LE SUPPLICE DU' MARQUIS DE FAVRAS
les crimes, et défendu par des gens fort estimables, mais qui n'ont aucune idée juste de notre position. Ils m'ont compromise vis-à-vis des deux partis, en me présentant la veuve et le fils de Favras. Libre dans mes actions, je devais prendre l'enfant d'un homme qui ^■enait de se sacrifier pour nous, et le placer à table entre le rnj et moi ; mais, environnée des bourreaux qui viennent de faire périr son père, je n'ai pas même osé jeter les yeux sur lui. Les royalistes me blâmeront de n'avoir pas paru occupée de ce pau\Te enfant; les révolutionnaires seront courroucés en songeant qu'on a cru me plaire en me le présentant. >
(Cependant la reine ajouta qu'elle connaissait la position de M"" de Favras, qu'elle la savait dans le besoin, et ordonna à M""*" de Campan de lui envoyer le lendemain, par une personne sûre, quelques rouleaux de cinquante louis, en la faisant assurer que le roi et la reine veilleraient toujours sur son sort et sur celui de son fils.
Pauvre reine! Quel supplice }U)ur une femme de son caractère ! Ltre obligée de dissimuler sans cesse, de composer son visage, de cacher ses larmes, d'êtoutfer ses soupirs; craindre de faire connaître à ses amis, à ses défenseurs, sa sympathie et sa reconnaissance'. Fntourée dans son palais même d'inquisiteurs, elle n'osait ni parler, ni agir. C'est à peine si elle osait penser. Quelle torture pour une âme fière et franche, pour une femme qui naguère portait le front si haut, pour la fille des Césars d'Allemagne, pour la reine de France et de Navarre !
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LE DAUPHIN ET SA SOEUR, (.ar L. Lebrun (Musée de Versailles)
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