‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 49 sur 51 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

rut à Sainte-Hélène ; dans le boudoir : les portraits du géne'ral Bonaparte à cheval, par Gros ; de l'impératrice Joséphine, par Prudhon ; du prince Eugène en officier d'ordonnance du général Hoche; le dessin populaire d'Isabey, fait à la Malmaison d'après nature, et représentant le premier consul en uniforme, qui se promène dans le jardin, devant la façade du château.

Maintenant, tous ces souvenirs sont dispersés. L'avenue de la Reine-Hortense se nomme l'avenue Hoche, et l'avenue Joséphine se nomme l'avenue Marceau. La statue de la compagne de Napoléon P% arrachée à son piédestal, a été reléguée dans un coin du musée de Versailles. La statue du prince Eugène a disparu, et le boulevard qui portait son nom s'appelle maintenant boulevard Voltaire. Les Tuileries sont rasées du sol, et l'on peut dire, avec le poète, que les ruines mêmes ont péri : Etiam periere ruinœ.

Fantôme de château, la Malmaison n'est plus que l'ombre d'elle-même. On dirait que cette habitation célèbre a justifié son nom : maison de malheur, mala mansio. Lors de la dernière invasion les Allemands en avaient fait une caserne. Vendue par l'Etat à un particulier, elle est dénudée et abandonnée. Plus de meubles, plus de tentures, plus d'ornements; partout l'aspect de la tristesse et de la désolation; le billard est encore là, mais les Allemands en ont arraché le

drap et les cuivres ; la salle à manger montre encore ses nymphes en grisaille, son carrelage de marbre, sa fontaine, mais l'eau de cette fontaine ne coule plus; de la salle du conseil, qui avait la forme d'une tente militaire, il ne reste que les supports de la tente ; dans la bibliothèque, les camaïeux représentant des grands hommes de l'antiquité sont intacts, mais les rayons ne contiennent plus aucun livre; le salon de Joséphine a conservé sa décoration d'oiseaux et de tleurs d'or, mais il est vide ; il n'y a plus de tableaux dans la galerie ; les glaces qui avaient reflété tant de jolis visages et tant de brillants uniformes ont été brisées ou enlevées. Il n'y a plus rien dans le vestibule aux dalles blanches et noires, rien que les colonnes de marbre qui en soutiennent la voûte, et que le pont qui communique avec le parc, et qui est flanqué de deux petits obélisques rapportés d'Egypte par le général Bonaparte.

Si rintérieur du château est démeublé son extérieur subsiste; ses fenêtres, ses façades, ses toitures sont intactes. Mais le parc, qu'est-il devenu ? Quel vandalisme ! Réduit aux proportions d'un modeste jardin^ ce parc superbe a été dépecé, dégradé, mutilé. Dans les gares du chemin de fer de Paris et des environs, une pancarte a été affichée qui annonçait cette œuvre destructive. L'immense affiche contenait un plan colorié, couvert d'un réseau de lignes noires, avec cette légende î

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