LA DERNIÈRE A
NNÉE DE MARIE-ANTOINETTE
elle van a,ou,é ces mots compromettants : /. me Jle à .ous je '"enéra,. ce ,„, prouve que Marie-Antoinette avait été mis au courant par Rougeviile, du projet de l'enlever de la Co cier" «ene, e, que le billet de lœillet était pour l'avertir de se r
prc. pour le vendredi, sans doute jour concerté pour son évasion Mais revenons à lintcrrogatoire.
« Rcconnaîtriez.vous le papier, s'il vous était présenté > ■ — Oui.
— Est-ce ce billet-là ?
{Après ravoir considéré.) - Qui, c'est le même.
— Cet homme vous adrf"içn t ;i ^,, 1
vuui durtssa-t-ij quelques paroles "^
— Des mots vagues.
— Vous rappelez-vous ces mots ?
— Dans le moment où je parlais de sensibilité, il „,e d.t • I e cœur vous manque-t-il > Ft ie rénondi. • Ti ' n.ais i, est profondément affl,;.' " ' "^ '™ '"^'"'"'^ '^'"^^•■^'
si d'nt"'eÏ! '""^'"'^'■,' '"'-™^-'--. la posante déclare que SI d abord elle n a pas du la vérité, c'est qu'elle n'a pas voulu compromettre ce particulier, et qu'elle prenait se nui a" même, ma,s que, voyant la chose découverte elle n'- n. balancé à déclarer ce qu'elle savait. > "'^ '"""
A la suite de l'nistruction, Michonis fut renvoyé au tribunal révolutionnaire, mais acquitte. Le concierge Richard et sa fe im furent mis en état d'arrestation. Quant à Rougeviile la p malgré toutes ses recherches, ne put le saisir ^ '
Le projet d'évasion fut peut-être plus prés de réussir qu'on ne
sT:T .;;?'" '" '"-'■"^---' ^^«■-'^-- Royale Ïait al : lona affaire dans ce passage de son récit: < Jai appris depuis i mort de ma mère qu'on avait votilu la sauver de la Concierg n
que, par rrialheur, le projet n'avait pas réussi. On m'a a sur^ que les gendarmes qui la gardaient et la femme du conci 1 avaient ete gagnés par quelqu'un de nos amis; qu'elle a^a 4 p sieurs personnes bien dévouées dans sa prison entre autres , prêtre qu. lui avait administré les .sacrements, qu'elle avait reçu
LA CONSPIRATION DE L'ŒILLET
avec une grande piété. L'occasion de se sauver manqua une fois, parce qu'on lui avait recommandé de parler à la seconde garde, et que, par erreur, elle parla à la première. Une autre fois, elle était hors de la chambre, et avait déjà passé le corridor, quand un gendarme s'opposa à son départ, quoiqu'il fût gagné, et l'obligea à rentrer chez elle, ce qui fit échouer l'entreprise. Beaucoup de monde s'intéressait à ma mère ; en effet, à moins d'être de ces monstres de la plus vile espèce, comme, hélas î il s'en est trouvé, il était impossible de Taj^procher et de la voir quelques instants, sans être pénétré de respect, tant sa bonté tempérait ce que la dignité de son maintien avait d'imposant. Nous ne connûmes aucun de ces détails dans le temps, nous sûmes seulement que ma mère avait vu un chevalier de Saint- Louis qui lui avait donné un œillet dans lequel était un billet. •» On trouve également, au sujet de cette conspiration deTCEillet, un supplément de détails dans le recueil publié sous ce titre : Le comte de J-'crscii et la cour de J'rjuce, par le baron de Klinckowstrnem. Après la mort de la reine, le chevalier de Rougeviile s'était réfugié à l'étranger: le comte de Fersen le vit, le i8 décembre 179:^ et constata ainsi, dans son journal, l'entretien qu'il eut avec lui :
€ Le /'S' décembre. — Je fus voir le matin M. de Rougeviile. M" de Maille la reconnu, l'autre jour, de sa fenêtre dans la place, pour être un M. de Rougeviile qui passait sa vie dans les antichambres de la reine, et qui la suivait partout. Voici en substance ce qu'il m'a dit sur sa dernière aventure de la Conciergerie : 11 connaissait M""' Dutilleul, une Américaine, a.ssez riche et bien pensante, et ils formèrent le projet de sauver la reine. Alors ils tirent connaissance avec Fontaine, un honnête homme, marchand de bois, et, par son moyen, avec Michonis, un limc^nadier. Je les trouvai tous deii.x \rù> disposés. Michonis était porté de cœur pour la reine, et refusa l'argent qu'il lui offrit, mais il en donna aux deux autres administrateurs. Un jour,
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.1 accon,pagna Michonis dans la prison ; la reine se leva et dii • < Ah cest vous, monsieur Michonis, , et, en voyant M. dcRougev.lle elle fut extrêmement saisie, at, point de tomber dans un fauteuil, ce qui surprit les gendarmes. Il lui fit signe de se ns surer, et lui dit de prendre les œillets où était le billef elle nosn, et il les laissa tomber, sans pouvoir lui parler.' Michonis-^ soria pour affaires dans la prison, et lui aussi. La reine alors fit d.re à Michonis de revenir, elle l'occupa avec les gen! darmes, et pendant ce temps, elle dit à Rougeville qu'il s'exTosau trop; .1 lu, du de prendre courage, qu'on la secourra,,, qu'il ui apporterait de l'argent pour gagner les gendarmes. Elle lui ci.t : « .s, ,e suis faible et abattue, ceci (en mettant la main sur son cœur) ne I est pas. > Elle lui demanda si elle sera.t bientôt ju-ée .1 a rassura. Elle lui du: . Kegarde.-moi, regarde, mon lit'^ et' < dues a mes parents et à mes am,s, si vous pouvez vous sain'.er 1 etat ou vous m ave. vue. . Alors ils sortirent. Le concier.. e[ la concierge étaient gagné. Le plan était que Michonis, qui Tuait onduit la reine du Temple à la Conciergerie, irait la nu h, à d heures, la prendre, par ordre de la municipalité, comme pour mener au Temple, et la ferait évader. Ainsi, et décharg an I.vre du concierge, afin qu'il ne lui arrivât rien. iU v ail e, effect,vement; les deux gendarmes, moyennant cinqua te , ne dirent nen, mais le dernier .s'y oppo.sa. Michoni lui di ^ i vait ordre de la municipalité ; mais le gendarme dit que. si on n ramenait Madame, il appellerait la garde. Le coup fu. manque et Rougeville se sauva. > nia.iquL,
Tout se tournait contre la malheureuse reine; les projets de dehvrance n avaient d'autre résultat ,ue é'.,,ra..r sa captiviÎ Apres la tnste issue de la conspiration de VŒ,l.,, ,es pleurs, craignant de voir leur victime leur échapper, av ncère t e lour de son procès, et lui firent quitter, des Jl septemb^ c an^breouelle était incarcérée, pour renfermer dan. un cacho plus malsain, plus horrible encore.
Li: di:rni1'R c.achoi di: la ki-ini
Marie- Antoinette avait d'abord été enfermée à la Conciergerie, dans Tancienne salle du conseil, assez grande pièce carrelée, où avant la Révolution, les magistrats des cours souveraines venaient, à certains joui-s de l'année, recevoir les déclarations des prisonniers. Après Taîfaire de Td-jHet, on trouva que celte prison était trop bonne pour elle, et on la plaça dans un cachot plus étroit, plus humide et mieux verrouillé.
Le I F septembre, les administrateurs de la police, après avoir examiné toute la Conciergerie, tirent choix de ce local. C'était la pharmacie du .sieur Lacour, pharmacien de la prison. On la débarrassa des objets qu'elle contenait, ainsi que de la boiserie et des vitres. La croisée qui donnait sur la cour des femmes fut bouchée au moyen d'une t(")lo d'une ligne d'épaisseur, jusqu'au cinquième barreau de traverse; le surplus de la croisée fiU grille par un fil de 1er en mailles très serrées, et l'on boucha en maçonnerie d'autres ouvertures, ainsi que la gargouille qui existait pour l'écoulement des CcUix. La porte qui était en face de la croisée et donnait sur le corridor fut condamnée, et désormais, pour entrer dans cette ancienne pharmacie, transformée en prison d'une reme, il fallut passer par une pièce à gauche, qui y avait accès,
65o LA DERNIÈRE ANNÉE DE M A R I E- ANTOI N ETTE