SI
prudent, si habile, qc:e per-oniie n"y soupçonna sa présence. Le
soir même de son arn\ce
e^riNcrL dans son lournal
chez la reine, passé par n.on chemin ordinaire ; peu de :;ar^ie; nationaux; pas \u le r. i. » \
ersen ne reparaissai
onc aux
Tuileries que dans l'ombre, Lomme un fu^^ilif, comme un pro.^
crit. Il retrouvait la r
emepaue par le maineur, a\ec des cne\'eax
m avaie:
it bl
inclus les émotions et ks cha-'rin:
e luoment était
solennel. Or.a^e au dedans de la Lrance, oraee
au deUors,
ar'KUit
des pleines, des dan^^ers, des s\inplé)nijs terribles. On eût dit que les 'l\iileries allaient s'emrloutn- dans un ;:oullre de leu et de
saii!
Le lenJemain de son arris'ée, Lersen \'it le roi. Il écrivait Ja
ns
s(Mi joiirn.il
\'u le roi à six heures du soir. Il
ne veut pas partir et ne le i^iit, à cause de lextrémc surveillance,
LE DERNIER \OY\r,K DU COMTE DE FERSEN A PAIUS 253
Dan-
s le \ rai, il s'en lait lui scrupule, avant si
rester, car c est un honné
te h
omme
\'Olt
souN'ent promis de lu'il n'y a de res-
source que la force; mais, par suite de sa taiblessj, il croit impossible de reprendre toute son autorité. . . ;\ moins d'être toujours
encourage, le ne suis pas sur
es recelles.
aisuile il me dit
t tente d
e ncLîocier avec
1 ca 1 nous sommes entre nous
et nous ]^ou\'ons ]xu-|er ; mais personne ne sV-^t jaiuais trou\'é tlaiis ma position, .le sais que j'ai manqué le ni<*mcnt ; c'était le 1 } juJIel ; il fallait alors s'en aller, et je le voulais : mais
conin"ienl kure. quan.
Mon
sieur lui-Hieiiie me priai! de ne point
pviriir, et que le maréchal de iiro-^lie, qui commandait, m»
l\ poiK
ui
nous p'ou\ons a
.\L'l/. .NLiis que teroiis-
PiOUs, UU
iious y serons ? .1 ai manqué le m -iiie!
it, et d(
je ne I ai j^is relr^ >u\ e ; i ai ete
■puis
■ OUlS
J\inJo!ine de tout le monde. >
jn-ia e'isiine lersen depre\e:ni- les puissances quelles
ne Je\aient pas être étonnées ^
le tout
ce
qu u serait lorce Je
fair
i Cl e
a conlraite. « 11 fcUit.
qu'il y etail ()bliL;é, que c'e.ait W
ajouta-t-il, qu'on me mette tout à lait de côté, et qu'on me
laisse laire. »
Le même jour, b'ersen cau<a lon^niement avec Marie-Antoi-
nette. l'Jle
entra dans de lonus détai
s si
présent, surtout sur
\isse
!e expliqua les causes de i lUsUccés ^
le cette fuite à
\arennes, à laquelle Lersen awiil pris tant de part, et qui, au début, réussissait si bien, tant qu'il la diri^:^eait. La leine raconta toutes les an^^oisses de l'arrestation et du retour. Au projet d'une
nomelle lcntati\-
esasion, elle objecta
a sur\eillance impia
cable dont elle eîail l'obiet et rcller\-
scence des passions j^opu-
aires, qui, cette lois, ne feraient j-
Us ::ra,
n était ]^ri
\'alait mieux, p-air les
membres de la fam
ilie roN'ale, souilrir
ensemble que s'e.xj^oser à mourir sépares. 1! salait mie ix tomber
ibJ
en j>rinces, qui n aPaïquent la majesté qu vi\ec la vie, qu en \aL;abonds, et sous un dé-;uiseir,ent vuli^aire. < la reine, ajoute b'ersen dans son journal, me dit qu'elle voyait Alexandre Lameth et Duport ; qu'ils leur disaient sans cesse qu'il n'y avait de remède
254 MARIE-ANTOINKTTK ET L'A(;ONIF. DK f.A ROYAUTÉ
que des troupes étrangères ; sans cela tout était perdu, que ceci ne pouvait durer, qu'eux avaient été plus loin qu'ils ne voulaient. Malgré tout cela, elle les croit mauvais, ne s'y lie pas, mais s"en sert, cela est utile. Tous les ministres sont des traîtres qui trahissent le roi. > I.e 21 février 1792, l-'ersen aviùi une dernière entrevue avec Louis XVI et Marie-Antoinette. I.e 24, il était de retourà Bruxelles. 11 avait quitté les d'uilcrics profondément ému, et si funestes, si lugubres que fussent ses pressentiments, combien plus sombre encore devait être la réalité !
Quel sort fatal était réservé aux principaux acteurs du drame ! Encore quelques jours, et le chevaleresque (îustave 111 allait mourir assassiné. L'heure du supplice approchait pour Louis XVI et Marie-Antoinette, là Fersen lui aussi devait avoir la lin la plus tragique. Depuis le moment où il fit ses derniers adieux à la malheureuse reine, sa vie ne lut plus qu'un long tourment. Son caractère, déjà porté à la mélancolie, devint d'une tristesse incurable. Son âme dévouée, fidèle, ne pouvait s'habituer à la pensée des catastrophes qui s'étaient appesanties si cruellement sur cette belle et bonne souveraine, dont il disait en 177S : « La reine est la plus jolie et la plus aimable princesse que je connaisse. » Le 14 octobre 1793, il travaillera encore, avec le baron de Breteuil, à renouer le fil d'une millième trame pour tenter d'arracher l'auguste captive à son sort. 11 apprendra la fatale nouvelle le 20 octobre. « Je ne pouvais penser qu'à ma perte, écrira-t-il dans son journal. 11 était affreux de n'avoir aucun détail positif. Qu'elle ait été seule dans ses derniers moments, sans consolation, sans personne à qui parler, à qui donner ses dernières volontés, cela fait horreur. Les monstres d'enfer ! Non, sans la vengeance, mon cœur ne sera jamais content. > Comblé d'honneurs sous le règne de (justave IV, sénateur, chancelier de l'Académie d'Upsal, membre de l'ordre des Séraphins, grand maréchal du royaume de Suède, il gardera au fond du cœur une blessure que rien ne pourra guérir. Une fatalité inexorable s'acharnera sur lui, comme sur rinfortunée souveraine, dont il avait été le chevalier. 11
LE DERNIER VOYACÎE Dlî COMTE D !•: FERSEN A PARIS
périra dans une émeute à Stockholm, le 20 juin 1810, lors des funérailles du prince royal. Meurtri de coups de poing, de coupsde canne, les cheveux arraches, les habits en lambeaux, il sera traîné demi-nu. foulé aux pieds, assassiné par une populace en délire. Avant de rendre le dernier soupir, il parviendra à se relever sur ses genoux, et, joignant les mains, il prononcera ces mots de la lapidation de saint b:tienne : « () mon Dieu, qui m'appelles à toi, je t'implore pour mes bourreaux, auxquels je pardonne. » Ce sont, sinon les mêmes paroles, du moins les mêmes pensées que celles de Marie-Antoinette sur la plate-forme de l'échafaud.