NOTTE DES ÉTRANGERS
actuellement intéressés, employés et ou-
DE iMADAML DL WAKLNS I7I
vricrs travaillaiiL aux minières de la haute Maurienne, présentée à la Royale Chambre des Comptes, en conformitc5 des Lettres pattentes de Sa Majesté du 7 avril dernier pour la 1(W d'aubaine
Camille Pcrrichon, chevalier de l'Ordre du Roy, conseiller d'Etat ordinaire, ancien prévost des marchands et commandant de la ville de Lyon, principal intéressé.
François Perraud La Branche, conseiller du Roy Membre de TUniversitc de Paris, cessîonnaire et associé aux mines situées dans la paroisse de Bramans.
Etienne Durand, commis, natif de Mont Carrât en Dauphiné.
Thomas huieling, natif de Fielberg, province de Deux-Ponts ;
Frédéric Kraous, caporal mineur, saxon;
Godlip Pennot, id, mineur ;
Godlip Vogt, id ;
David Vogt, id ;
Jean Repail, mineur, Tirolien ;
Paul Tessonster, id ;
Antoine Bourga, id ;
Jean Bourga, id ;
Joseph Bergner, id ;
Ignace Berlioz, id ;
Jean Bessay, mineur, Forisien ;
Joseph Canova, charbonier, Milanois ;
Dominique Jengana, id ;
Je soussigné, Joseph Thorin, de la paroisse de Chesne, en qualité de directeur des mines de la haute Maurienne, dépendant de M. Perrichon, déclare que tous les susnommés sont actuellement employés aux travaux desdites minières.
En foy de quo}^ j'ai signé la présente notte, par ordre dudit M. Perrichon.
Chambéry le 16 juillet 1758.
Signé Thorin, directeur.
De son côté, Mme de Warens, pauvre au point de ne pouvoir disposer d'un écu, écrivait encore au baron d'Angeville :
Ce 21 septembre 1758 Nezin.
Monsieur Je n'ay put me résoudre mon cher Baron, d'avoir Ihoneur de vous écrire, que je neu enfin quelque chose de ter-
DE AtADAMI. Di: WARENS I73
mine/, ccpcndciU comme il faudroils des volume pour vous instruire par écri des avantures quil mariven, aux sujets de ma peauvre fabrique de terraillies, qui me douent pour le moins autcnt de peines que le fameux d<Miquichotte de la menche, en éprouvât autre foy dens sa montagne noire, pour vous mètre tout a coup aux fets de toutes ces choses, je prends la resolution des que je pouray avoir un ecus a ma dispositions, de vous envoier mon embassadeur, qui vous expliqueras le tout, et vous vairez mon très cher Baron par preuve, que bien loins que votre stille sinseire mèloigne de vous, que je vous suis sinseirement atachees pour le reste de ma vie et vous en vairez des preuvent, lorsque mon embassadeur auras Ihoneur de vous faire sa reverance ce qui seras le plus tôt quil me seras possible, par la raison que je vous ait expliques cy dessus prenez un moment de patience, je vous prie, et conservez moy vôtre chère amitié, ne doutes james de la sinserites de la mienes et me croire jusques aux
trépas avec un entier dévouements et la plus respectueuse considérations
Monsieur et très cher Baron Votre très humble et très obeisscnte
servante La Barone De Warens De La Tour.
Chambery ce 2 1 7bre
M"" Danel vous présente ces très humbles obeissence et remersiements de Ihoneur de votre souvenir.
En publiant ce document dans sa Note sur Madame de Warens, Jacques Replat fait remarquer que cette lettre a, comme suscription, la même adresse que celle du 15 octobre 1756; il ajoute. (( Celte fois, madame de Warens n'a pas scellé de son cachet aristocratique, de son grand cachet d'homme-d'affaires ; mais elle a mis un tout petit cachet qui représente un discret amour, le doigt sur la bouche, et entouré de cette devise : Muto non sicco (muet, mais toujours tendre).
1)1 A\AI>\^\I. 1)1. WAlUùNS 175
(( Au bas de la Ictlic du 15 octobre 1756 cl de celle de 21 septembre 1758, où dominent les sentiments religieux et graves, ce petit cachet avec sa devise ne complètel-il pas nuuhiinc de ^\^lrc^s > 11 montre bien ce qu'elle ctail : à la fois pieuse et légère. El ce cachet mignon n'est-il pas un argument pour ncUrc adage de tout à l'heure : a La vieillesse n'est permise qu'aux hommes > ))
Replat fait ensuite, au sujet du postscriptum de la IcUrc du 21 septembre 1758, une série de conjectures, sans portée depuis la publication que fit M. de Saint- Genis. en 1S69, dans son Histoire de Savoie, de l 'acte mortuaire de Claude Anet, enterré à Chambéry le 14 mars 1734.
Dans son livre Les C h. innettes, Arsène lîoussaye cite en note, page 264, un billet sans date de Mme de Warens (( qui prouve, dit le spirituel écrivain, une fois de plus sa folie pour les simples » :
Cy Monsieur le Baron vouloit ce don-
ncr la peine de livrer une copie de ce manuscrit pendant un jour que M. Danel aura l'honneur de rester au près du luy ; et de sinformer a Annecy combien il en couterois pour en faire imprimer deux cent exemplaire en bon caractère de saintogustin et bon papie, je lui serois fort oblige de mendoner réponse ; je trouve que cela conviendrois bien mieu d'être donez aux public que les orviétan et il y aurois plus d'honneur et de profit à ce remède, que je recommande à la protection de mon sieur le baron Daneville et il obligeras sa très humble servante,
La baronne De Warens De La Tour.
Ces quelques lignes paraissent compléter la missive du 21 septembre 1758, par l'exécution de la promesse que la baronne y avait faite, au destinataire, de lui envoyer son embassadeur. Quoi qu'il en soit, Mme de Warens écrivait encore, dès les premiers jours de Tannée suivante, à son créancier d'Annecy :
cA tMonsi'cur [Monsieur 'Dr Lambert^ baron d'cAtii^^cvillc, à La Caille près ci* ^Annecy A La Caille.
Ce 20'' janvier 1759. Nezin.
Monsieur, Serait-il possible, mon cher baron, que vous eussiez le courage de continuer votre silence dans cette nouvelle année > Je vous ai offert mes vœux les plus sincères [à V] occasion des saintes fêtes de Noël ; je vous les réitère dans ce renouvellement d'année, priant Dieu qu'il lui plaise vous l'accorder des plus heureuses, avec grand nombre d'autres comblées de toutes sortes de bénédictions, et que, dans tout le cours de vos prospérités, que vous ayez la bonté de ne pas oublier entièrement la pauvre veuve qui prie Dieu tous les jours pour vous. Soyez-en, je vous prie, bien persuadé, de môme que du parfait attachement et du respect avec lequel j'ai l'honneur d'être
Monsieur et très-cher baron
Votre très humble et très obéissante servante La baronne De Warens De La Tour.
Le pauvre M' Dancl est comme moi très en peine de votre silence ; il vous prie de vouloir agréer son plus profond respect.»
L'original de cette lettre est à la Bibliothèque de Genève ; en la publiant dans sa remarquable étude, Jean-Jacques Rousseau et Madame de Warens ; notes sur leur séjour à Annecy d'après des pièces inédites, Théophile Dufour a dit fort judicieusement : (( Elle offre, comme la missive du 21 septembre 1758, un post-scriptum qui mentionne le pauvre ?i/. T>anel. Replat (qui écrivait en 1855) a pris ce personnage pour Claude Anet, dont on n'avait pas, encore, retrouvé l'acte de décès, comme si Jean-Jacques avait pu inventer de toutes pièces le récit de la mort de l'herboriste ! En réalité, Mme de Warens, qui avait perdu Claude Anet en 1734, a eu à son service, plus de vingt ans après, en 1758 et 1759, un sieur Danel. Est-ce toujours le secrétaire qui, le 15 octobre 1756, se mourait d'un abcès dans la poitrine et venait de recevoir tous ses sacrements ?
Est-ce son successeur } Je l'ignore, mais une chose paraît certaine : c'est en allant aii\ informations, vers 1785, auprès des vieillards qui avaient connu Mme de Warens et son intérieur, que le médecin Doppet aura appris l'existence de ce Danel, dont on pouvait fort bien se souvenir, surtout s'il a\ait vraiment survécu à sa maîtresse, et, c'est grâce à la ressemblance fortuite de ces deux noms, Ajict et ©jiicl, qu'il a pu échafauder ses romans, les (Mémoires de (Mme de Warens, les tMévioires de Claude cAnet, les Méjiioires du chevalier de Courtille, ces absurdes et plates supercheries qu'on s'étonne de voir encore citées de nos jours. ))
Cependant, les démarches que Wintzenried et Mme Warens avaient commencées, au printemps de 1758, pour l'écoulement à Genève du charbon provenant de leur mine d'Arache, — lesquelles avaient abouti à la permission d'exporter 15000 quintaux, mais par voie de terre seulement, — semblaient entrer dans une
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phase décisive. En effet, le Registre copie des lettres de l'Intendance Générale de Savoie-Genevois, années 17 59- 1760, conservé aux Archives départementales de la Haute-Savoie, contient le document suivant :
U Intendant Général, SV/^" Joseph Capris, comte de Castellamont à (M, Passier, Intendant à Annecy,
— Du 9 juillet 1759 —
Madame la baronne de Vuarens de La Tour ayant supplié S . M . de lui accorder la permission de faire descendre par la rivière d'Arve jusqu'à Genève six à sept radeaux chaque année pour le transport à la dite ville, du charbon qu'elle fait exploiter à Araches. Il m'est nécessaire de savoir si ces radeaux pourront flotter sans que l'on ait à faire des ouvrages où sur les bords où dans les fonds, et en quoi ils peuvent consister et qu'elle en seroit la dépense. Comme S. M. avant de se déterminer à accorder la permission dont Elle a été
DE MADA.MF UF. WARKNS l8l
supplice, veut cire (îclaircc sur ces faits. Je m'adresse à vous, M', qui connaissez la dite rivière et savez les clTcts que peut faire le flottement des radeaux en vous priant de me procurer au plus tôt possible tous les éclaircissements dont s'agit , accompagnés de toutes vos rcflections sur cette affaire qui ne saurait être plus délicate. J'ai l'honneur etc.
La mcmc registre contient aussi la réponse que fit l'Intendant :
Monsieur
J'ai eu l'honneur de vous envoyer.
Monsieur, avec ma lettre du i^*" octobre 1756, un mémoire assez étendu au sujet d'une demande de M*" le Baron de Vallérieux, à peu près de même nature que celle que Madame la Baronne de Warens De La Tour fait aujourd'huy à S. M., et je crois que les notices, qu'il renferme pourront suffire pour vous mettre en état de donner votre avis sur la requête de cette Dame. Vous observerés en particulier
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que les radeaux, pour lesquels elle demande la permission, n'exigent aucun ouvrage à faire sur les bords de la rivière d'Arve ; puisque non seulement le S"" Saddet y en a fait flotter depuis la paroisse d'Arenthon ; mais qu'il en est encore venu clandestinement il y a quelques années depuis le Haut-Faucigny jusques à Genève sur cette rivière.
Ce qui établit sans réplique la possibilité du flottement de ces radeaux, bien loin de porter aucun préjudice à qui que ce soit, servent au contraire à rendre les rivières insensiblement navigables, et à prévenir les dégâts, qui suivent ordinairement leurs excrescences causées par la fonte des neiges et de grandes pluyes. En ce que ces radeaux, en heurtant contre les bancs de sable, donnent lieu aux cours de l'eau de s'y insinuer ; et par conséquent d'en débarrasser le lit de ces mêmes rivières.
Si cependant vous souhaitiés quelques informations ultérieures sur cette matière, Je me ferai un plaisir, et un devoir de vous les communiquer aussitôt.
Votre 1res humble et trcs obéissant serviteur
Dl Passier
Annecy ce lo Juillet 1759 M*" Le Comte Capris De Cam llla.mo.nt Chambéry
M"'^ de Warcns descendait alors les derniers échelons de la misère. L'hist')irc en a la preuve dans le document suivant reproduit, mais en anglais, dans le remarquable ouvrage de Bayle St-John : The subalpine Kingdom.
En traduisant le IIî' chapitre du premier volume de cet ouvrage, la Revue britannique de juin 1856, huitième série, i'"'' année, donne, aux pages 381 et 382, avec les réflexions de Fauteur cité, la substance, d'après le texte anglais, de cette lettre, datée du 10 mars 1760 : (( On y voit Mme de Warens, réduite à la plus triste condition, cherchant à vendre l'influence qu'elle possède sur quelques personnages puissants. Nous ne savons à qui elle est adressée. ))
Monsieur, suivant le mandat que vous m'avez donné de rechercher les titres dont vous avez besoin pour obtenir, au profit de votre Compagnie, une solution favorable dans l'affaire Lalement, j'ai découvert, grâce à l'aide de mes patrons, un moyen assuré de me procurer en original la pièce que vous savez, si toutefois elle existe encore dans les bureaux du ministère espagnol. Si l'on ne parvenait pas à la découvrir, nous obtiendrions de l'infant D. Philippe un ordre pour le marquis de Lancerade, ou l'intendant Deville, lesquels fourniraient une déclaration authentique certifiant que le document a existé à la date mentionnée dans le mémoire que vous m'avez remis. Voilà ce que je suis prête à faire pour vous, moyennant que vous me procuriez, par le moyen de vos associés de Lyon, une somme de vingt à vingt-cinq louis, devant servir aux dépenses indispensables. Je vous rendrai compte de l'emploi de cette somme. Vous savez que vous pouvez vous fier à moi, ma conduite et ma probité vous sont assez
connues, ainsi que mon zèle pour votre service. Si vous voulez que nous réussissions, il se faut hâter, la personne qui doit agir se trouvant sur le point de se rendre auprès de l'infant, etc., etc.
Quant à la récompense que vous
m'avez promise en cas de succès, je compte bien que vous tiendrez votre parole. Je ferai tout au monde pour mener l'affaire à bien. Mais si vous ne m'envoyez pas immédiatement le petit secours que je vous demande, rien ne peut réussir. Rien ne sort de rien.
La baronne de Warens de La Tour.
(( Le sentiment d'une nécessité pressante a pu seul dicter ces lignes, qui sans doute furent écrites la rougeur au front», ajoute Bayle St-John. Cet écrivain, s'exprimant il y a près de trente-cinq ans, formulait, dès lors, un jugement remarquablement pondéré sur la baronne, dans l'ensemble du IIP chapitre, qu'il lui consacrait, au premier volume de son ouvrage, auquel tout critique, s'intéressant à Jean-
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Jacques, devra toujours se reporter quelque peu, pour échapper aux absurdes déductions du rigorisme puritain.
Cependant il était écrit que Mme de Warens ne sortirait jamais de l'engrenage des affaires. Le croirait-on > peu de temps après avoir commis la lettre du lo mars 1760, la baronne rachète, d'un sieur Chardon, une part d'associé dans ses entreprises et abandonne, en paiement, des quartiers de la pension que lui faisait le roi de Sardaigne ! L'acte figure, en ces termes, au 2^*^ volume de 1760, folio 173, des registres du Tabellion de Chambéry :
RETROCESSION pour la dame baronne de Warens de La Tour, par le sieur cAntoine Chardon, né, bourgeois, et habitant de Chambéry, portant la somme de L. 11 jg. 18. 2.
L'an mille sept cent soixante, et le vingt huict du moisde may,à Chambéry, à deux heures après midy, au feaubourg de Nezin, dans la maison ou habite la dame baronne de Warens de La Tour : parde-
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vaiU mni noUairc royal collcgié soussigné, et présents les témoins bas nommés, s'est en personne établi et constitué le sieur Antoine fils à feu humbcrt Chardon, ne, bour^^eois et habitant de la présente ville ; lequel de gré pour luy et les siens, recède, quitte, remet, transporte, et rétrocède à dame Françoise Louise Eléonore, fille de feu noble Jean Baptiste de La Tour, baron d'empire, épouse de feu Isaac Sebastien de Warens, native de Vevay païs de veau en Suisse canton de Berne, habitante dudit Chambéry, ici présente et acceptante pour elle et les siens, à scavoir généralement tous les mêmes droits et prérogatives qui luy ont été faittes, et au sieur Claude Vidal son associé par feu spectable Jean Charles Perrin, par contract passé entre eux le septième aoust mille sept cent cinquante sept, receu par je nottaire soussigné, icellui dérivant d'un autre contract portant département en faveur de ladite dame baronne de Warens, par ledit feu sieur Perrin, du huictième mars mille sept cent
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cinquante quatre, receu de même par ]é dis nottaire soussigné, à la teneur desquels les parties se raportent pour la généralité des choses rétroceddées, tout comme si par le présent ils étoient répétés de mot à mot, et sous les mômes clauses y contenues, ceddant le dit sieur Chardon par exprès à la ditte dame baronne de Warens toutes antériorités de dattes, primauté d'hypothèque, nature, privillège de créances et clauses de constitut dérivants d'yceux, La met et subroge en son propre lieu, droit, et place, la constitue pour sa procuratrice spéciale et générale, avec pouvoir de constituer et substituer, sous toute due élection de domicile, tant pour agir que pour exciper, ainsi et comme elle verra à faire, néanmoins contre tous autres, que contre le dit ceddant, le présent transport, et rétrocession faitte de la part dudit sieur ceddant à laditte dame baronne de Warens, pour, et moyenant le prix, et somme d'onze cent septante neuf livres dix huict sols deux deniers, eue et reçue réellement
ladillc somme par Icclil siciir Chardon, en la remission que luy a fait ladilte dame baronne de Warcns, de partie de ses quartiers à prendre sur la thrésorerie générale de cette ville, provenant de la pension via<^^àre que Sa Majesté luy a fait, jusques à concurrance de laditte somme d'onze cent septante neuf li\ res dix huict sols deux deniers, et suivant le compte amiablement fait entre lesdittes parties, en la présence dudit Vidal associé pour lors dudit sieur Chardon, ainsi qu'icclles parties le déclarent, en présence de moi ditnottaire, et témoins, icellui compte arretté sous la datte du dix neuf mars mille sept cent cinquante huict, à laquelle somme d'onze cent septante neuf livres dix huict sols deux deniers, le capital et intérêts, de même que la facture du contract du septième aoust mille sept cent cinquante sept a été réduit, jusqu'à ce jour ; et comme bien content, et satisfait ledit sieur Chardon, tant à son nom qu'au nom dudit sieur Vidal d'ici absent, en quitte et libère laditte dame baronne de
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Warens, avec promesse de n'en plus jamais rien demander ny rechercher, en jugement ny dehors, aux peines que cy après, et en signe de vrai acquittement et libération, ledit sieur Chardon a manuellement remis à laditte dame baronne de Warens, les sus indiqués contracts, sur lesquels il a été annotté par moi dit nottaire soussigné, qu'au moyen du présent ils se trouvent duement solvittés, et ce ont fait lesdittes parties par mutuelle et réciproque stipulation et acceptation, ont promis et promettent inviolablement exécuter le présent, ny d'y venir au contraire, directement ny indirectement, aux peines respectives de tous dépens, dommages, intérêts, à l'obligation réciproque de tous et un chacun leurs biens présents et avenirs, avec constitution d'yceux, et autres clauses requises de droit, fait, et prononcé audit lieu, les an, jour, et heure que dessus, en présence de M^ Louis Sognoz, procureur au sénat, et de M^ Jean Danel, tous deux habitants de la présente ville, témoins requis, lesquels avec lesdittes
parties ont sij^^ncs sur la niinuttc de je nottairc soussigné, de ce recevant requis, contenant le pressent et par moi écrit, y compris mon verbal, et sii^niature deux payées et demi, que j'ai levé pour le tabellion, après due collation faittc sur maditte minuUe.
Signé Cagnon, notaire.
Il y a plus fort. L'année suivante Mme de Warcns passait un nouvel acte par lequel noble de Courtilles lui vendait tous les droits résultant, pour lui, des privilèges qui leur avaient été accordés, conjointement, dans les Patentes royales du 30 octobre 1752. Wintzenried cédait, en outre, tout ce qui pouvait lui revenir ou lui être dû, comme actionnaire de la société qu'ils avaient formée pour Texploitation de leurs privilèges. Pour prix de cette cession complète, Mme de Warens fromettait de payer 1,355 livres, par annuités de 150 1., à prendre, à partir du 23 avTil 1762, sur la pension qui lui
avait ctc Icguéc par Mgr de Rossillon de Bernex, et, d'autre part, par un versement annuel de 100 livres. Le sieur de Courtilles abandonnait ce qui pouvait lui être dû, pour avoir dirigé les travaux de mines, en Tarentaise, du 28 octobre 1753 au 24 juillet 1754 ; il remettait ses comptes de recettes et dépenses, ainsi que le Livre des délibérations de la Société^ tenu par lui. Voici l'acte probant, tel qu'il est inséré, folio 182, au deuxième volume, année 1761, des registres du Tabellion de Chambéry :