‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 48 sur 51 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

en uniforme de général, un manteau jeté sur ses épaules, ayant la main gauche appuyée sur la poignée de son sabre, et tenant dans la main droite un papier qu'il paraissait froisser, la lettre par laquelle on lui proposait la couronne d'Italie, à la condition d'abandonner la cause de l'empereur. Les inscriptions suivantes ornaient les quatre faces du piédestal : du côté de la face principale, on lisait : « Au prince Eugène Napoléon. » Au-dessous étaient sculptées les armes de la ville de Paris, avec la légende : Fluctuât me mergitur. Du côté nord était un aigle aux ailes déployées, tenant une couronne de lauriers dans ses serres; au-dessous il y avait les noms des six batailles : Borodino, Mohilov^, Viasma, Krasnoë, Ostrowno, Lutzen. Du côté sud, également sous l'aigle impérial, on lisait les noms de six autres batailles : Suez, Raab, Jaffa, Tyrol, Marengo, Wagram. Enfin, le côté de l'ouest, celui qui faisait face à la mairie du onzième arrondissement, était tout entier couvert par le texte de cette belle lettre que le prince Eugène écrivit le 20 avril 18 14, à l'empereur Alexandre : « Ni la perspective du duché de Gênes, ni celle du royaume d'Italie, ne me porteraient à la trahison. J'aime mieux redevenir soldat que d'être souverain avili. L'empereur, dites-vous, a eu des torts envers moi. Je les ai oubliés; je ne me souviens que de ses bienfaits. Je lui dois tout, mon rang, mes titres, ma fortune, et, ce que je préfère à

4b6 DERNIÈRES ANNEES DE l'iMPÉRATRICE JOSEPHINE

tout cela, je lui dois ce que votre indulgence veut bien appeler ma gloire. Je le servirai tant qu'il vivra ; ma personne est à lui, comme mon cœur. Puisse mon épée se briser entre mes mains, si elle était jamais infidèle à l'empereur et à la France ! »

Napoléon III voulut rendre à la Malmaison l'aspect que présentait ce domaine légendaire du temps du Consulat et de l'Empire. La reine Marie-Christine d'Espagne l'avait acheté, en 1842, au banquier Haguermann. Elle consentit en 1861 à le vendre pour onze cent mille francs, à l'empereur, qui en fit cadeau à l'Etat. En 1867, lors de l'Exposition universelle, la Malmaison semblait revenue à l'époque de ses plus brillantes splendeurs. On y avait réuni comme dans une sorte de musée napoléonien, une foule de meubles, de tableaux, d'objets d'art ayant appartenu à ses hôtes illustres. On remarquait dans la salle à manger : un surtout en marbre et pierres précieuses offert à Napoléon par le roi d'Espagne Charles IV; dans la salle du conseil : un secrétaire, don de la ville de Bordeaux à l'empereur; dans la bibliothèque : un globe terrestre ayant servi à Tinstruction du roi de Rome; dans la galerie : la lyre et la harpe de l'impératrice Joséphine; dans l'antichambre des appartements du premier étage : le bureau de campagne de Napoléon; dans la chambre de l'empereur: le lit en fer avec des rideaux en soie verte, où il mou-

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