‹ Les Dernières années de Mme de WarensChapitre 12 sur 21 · RELATION · texte numérisé non relu

RELATION

concernant les talens, les occicpatioîis et la conduite du sieur de Coiirtille, habitant depuis 20 ans en la ville de Chamhèry, suivant les connoissances que je soussigné j j'ai pris, en exécution des ordres de sa 3\Iajesté, portés par lettre de iM. le chevalier Fei'raris, du ly 8bre iy^6.

Le sieur Jean Samuel de Courtille, natif dudit Courtille, canton de Berne, étant sorti fort jeune de son pays, pour voyager, passa en 173 i, à Chambéry, où il fît connoissance avec Madame la baronne de Warens de La Tour, de la même nation.

Après quelques années de voyage, ayant embrassé la religion catholique, apostolique et romaine, revint en 1737 à Chambéry où la susdite dame baronne de Warens l'engagea à y rester au moyen des secours qu'elle lui fournit, en vue apparemment de lui donner de l'occupation.

Pendant l'occupation de la Savoie par

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les lilspagnols, M' le comte prcsidcnl Garhillon, pour lors avocat général au scuat, et de la Délectation générale établie en cette ville, a donné plusieurs commissions audit sieur de Courtilles, dont il s'est bien acquitté.

En 1749, Madame la baronne de Wdrcns et M" Mansord, de la ville de Chambéry, et Perrichon, de celle de Lyon, acquéreurs des mines de la haute-Mauriennc, et entrepreneurs associés des fabriques ont élus et députe ledit sieur de Courtilles inspecteur, et controlleur aux mines et fabriques susdittes, pendant l'espace de neuf années, avec Tappointement de douze cent livres par an, sa table sur le pied de trois cent livres, et le logement et l'entretien d'un cheval, ainsi qu'il résulte par ses conventions qu'il m'a exhibées, du 14 8bre 1749, et 12 7bre 1750.

Ensuite des susdites conventions, il entra aussitôt en exercice de Temploy qu'on luy avoit confié et a continué d'en faire les fonctions jusqu'au mois de mars 1752, auquel temps la susditte Compagnie ayant

par un nouveau règlement député le nommé Thoring directeur général des mines et fabriques susdittes, il entra en négociation avec le sieur de Courtilles afin de le porter à renoncer à son employ d'inspecteur et controlleur d'icelles, comme en effet par contrat du 12 mars 1752 il s'en départit moyennant la pension de six cents livres par ans, que ladite Compagnie luy a accordée pendant six années à commencer le i^*" juillet de ladite année 1752, et à finir le 30 juin 1758, qui est justement le terme que devoit durer son employ d'inspecteur et controlleur.

En outre la ditte Compagnie a expédié en faveur dudit sieur de Courtilles, un certificat en datte du 14 mars 1752, portant sa déclaration qu'il avoit exercé pendant trois années le susdit employ avec toute habileté activité fidélité et probité.

Dans la même année 1752, Sa Majesté, par des pattentes du 30 8bre, a accordé à Madame la baronne de Warens et audit sieur de Courtilles le privilège exclusif de ia recherche et excavation du charbon de

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pierre et de terre, soit trouille (sic;, dans les provinces de Savoyc. — Comme ils n'avoienl pas les f(Mids à ce nécessaires, ils ont associés M" La Courbière et Bérard, de Genève qui ont entrepris l'excavation du charbon à Arraches, dans la province de Fanci^my, mais jusqu'ici laditte entreprise n'a pas produit l'effet qu'on s'ctoit proposé et l'excavation en est arrestée.

Apres avoir dctaillc les occupations que ledit sieur de Courtilles a eu pendant l'espace de 20 ans qu'il resta à Chambcry, je passe aux qualités personnelles que je lui ai connu à la suitte de plusieurs entretiens qu'à ces fins j'ai eu avec lui

Il a de l'esprit de la vivacité. Il marque du goût, et quelque intelligence en tout ce qui ressort de l'exploitation des mines et l'excavation du charbon. Il s'énonce bien. Il parle un peu volontiers et même il scait bien faire valoir tout ce qu'il a fait. Bailleurs par les connoissances exactes que j'ai pris il ne m'est revenu rien d'équivoque ni sur sa conduite ni sur ses mœurs.

Il s'est marié il y a quatre ans avec la

fille du nommé sieur Bergonsi de la ville de Moutiers et jusqu'ici heureusement pour lui il n'a point d'enfans.

Suivant les ordres de Sa Majesté portés par la lettre de M*" le chevalier Ferraris du ... de Tannée dernière, je donnai audit sieur de Courtilles la commission d'inspecteur aux réparations des chemins pendant l'été passé dont il s'en est bien acquitté, mais comme la pension de L. 600 dont il est fait mention ci-dessus touche bientôt à sa fin il est certain que cette inspection ne pourroitpas lui fournir de quoi subsister puisque les travaux qui se font en réparation des chemins ne pourroient l'occuper que par intervalle pendant l'espace de quatre ou cinq mois tout au plus. — Un poste fixe dont il pût faire usage des connoissances acquises seroit vraiment ce qui lui conviendroit. — C'est aussi ce qu'il demande pour se procurer une subsistance, mais la Savoye n'en fournissant aucun à présent, ce n'est que de là les monts qu'il pourroit l'obtenir, en cas que Sa Majesté veuille daigner le lui accorder, et l'en-

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couraji^cr parla h persévérer dans la religion qu'il a embrassée.

Chambcry le i8 xbre 1737.

Quelques semaines après, les deux associés envoyaient encore la supplique suivante au Comte Capris de Castcllamont, pour obtenir l'autorisation d'afficher la mise en vente des charbons qu'ils avaient extraits de leur houillère d'Arache :

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