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lE-ANTOINETTE ET L'AGONIE DE LA ROYAUTÉ
canon pointe contre le peuple. De telles mesures sont plus propres à rirriter qu'a L contenter. Il est urgent que Votre Majesté donne l'ordre d'ouvrir les portes des Tuileries. »
Louis XVI, après un peu d hésitation, a Uni par répondre: < Je consens qu'on ouvre la porte de. Feuillants; mais à condition que v(ni. fcre/ dcliler le cortège le long de la terrasse, pour le faire sortir par la porte de la cour du Manège, sans descendre
dans le jardin. )»
C'est là une illusion du roi. Pendant qu'il parlcmcntaU avec les deux olliciers municipaux, les citoyens armes avalent dedlé devant l'Assemblée. Ils viennent de sortir de la salle des séances par une porte conduisant à la cour du Manège. Une fois arrivés dans cette cour, l'intervention des otiiciers municipaux leur tait ouvrir la porte appelée porte du Dauphin, et située en lace de la rue de ce nom. C'est par cette porte qu'ils entrent dans le jardin des Tuileries, tandis que Louis XVI aurait voulu, au contraire, qu'ils sortissent par là de la terrasse des Feuillants. Les voilà donc qui, au lieu de continuer leur route par la rue SaintTionoré, ont fait irruption dans le jardin. Les voilà qui s'avancent le long de la terrasse qui borde la façade du château. Sur cette terrasse stationnent plusieurs bataillons de garde nationale. La foule passe tranquillement devant ces bataillons. Des gardes nationaux otent leurs baïonnettes des fusils; d'autres portent les armes, comme pour rendre honneur à l'émeute. Aprèsavoir ainsi traversé le jardin, les colonnes populaires en sortent par la grille qui est devant le PontTloyal. Elles remontent le quai, passent par les guichets du Louvre, et débouchent sur la place du Carrousel, qui est coupée par une foule de rues, espèces de chemins couverts propres
à faciliter l'attaque.
Des otîiciers municipaux essayent un peu de calmer les assaillants ; d'autres, au contraire, les enhardissent et les excitent. Les quatre bataillons qui se tiennent aux abords du Carrousel, et les deux compagnies de gendarmerie qui sont postées devant la porte de la cour Royale ne font pas de résistance. Les émeutiers,
qui ont envahi le Carrousel, se trouvent arrêtés dans leur marche par la fermeture de cette porte. Frémissants de colère, Santerre et Saint-Huruge, restés les derniers à TAssemblée nationale, apparaissent. Ils gourmandent le peuple de n'avoir pas encore pénétré dans le château. < Nous ne sommes venus que pour cela, > disent-ils. Santerre, devant la porte de la cour Royale — une des trois cours qui sont devant le château, en face du Carrousel — appelle à lui ses canonniers. « Je vais, crie-t-il, faire enfoncer la porte à coups de canon. >
Quelques olliciers de la garde nationale, qui sont royalistes, essayent inutilement de défendre le château. On ne les écoute pas. La porte de la cour Royale s'ouvre à deux battants. La foule se précipite. l\jint de digue au torrent; les gendarmes mettent leurs chapeaux au bout de leurs sabres, et crient: « \'ive la nation ! > (l'en est fait, le château est envahi.
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11 est environ quatre heures Je Triprès-miJi. L'invasion des 'I^iileries commence. Jetons un couj'» d'ieil sur le château, et indiquons les pièces où va se précipiter la loule. Quand on arrive j\ir le (iarrousel, trois cours conduisent au palais: la cour des l*rinces, en lace du pavillon de More; la cour Royale, en face du pavillon de l'Horloge ; la c(nir des Suisses, en face du pavillon de Marsan, ('/est par la cour Royale que sont entrés les assaillants. Ils péiièlrent dans le château j-^ar le vestibule du pavillon de rilorloi^e, ils i^ravissent le i;rand escalier. A , gauche est l'enfilade des [grandes salles du premier étai^e :
r La salle des (]ent-Suisses (la future salle des Maréchau.xi ;
2" La salle des (îardes de futur salon dit du Premier (j)nsul) ;
3' L'antichambre du Roi ou (l-jl-de-B-eul (le futur sal d'Apollon) ;
4" La chambre du Lit de parade (la future salle du Trône);
on
b" Le f^rand cabinet du Roi (qui s'appellera plus tard le saloa
del