‹ Les dernières années de Marie-Antoinette [microform]Chapitre 15 sur 105 · LES CHLVALIFRS DU POIGNARD · texte numérisé non relu

LES CHLVALIFRS DU POIGNARD

Plus de digue au torrent. L'anarchie est partout. La machine gouvernementale se brise. Louis XVI n'est plus que l'ombre d'un roi. Point de calomnie, si absurde qu'elle soit, qui ne rencontre la crédulité générale. Point d'appel aux passions qui ne soit immédiatement entendu. Les mots perdent leur sens. La rébellion se nomme patriotisme. Les serviteurs fidèles qui viennent faire de leur corps un rempart pour protéger, au péril de leur vie, la personne de leur roi, sont traités de factieux, d'assassins, et on les désigne aux vengeances populaires sous ce nom de mélodrame : les Chevaliers du Poignard.

Le matin du 28 février 1791, la foule est houleuse, agitée. On dirait que le feu va être mis aux matières explosibles dont le sol est jonché. Des réparations se font au donjon de Vincennes, pour qu'il puisse servir de succursale aux prisons de Paris. Le bruit se répand dans la populace que c'est une nouvelle Bastille qu'on élève pour remplacer l'ancienne. Les émeutiers, recrutés au faubourg Saint-Antoine par Santerre, se portent vers le château de Vincennes et se mettent à démolir d'abord un parapet, ensuite quelques autres parties du donjon.

Instruit de ce mouvement populaire. La Fayette rassemble

MARIE-ANTOINETTE AUX TUILERIES

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