne pouvant souffrir le séjour de la Hollande, où son cœur maternel venait d'être frappé si cruellement, Hortense avait été d'abord passer quinze jours de retraite absolue à la Malmaison ; puis, vers la fin de mai, elle était partie pour les eaux des Pyrénées, où son mari ne tarda point à la rejoindre. Le roi Louis a dit, dans ses Mémoires, que cette fugue n'avait rien de très royal, mais qu'elle s'ex-

pliquait par l'état de sa santé, aussi bien que par le chagrin cuisant qu'il éprouvait de voir et d'être impuissant à soulager les intolérables souffrances du pays sur lequel il était appelé à régner, et où ses plans ne cessaient d'être contrariés par les volontés inflexibles de Napoléon.

Arrivé à Bagnères de Luchon, le roi Louis y trouva sa femme plongée dans l'affliction la plus profonde. En proie à une exaltation douloureuse, elle parcourait fiévreusement les Pyrénées, gravissant les rocs les plus hauts, tentant les ascensions les plus difficiles, et ne semblant occupée qu'à échapper à ses propres pensées, à se fuir elle-même. « Il paraît, a dit M™° de Rémusat, que la vue de cette pauvre mère et du seul fils qui lui restait causèrent au roi de l'attendrissement. L'entrevue fut affectueuse départ et d'autre. Les époux qui, depuis longtemps, avaient cessé d'avoir entre eux aucun rapprochement, vécurent alors dans une complète intimité, qui a produit la naissance de leur troisième fils. » Citons, à ce propos, le passage suivant d'un travail que le baron Ducasse a publié, sous le titre : « Napoléon et le roi Louis », dans la Revue historique (numéro du mois de janvier 1880). «On a souvent dit que le prince Louis-Napoléon, devenu l'empereur Napoléon III, n'était pas le fils du roi Louis, mais le fils de l'amiral Verhuell ou de tout autre. Voici des faits positifs et des dates précises qui prouvent la fausseté de ces asser-

tions. Le 5 mai 1807, le roi de Hollande perdit son fils le prince royal. Hortense, au désespoir, quitta le royaume, et se rendit dans les Pyrénées, à Bagnères-de-Luchon, où son mari, aussi désolé qu'elle, la rejoignit, le 3o du même mois. Le roi et la reine vécurent deux mois ensemble à Luchon. Le 20 avril 1808, c'est-à-dire neuf mois après le séjour des deux souverains dans les Pyrénées, naquit le prince Louis-Napoléon. »

Si l'on examine avec soin les portraits du roi Louis de Hollande qui sont dans le musée de Versailles, on est frappé de la ressemblance entre ce prince et Napoléon HL Louis Bonaparte n'avait pas une figure fière et impérieuse, comme celle de son frère, l'empereur Napoléon. Sa physionomie était douce, bienveillante, empreinte d'une sorte de mélancolie et de tristesse. Il avait un tempérament lymphatique, un caractère porté à la rêverie, des velléités de philosophie et de littérature, des plans humanitaires, quelquefois un peu chimériques. Il désirait surtout se faire passer pour un homme bon. Lisez la belle étude de M. Albert Réville : La Hollande et le roi Louis, qui a paru dans la Revue des Deux-Mondes du i5 juin 1870, et vous vous convaincrez facilement des analogies qui, au point de vue moral, existaient entre Louis Bonaparte et son fils Napoléon III.

Le beau-père de M. Sardou,M. Eudore Soulié, conservateur du musée de Versailles, nous mon-

tra, en 1871, dans les galeries du palais, un portrait de l'amiral hollandais Verhuell. « Ce portrait, nous dit-il, [a été donné par la famille de l'amiral, pour bien montrer que celui-ci, que bien à tort on a voulu faire passer pour le père de Napoléon III, n'avait avec ce prince aucune espèce de ressemblance. »

La même année, également à Versailles, dans un déjeuner auquel assistait M. Charles Bocher, qui nous a rendu compte de la conversation qu'il y entendit, M. Thiers, alors chef du gouvernement, fut amené à parler de la naissance de Napoléon III, et déclara qu'il considérait l'empereur comme étant véritablement le fils du roi Louis. Le célèbre ministre de Louis XVIII, le duc Decazes, lui avait dit un jour : « Moi seul aurais pu être alors soupçonné d'être le père de l'empereur. Je ne le suis pas. Le père, c'est véritablement Louis Bonaparte. »

Le duc Decazes, dont M. Thiers rappelait ainsi le témoignage, était à Bagnères-de-Luchon en 1807, lors du séjour du roi Louis et de la reine Hortense. « Le hasard, a dit M""" de Rémusat, fît rencontrer à la reine Hortense M. Decazes, jeune alors, fort inconnu, et, comme la reine, sous le poids d'un regret douloureux. Il avait perdu sa jeune femme, il était malade et accablé. Ces deux personnes se rencontrèrent et s'entendirent dans leurs larmes. Il est très vraisemblable que Madame Louis, trop malheureuse pour

observer les convenances qu'elle eût dû respecter dans le rang où elle était placée, refusant son approche aux indifférents, fut plus accessible à un homme affligé comme elle. M. Decazes était jeune, d'une assez belle figure; l'oisiveté de la vie des eaux et les discours inconsidérés de la médisance attachèrent quelque importance à cette relation. La reine était trop hors d'un état ordinaire pour s'apercevoir de quoi que ce soit. Elle n'avait autour d'elle que des jeunes personnes dévouées, inquiètes de sa santé et soigneuses de lui procurer quelque soulagement. Cependant des lettres furent écrites à Paris, et on y prononça quelques paroles légères sur la reine et M. Decazes. »

Les ministres du roi Louis de Hollande lui avaient appris par des lettres respectueuses mais fermes, le fâcheux effet que produisait la prolongation de son absence. Il se décida donc à retourner dans son royaume, mais il y revint sans sa femme, qui, en raison de sa santé, à laquelle le climat de la Hollande était nuisible, obtint de Tempereur l'autorisation de faire ses couches à Paris.

Le roi Louis fit son entrée à La Haye le 23 septembre 1807^ après une absence qui avait duré quatre mois. Il était blessé du refus que sa femme avait fait de le suivre, et, lors de son passage à Paris, il avait été excité contre elle par les Bonaparte, toujours hostiles aux Beauharnais. M^'^^ de

Rémusat a dit à ce sujet : « Louis, mécontent, aigri, malheureux sans doute aussi de se voir forcé de retourner seul dans les tristes brouillards de son royaume, harcelé par son inquiétude naturelle, reprit ses soupçonsetsamauvaise humeur, dont il accabla sa femme de nouveau. Celle-ci eut d'abord assez de peine à le comprendre; mais, quand elle se vit en butte à de nouveaux outrages, quand elle comprit qu'on n'avait pas respecté son malheur, et qu'on l'avait crue capable d'une intrigue galante, au moment où elle savait qu'elle n'avait aspiré qu'à mourir, elle tomba dans un complet découragement. »

Sa grossesse approchait de son terme, lorsque son mari reçut de l'empereur l'offre de la couronne d'Espagne. Napoléon écrivit à son frère le 27 mars 1808 : « Le climat de la Hollande ne vous convient pas. D'ailleurs la Hollande ne saurait sortir de ses ruines. Dans le tourbillon du monde, que la paix ait lieu on non, il n'y a pas de moyen pour elle qu'elle se soutienne. Dans cette situation, je pense à vous pour le trône d'Espagne.... Répondez -moi catégoriquement. Si je vous nomme roi d'Espagne, l'agréez-vous ? Puis-je compter sur vous ? » Louis Bonaparte refusa, indigné de ce qu'il regardait comme une spoliation envers les Bourbons espagnols. « Je ne suis pas un gouverneur de province, disait-il ; il n'y a d'autre promotion pour un roi que le ciel. De quel droit pourrais-je aller demander un serment

de fidélité à un autre peuple, si je n'étais pas fidèle à celui que j'ai prêté à la Hollande, en montant sur le trône ? » Sans doute l'Espagne était un royaume bien autrement considérable que la Hollande ; c'était un pays catholique et monarchique de longue date, tandis que la Hollande était un pays républicain et protestant. Mais le roi Louis, ne se laissant pas tenter par la couronne de Charles-Quint, pensait qu'il y avait un contrat d'honneur entre lui et la nation néerlandaise, et que son départ serait le signal d'une annexion à l'empire français, éventualité dont sa présence sur le trône constituait le seul empêchement sérieux.

Pendant que le roi Louis refusait ainsi la couronne d'Espagne et des Indes, la reine Hortense mettait au monde l'enfant qui devait un jour être l'empereur des Français. Elle habitait alors, à Paris, un vaste hôtel, situé dans la rue qui s'appelait, à cette époque, rue Cerutti et qui, après avoir porté, sous la Restauration, le nom de rue d'Artois, s'appelle, depuis la Révolution de i83o, rue Lalfitte. C'est au n*" 17 de cette rue, dans l'hôtel actuellement occupé par l'ambassade de Turquie, que Napoléon HI naquit le 20 avril

On lisait dans le Moniteur du lendemain; « Paris, 20 avril. Aujourd'hui, à une heure du matin, S. M. la reine de Hollande est accouchée d'un prince. Le prince archi-chancelier de l'empire était pré-

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sent à la naissance. Son Altesse a écrit de suite à l'empereur, à Timpcratrice et au roi de Hollande pour leur annoncer la nouvelle. M. de Villeneuve, chambellan de la reine de Hollande, a été chargé de lettres pour Leurs Majestés, M. Othon de Byland, chambellan du roi de Hollande, s'est rendu, au même effet, auprès du roi. MM. de Villeneuve et de Byland sont partis à cinq heures du matin. A cinq heures du soir, Pacte de naissance a été reçu par le prince archi-chancelier. Attendu l'absence de l'empereur, le prince nouveau-né n'a reçu aucun prénom. Les témoins de Tacte ont été le prince archi-trésorier et le prince vice-grand électeur. Madame mère, la reine de Hollande, la princesse Caroline, grande-duchesse de Berg, le cardinal Fesch, l'amiral Verhuell, ambassadeur de Hollande près l'empereur, étaient présents à l'acte. » Le prince nouveau-né fut ondoyé par le cardinal Fesch, la cérémonie du baptême ne devant avoir lieu que plusieurs années plus tard, et l'empereur ordonna que les prénoms de l'enfant seraient Charles-Louis Napoléon.

L'impératrice Joséphine était à Bordeaux quand elle apprit la délivrance de sa fille. Elle lui écrivit le 23 avril 1808: (( Je suis, ma chère Hortense, au comble de la joie; la nouvelle de ton heureux accouchement m^'a été apportée hier par M. de Villeneuve ; j'ai senti mon cœur battre en le voyant entrer ; mais j'avais l'espérance qu'il

n'avait à m'apprendre qu'un heureux événement et mon pressentiment ne m'a pas trompée. Je viens de recevoir une seconde lettre de l'archichancelier, qui m'assure que tu te portes bien, ainsi que ton fils. Je sais que Napoléon se console de n'avoir pas une sœur^ et qu'il aime déjà beaucoup son frère. Embrasse-les pour moi tous les deux. J'ai reçu hier une lettre de l'empereur; sa santé est très bonne. Le prince des Asturies et don Carlos avaient dîné chez lui la veille ; il attendait, pour le lendemain, Charles IV et la reine. Mais je n'ose t'écrire trop longuement, de crainte de te fatiguer. Ménage-toi avec les plus grands soins; ne reçois pas trop de monde dans ces premiers moments. Fais-moi donner tous les jours de tes nouvelles; je les attends avec autant d'impatience que je t'aime avec tendresse. »

Le 25 avril, Joséphine adressait h sa fille cette autre lettre : r Je reçois, ma chère Hortense, une lettre de l'empereur, qui m'annonce qu'il avait appris que tu étais accouchée d'un garçon, et qu'il en avait éprouvé une très grande joie. Il paraît qu'il en avait la nouvelle avant l'arrivée de M. de Villeneuve. L'empereur me mande en même temps de venir le retrouver à Bayonne. Tu juges, ma chère fille, que c'est un grand bonheur pour moi de ne pas quitter l'empereur; aussi, je pars demain de grand matin. Les nouvelles que je reçois de ta santé me font plaisir. Je t'engage toujours à te bien ménager, et surtout

à éviter de recevoir du monde dans ces premiers jours-ci. Je serai trois ou quatre jours sans décrire, mais aucun moment sans penser à toi. Je t'embrasse. Adieu, ma chère Hortense. »

Le jour où était né l'enfant qui devait jouer dans le monde un si grand rôle et qui, après avoir été pendant près d'un quart de siècle la personnalité la plus retentissante non seulement de l'Europe mais du genre humain tout entier, devait terminer sa carrière d'une façon si douloureuse et si tragique, le roi Louis Bonaparte faisait son entrée solennelle dans la ville d'Amsterdam, pour s'y installer dans son nouveau palais, et Ferdinand VII arrivait à Rayonne.

LES BOURBONS d'eSPAGNE

Napoléon, qui avait quitté Bordeaux le 1 3 avril 1808, en y laissant l'impératrice Joséphine, arriva dans la nuit du 14 au 1 5 avril, à Rayonne, et s'installa le i 7 au soir dans le château de Marrac, situé à un quart de lieue de la ville. La garde bivouaqua dans le parterre, en face du château, et y forma une espèce de camp d'un agréable aspect. Des habitants de Rayonne vinrent danser devant l'empereur une danse du pays appelée la pamperruque. Cette danse, considérée de temps immémorial comme un hommage rendu aux personnages les plus illustres, fut exécutée au son du tambourin par treize personnes, sept hommes et six femmes, choisies parmi les notables de la ville et revêtues de costumes brillants et pittoresques.

L'empereur méditait en ce moment les projets qui ont été qualifiés de guet-apens de Rayonne. Il s'agissait d'attirer tour à tour dans cette ville

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tous les membres de la famille royale d'Espagne, de leur arracher une renonciation à leurs droits, et de remplacer à Madrid les Bourbons par un Bonaparte. Tel est le plan que Napoléon allait mettre en œuvre avec une astuce digne de Machiavel.

Avant de raconter le drame, indiquons le nom des personnages. La famille des Bourbons d'Espagne se composait, en 1808, de sept personnes : le roi Charles IV, né en 1748; la reine, sa femme, Louise-Marie-Thérèse de Parme, née en lySr; ses trois fils : Ferdinand, prince des Asturies (Ferdinand VII), né en 1788; don Carlos et François de Paule; sa fille, Marie- Louise, veuve du roi d'Etrurie; et son frère, don Antonio. Il fallait que tous ces personnages quittassent l'Espagne et vinssent à Bayonne, pour qu'il n'y eût plus dans la Péninsule un seul Bourbon pouvant protester au nom de sa race.

On devait voir aussi à Bayonne le favori du roi et de la reine, Emmanuel Godoy, prince de la Paix, prince de Bassano, duc de l'Alcudia, duc de Sueca. Né en 1767, Godoy, qui était issu d'une famille noble, mais pauvre, avait commencé sa carrière comme garde-du-corps. Sa belle prestance et l'élégance de ses manières l'avaient fait distinguer de la reine ; il était devenu premier ministre, dispensateur de toutes les grâces, véritable directeur de la monarchie espagnole. Charles IV ne jurait que par le favori dont il se

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