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de son caractère. Que désirera-t-il ? Faire déclarer par les puissances qu elles sont en guerre contre une faction antisociale, et non contre la nation française; quelles prennent la défense des gouvernements légitimes et des peuples contre Tanarchie: qu'elles ne traiteront qu'avec le Roi; qu'elles demanderont que la plus entière liberté lui soit rendue, puisqu'elles convoqueront un congrès où les émigrés seront admis comme parties plaignantes, et où le plan général de réclamations sera négocié sous les auspices et la garantie des grandes cours de l'Europe. Hésitant entre l'Autriche et son propre royaume, le malheureux monarque essayera de continuer ce système équivoque, ce système de bascule qui lui a si mal réussi, et qui le contraint à recourir à la dernière ressource des faibles : la dissimulation. Envoyé en Allemagne, avec des instructions écrites de la main même de Louis XVI, Mallet du Pan y recommandera aux souverains de s'avancer avec précaution en France, d'observer les plus grands ménagements envers les habitants des provinces envahies, et de se faire précéder par un manifeste dans lequel ils attesteraient leurs intentions conciliantes et pacifiques. Ainsi les ministres officiels du roi n'avaient pas sa confiance, et n'étaient point les interprètes de sa pensée. Il existait une sorte de gouvernement occulte et mystérieux qui avait une diplomatie, des fonds secrets, des agents au dedans et au dehors. Un tel système, dépourvu de toute grandeur, de toute sincérité, ne pouvait amener que des
catastrophes.
Cependant, la guerre avait commencé dans les conditions les plus tristes. L'invasion de la Belgique, préparée pour la find'avril, échouait misérablement. Près de Mons, les troupes de Biron prenaient la fuite, menaçaient leurs officiers de les fusiller, et s'écriaient : < Nous sommes trahis! > A Lille, le général Théobald Dillon était massacré par ses propres soldats. Ces nouvelles causèrent à Paris une émotion indescriptible. La défiance et l'irritation populaires arrivèrent à leur comble. Tous les partis se jetaient à la face des reproches et des accusations. Les Girondins, qui
LA DÉCLARATION DE GUERRE
trouvaient la garde nationale trop conservatrice, et qui voulaient armer la populace, demandèrent des pique-, pour les gens des faubourgs qui n'avaient pas de fusils. Les sans-culoîîes s'enrécimcntèrent. I/armée des massacreurs était organisée. 11 ne restait plus qu'à obtenir du roi une dernière concession, le licenciement de sa garde, avant de donner le signal de l'émeute.
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LE LICENCIEMENT DE LA CARDi: CONSTl rUTIONNi:LLl-
Louis XVI avait encore auprès de lui quelques défenseurs, quelques hravcs décidés à verser pour leur roi jusqu'à la dernière goutte de leur sang. Il s'agissait de les éloigner de sa personne. Quel moyen trouver pour cela : La calomnie. On allait répandre dans le puhlic, toujours crédule, fables sur fables, inventer des conspirations imaginaires, contraindre le malheureux monarque à se priver de sa suprême ressource pour le livrer, faible, désarmé, entre les mains de ses ennemis.
1-^n vertu de la Constitution, Louis XVI avait une garde. Elle était composée d'un tiers de soldats de ligne, de deux tiers de uardes nationaux que les départements avaient choisis euxmêmes parmi les citON'ens le^ mieux faits, les plus riches et les mieux é!e\'és. Son commandant était un des plus grands seigneurs de l'ancien régime, le duc de (>ossé-P)rissac. Né en lySq et fils d'un maréchal de lYance, le duc avait été gouverneur de Paris, i^rand pannetier de Erance, colonel des Cent Suisses. Il n'avait jamais voulu quitter le roi depuis le commencement de la Révolution. Dès la dissolution de son régiment, il aurait pu fuir, Louis XVI l'en avait prié; mais le C(cur d'un sujet si fidèle était
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resté sourd aux instances du souverain niallieureux. « Sire, avaitil répondu, si je fuis, on médira coupable, et Ton vous croir.i coinpiicc; ma tuite serait pour vous une accusation, j'aime l^en mieux mouru". » l'A, en ellet, il mnurut. 11 avait voué un \-éritable culte à Tancienne maîtresse de Louis XV, à la comtesse Du Barry, et ce n'e^t pas la moindre aventure de la favorite que cette dernière conquête. Probahlcmcnl, le comte d'Allon\ille exai^ère, quand, dans ses Mcniaircs, il exalte en M" Du Harry «c cette décence de ton, cette noblesse île manières, ce maintien é^^alement éloii;né de l'ori^ueil et de l'humilité, de la licence et de la }^ruderie, ce visage qui suffisait à réfuter tous les pamphlets >. iMais ce qui est certain, c'est tpie la société du duc de l)rissac avait mspire à l'ancienne favorite des sentiments généreux. Aj-très le> journées d'octobre, elle avait recueilli les gardes du corps blessés, et à la reine, qui l'avait fait remercier, elle a\'ait répondu : < (l's jeunes blessés n'ont d'autres regrets que de nétre point morts pour une princesse aussi digne de tous les h')mmages que Test Votre Majesté... I.uciennes est à vous, madame, n'e-^t-ce pas votre bienveillance qui me l'a rendue ?... Le feu roi, par une sorte de pressentiment, me força d'accepter mille objets précieux avant de m'éloigner de sa personne, .l'ai eu Ihonneur de nous adresser ce trésor au temps des notables; je vous rollVe encore, madame, avec empressement. Vous a\e/ tant de dépenses à soutenir et de iMeniaits sans nombre à répandre. Permette/, je vous en conjure, que je rende à (-'esar ce qui est à (X*sar. »
Royaliste exalté, gentilhomme d'ancienne roche, chevaleresque et galant, nourri dans les idées de tendresse romanesque de (.'Iclic et de V Aslrcc, le duc de Brissac, comme un jialadin des anciens âges, représentait auj^rés de Louis XVI tout un [xissé qui s'écroulait. Si le malheureux monarque avait été un homme d'action, il aurait profité d'une garde commandée par un tel défenseur. 11 en eût fait le noyau de la résistance, en groupant autour d'elle les régiments suisses et les bons bataillons de la garde nationale. Malheureusement, Louis XVI n'avait rien de guerrier. « Parmi