I.A DÉCLARAI ION DE GUKKRi
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l^)Urquoi, de Tautre, ces passions sauvages, qui .semblaient vouloir justiher toutes les colères et toutes les récriminations de C.oblent/ : r*ouripioi cette intervention intempestive de l'Autriciie, qui froissait le sentiment national de la l'rance, et qui devait donnera ».les violences inexcusables, à des cruautés, à des crimes, un jirétexte politique? Inextricable dédale des situations (ausscs !
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len des uens allaient se c
deiiKuider où était le droit, où était le
devoir. Une grande partie de la noblesse fnmçaise allait laire des vfL'UX pour les armées étrangères. A (-oblent/, un rassem-
hl
emen
e \ingt-deux mille gentilshommes se pressait autour
des sept j^rinces de la maison de P)Ourbon : le comte de Pr(nence, le comte d'Artois, le duc de lierry, le duc d"Angoulème, le prince de (londé, le duc de liourbon, le duc db ghien.
(domine Ta dit i\L de Lamartine : < L'inlidélité à la patrie s'apju'lait fidélité iiu roi. La désertion s'apjielait Thonneur. La
foi au troue était la relii'ion c
le 1,
i noIMesse Irancaise.
La
souve-
raineté d[\ peuple lui jviraissait un dogme insolent contre lequel il lallait tirer bepée, sous jteine d'en partager le crime, H y avait un dévouement réel, à ces jeunes gens et ii ces vieillards, d'abandonner leurs grades dans l'armée, leurs liens de jnitrie, leurs lamilles, et d'aller se jeter sur la terre eirangère autour du drapeau blanc, pour y laire le métier de sinq^les soldats... Le devoir des patriotes, c'était la patrie ; le devoir des émigrés, c'était le tr(')ne. L'un des deux partis se trompait de devoir, mais tous les deux croyaient l'accomplir. > (Juant a l'infortuné Louis XVI, il soutirait cruellement.
C'était la mort dans l'àme que Louis XVI avait déclaré la guerre à son allie, à son ne\eu, et il se disait, à certains moments, t|ue cette armée autrichienne combattue j^ar ses troupes serait jK'ut-étre sa dernière ressource. Il ne pouvait même plus se liatter que le sacrilice qu'il avait tait à ses sympathies, à ses sentiments de fannlle, lui rendrait la conliance et l'amour de son
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Ile.
t88 MARIE-AxNTUlNETTE ET L'AGONIE DE LA ROYAUTÉ
« Nous n'avons pas de peine à comprendre aujourd'hui, a dit très justement M. Getfroy, ce qu'il y avait de pur patriotisme dans cette jeune armée de 1792, qui représentait la France nouvelle. Mais cette armée, formée en dehors des anciens cadres, n'en était pas moins, aux yeux de la reine, la vraie armée de l'émeute. C'étaient là, pensait-elle, les vainqueurs de la Bastille, ceux que Mirabeau appelait les plus grands drcMes de Paris. C'était à ses yeux la même tourbe qu elle avait vue venir à Versailles le 6 octobre. l::ile croyait qu'ils seraient écrasés du premier coup sur la frontière, et que la France et Paris s'en verraient délivrés. > La réflexion suivante de M. (îelTroy est très judicieuse : « Marie- Antoinette commettait une double erreur, mais que des hommes honnêtes, et qui n'avaient pas les méme^ motifs d'entraînement qu'elle, ont commise aussi. Je ne parle pas seulement des Français Liui restèrent après le 20 avril dans les rangs de l'émigration, et qui ne croyaient pas apparemment trahir les vrais mterets de leur pays. Mais voyez M. de Bouille. 11 accepte un commandement jusque dans l'armée étrangère sousCkistave 111. M. de Bouille est pourtant un honnête homme, qui aime ardemment la France et qui la connaît. Voyez-le, dans ses Mcmoins, involontairement fier de nos succès, hausser les épaules aux fanfaronnades des officiers prussiens. >
On ne sait pas bien encore tout ce qu'il y a de vigueur, d'enthousiasme, d'ardeur militaire dans cette brave armée nationale, qui, au dire des étrangers, n'est qu'une bande d'émeutiers, et qui va tout à coup apparaître sur les champs de bataille comme un peuple de héros. C'est dans les camps que se réfugie l'honneur. C'est là que vont combattre et mourir des hommes que le spectacle du club des Jacobins indigne, et qui n'ont plus d'autres consolations à leur patriotique douleur que les mâles émotions des combats. Pourquoi Louis XVI ne se souvient-il pas qu'il est le chef suprême de l'armée r Ah ! s'il était guerrier, s'il avait l'habitude de porter l'uniforme, de commander des troupes, surtout de leur parler, comme il viendrait à bout de toutes les
LA DÉCLARATION DE GUERRE
difficultés : Le comte de Vaublanc a bien raison de le dire : < On fait tout des Français, quand on sait les animer et leur imprimer un élan vigoureux; sans cela, il n'en faut rien attendre... Jamais prince n'a plus mérité les récompenses éternelles que la religion promet au chrétien vertueux; et cependant, il faut que son exemple apprenne à jamais aux rois qu'ils doivent avoir une conduite toute diliérente de la sienne. Sans le courage qui agit, le roi le plus vertueux ne peut rien pour son salut. > F^ourquoi Louis XVI ne se tnjuvc-t-il point au milieu de ses soldats ? La victoire lui rendrait un sceptre et une couronne. Quand son épce lui reste encore, p()urqu(ji la laisse-t-il dans le fjurreau ? Pourquoi ne se dit- il point qu'elle pourrait lancer des éclairs ?
Au heu de cela, Louis XVI hésite, tâtonne, temporise. C'est encore le comte de Vaublanc qui l'a dit: « Ce temps malheureux est bien la preuve que la linesse et le plus détestable de tous les moyens pour conduire les grandes allaucs. On n'opposait que de la linesse à toutes les attaques impétueuses de.s Jacobins. Tout était dissimulation; les discours, les écrits, les démarches; faulorué n'agissait que par des voies détournées. On se perdit avec cent moyens de salut, parce qu'on poussa à l'excès la prudence, et que l'extrême prudence dégénère toujours en petits moyens. Je me suis trouvé dans toutes les grandes crises de la Révolution, j'ai toujours vu les mêmes fautes produire les mêmes malheurs. Il en e.^t de la révolution comme de la guerre : quelque prudent que soit un gênerai, il faut bien qu'il hasarde quelque chose. Il serait impossible autrement de gagner une seule bataille. »
Ah ! qu'elle est vraie, qu'elle est frappante, cette grande parole de Bossuet : « Quand Dieu veut renverser les empires, tout est faible etirregulier dansles conseils. » Indécis, versatile, Louis XVI ne saura même pas s'il doit faire des vœux pour le succès ou pour les revers de l'armée autriJiienne. Il n'aura point de plan, point d'espru de suite. La mission secrète qu'il donnera à Mallet du Pan sera une nouvelle preuve des irrésolutions de sa politique et