VENTE
en faveur de dame Françoise Louise Eléo-
nore de Latour, baronne de Ware?is, par
noble Jean Samuel Rodolphe Wintzin-
dried de Cour tille portant en capital la
somme de L. /J55.
L'an mille sept cent soixante un, et le huictième may, à Chambéry, au feaubourg de Nezin de la présente ville, dans la mai-
Uh AiAi>A.MK hL WAKEN8 I93
son criKihilali< 'Il iIl la daine baronne de Waien.s, mit les trois heures après midy, pardevaiU moi notaire royal coUé^né soussigné, et présents les témoins bas nommés, s'est pers(Miii(:llcniciU établi, et eonsiituc noble Jean Sanuicl Rodolphe de Courtille, natif de Courtillcs, païs de Veaux, canton de Hcrne en Suisse, résidant en la présente \illc, lequel de gré, pour lui et les siens, vend, cedde, quitte, remet, transporte, et abandonne, purement et simplement, de la meilleure manière que faire se peut, de droit, à laditte dame Françoise Louise Eléonore, fille de feu noble Jean-Baptiste de La Tour, baronne de Warcns. native de \''cvay en Suisse, aussi résidente de cette ville, icy présente et acceptante, pour elle et les siens, à sçavoir tout le droit appartenant audit noble vendeur en conséquence des privillèges par lui obtenus, conjointement avec laditte dame achepteuse, concernant la recherche, et excavation des minières de charbon de pierre, de terre, soit houllie, rière toutes les provinces de Savoye,
comme se voit des privillcges à eux accordés par Sa Majesté le Roy de Sardaigne, s'ous la datte du trente octobre mille sept cent cinquante deux, en un mot ledit noble vendeur vend, cedde, remet, quitte, trans porte, abandonne et relâche à laditte dame baronne de Warens, la généralité de tous ces mêmes droits, en quoy qu'ils consistent, et puissent consister, portés par contract qu'il a passé le onzième décembre mille sept cent cinquante cinq Daviet notaire avec le sieur Simon fils de sieur Pierre Bérard de Genève, agissant tant à son nom, qu'à cellui desdits sieurs Pierre Bérard et fils, voulant lesdittes parties, et entendant que ledit contract fasse corps au présent, tout comme si son contenu étoit répété de mot à mot au sujet de laditte vente, cession et relâchement des droits cy dessus ceddés, eu égard que ledit sieur Bérard ne s'est exécuté dans le tems en ce qui pouvoit le concerner, a teneur dudit contract, et en outre ledit noble de Cortilles, vend, cedde quitte et remet à ladite dame, tous droits et fonds
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a lui appartenants clans ladittc compagnie, sans s'y rien rcscivcr, ainsi et de la même manière qu'est stipulé dans le susdésigné contract de vcntc,dc même que tout ce qui peut lui cire dcuh, à Icncontre de laditte compagnie, suivant l'état de receple et dépenses qu'il a faittes par la recherche et excavation dcsdittcs mines de charbon en Tarcnlaise, commencé le vingt huit octobre mille sept cent cent cinquante trois, et qui a finit au vingt quatre juUict mille sept cent cinquante quatre, lesquels comptes de receptc et dépenses ont étés approuvés et signés, le onzième décembre mille sept cent cinquante cinq, par la dittc dame baronne de Warens, et par lesdits sieurs Pierre Bérard, et fils, at lesquels comptes le dit noble de Courtilles et manuellement remis à ladite dame baronne de Warens, au vu de moi notaire et témoins, de môme que le livre de délibérations par lui tenu, concernant la société contractée entre eux, occasion desdittes minières, ensemble les origmaux des privillège.s accordés par Sa Majesté, avec encore le susdit contract de
vente fait audit Bérard, le onze décembre mille sept cent cinquante cinq Daviet notaire, de tous lesquels droits laditte dame pourra en exciper, et exp. . . . contre qui elle verra à faire desdits associés, néamoins contre tous autres, que contre son cédant, ledit noble de Courtilles mettant et coUoquant laditte dame, en son proprie lieu, droit, et place, la constituant pour sa procuratrice spéciale et générale, avec pouvoir de constituer, et substituer, sous due élection de domicile, et sans dérogation à la cession cy devant, la présente vente, cession, relâchement, transport et abandon, fait pour et moyenant le prix et somme de treize cent cinquante cinq livres, que laditte dame promet payer audit sieur decourtilles, comme sera cyaprès expliqué, premièrement en l'assignation de la somme de cent cinquante livres, qu^elle luy donne à prendre chaque année, envers le fermier du seigneur doyen de Mont St Jean pour une pention viagère à elle due, et léguée par monsieur de Ro % illon de Bernex, évèque, et prince
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de Cjcnèvc, affcclcc sur la terre de Sallon- ^c, à commencer le i^iemier payement, le vin«xt tr(»is avril mille sept cent soixante deux, cl cil la promesse c]iie fait encore laditte dame audit noble decourtilles de luy compter aussi chaque année la somme de cent livres de Savoye, dont le premier payement écherra aussi le susdit jour vingt trois avril de Tannée prochaine, et répartitement d'année en année, jusqu'à extinction et (niai payement de la ditlc somme de treize cent cinquante cinq livres, néanmoins sans intérest pendant tout ledit tems, et pour que ledit noble de Courtilles puisse retirer chaque année du fermier de Sallonge laditte somme de cent cinquante livres donné en assignation, et pour en poursuivre l'exaction, laditte dame lui a laissé la même procure qu'elle lui avoit passé le vingt un aoust mille sept cent cinquante quatre reçue Pétroz notaire, avec liberté néanmoins de se servir de tel procureur que bon lui semblera, en déclarant encore laditte dame que le dit noble de Cortilles lui a fait un
compte exact peu auparavant le présent de la gestion qu'il at eu occasion de ladite procure, le tenant pour duement libéré par la promesse qu'il fait de remettre à laditte dame la quittance du Boulanger dont est parlé dans ycelle, et au moyen de laditte promesse et de l'effectuation des engagements portés par le présent, de la part de laditte dame baronne de Warens, ledit noble decourtilles en étant bien content, et satisfait, la quitte et libère des à présent comme pour lors, de laditte somme de treize cent cinquante cinq livres, prix de la ditte cession, avec promesse de n'en plus jamais rien demander, ny rechercher en jugement ny dehors aux peines que cy après ; promettant aussi de son costé laditte dame de relever des à présent ledit noble de courtilles envers ses dits associés, de tous engagements généralement quelconques qu'il pourroit avoir prit, tant par écrit de main privé, public, qu'autrement, et de quelle manière que ce soit, aussi de tout le passé jusqu'à cejourdhuy, occasion de leur ditte société, et de
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le relever des à présent, ainsi qu'elle le relève des à présent, ainsi cju'elle le relève de toute niolestie qui pourroit lui être faitte à l'avenir aussi aux mêmes peines que cy après ; étant convenu en nutre entre lesdittes parties que laditte dame ne pourra point donner aucun mandat à qui que ce soit sur le fermier de laditte terre de Sallon^e, qu'au préalable ledit sieur de Courtilles ne soit payé de la somme capitale cy dessus, à défaut de quoy lesdits mandats seront censés comme non faits, et de nulle valleur, et ce ont fait lesdittes parties par mutuelle et réciproque stipulation, et acceptation, ont promis, et promettent observer tout le contenu au présent, chacune en ce qui la concerne, aux peines respectives de tous dépens, dommages, intérêts, à l'obligation, et constitution réciproque de tous et un chacun leurs biens présents et avenirs, qu"à ces fins elles se constituent respectivement tenir, et sous toutes autres dues promesses, soumissions, renonciation et autres clauses requises de droit, fait et prononcé audit
lieu, les an, jour et heure que dessus, en présence du sieur Jean Danel, ancien citoyen de la ville de Genève, et du sieur Pierre de Sale marchand épicier tous deux habitants de la présente ville, témoins requis, lesquels avec lesdittes parties ont signés au bas de ma minutte, contenant le présent sur ycelle, et par moi écrit y compris mon verbal, et signature cinq pages, Levé et expédié pour le tabellion, après due collation faitte sur ycelle, quoique par autre soit levé. Ainsi est.
Signé Cagnon, notaire.
Ainsi, la conclusion, à tirer de ce document, est lumineuse comme le jour. Engagé de rester à Chambéry par la baronne, dès 1737, c'est-à-dire, à l'époque même où elle s'associait au fameux Mathieu Casse de la paroisse d'Orelle ; investi en 175 1 de sa procuration spéciale et générale, Wintzenried a dominé la vie de M™^ de Warens au point que le dernier acte notarié de la pauvre femme sera passé en sa faveur et que, surprise par la mort, elle
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restera insolvable à l'cgard de son acolylc. Rousseau n'est donc aucunement responsable, ni (le la dircclioiî cjuc M""= de Warens donnait à sa vie après son départ, ni des tracas sans nombre qui assaillirent l'ûge mur cl la vieillesse delà baronne. La mémoire du f^rand écrivain est enfin lavée, au tribunal de rilistoirc. de tous les reproches dont les phraseurs l'ont accablée, jusqu'à nos jours.
M'"*" de Warens avait loué, par asscncemenl privé, le 20 mai 1756, du sieur Flandin, le petit logement qu'elle occupait à Nezin ; le i 5 avril 1761, clic passait un nouveau bail, partant du i""" juillet suivant, au loyer annuel de 125 livres, avec le notaire Claude Crépine, acquéreur de l'immeuble. Le 29 juillet 1762, à dix heures du soir, elle mourait dans cette maison, qui existe encore. Le dénûment de la baronne était tel que le genevois Jean Danel, son homme d'affaires, qui vivait auprès d'elle, dut faire l'avance des frais d'enterrement.
DE
APRÈS LA MORT Dli
MADAME m: WARENS
La cote de la maison mortuaire de M*"*^ de Warcns lig:ure, parmi les propriétés de Charles Flandrin, au Cadastre général — 1738 — de Fancienne commune de Pugnet La Croix-Rouge, dont le territoire fait, aujourd'hui, partie de la commune de Chambéry. Les biens de Charles Flandrin étaient devenus, avant 1761, la propriété de Claude Crépine, dont le fils les vendit, en 181 3, aux frères Benoit. D'après les données du Cadastre général, conservé aux Archives départementales de la Savoie, — Série C. N*" 3695, — la dernière maison qu'habita l'amie de Jean-Jacques, ici-bas, porte, de nos jours, le SY° 66, et non 56 comme je l'indiquais dans La conversion de (Mme de Warens.
Cette maison joua un certain rôle dans la succession de la célèbre baronne qui, le croirait-on, ne fut liquidée qu'en 1776.
Déterminons toutes les phases de cette singulière affaire.
Dès le mois, qui suivit le décès de Mme de Warens, Jean Danel demanda la gratification de Yaubaine de la morte. En effet, le registre des minutes de lettres de l'Intendant général de Savoie, 1760-1765, conservé aux Archives départementales de la Savoie, — Série C. N° 132, — contient, à la date des 28 août et 17 novembre 1762, les deux lettres suivantes de l'Intendant gé. néral de Savoie, le comte Capris de Castellamont, à M. Mazé (qualifié, dans d'autres titres des Archives départementales, (( Officier du bureau des Affaires Internes, à Turin » ), au sujet des meubles de peu de valeur laissés, à son décès, par Mme de Warens :
Du 28 aoust 1762
M. Mazé. — Je prendrai les connoissances nécessaires sur la supplique de
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Jean Oancl de Genève, habilanl à (>hambéry que j'ai rcv;u jointe à la lettre dont vous m'avés honoré, Monsieur, le 25 de ce mois, au sujet de la gratification qu'il demande de l'aubcinc de feue Madame la barronne de Warens pour vous la restituer accompagnée de ma relation, mais je prévois déjà que les dettes qu'elle a laissé absorberont cl au delà le peu de meubles qu'elle a\'oit.
Du 17 novembre
M. Mazé. — En accusant la réception de la lettre que vous avés addressé à M. le Subdélégué Masson le 13 de ce mois, qui ne me fournit aucun sujet de réponse, j'ai en même tems l'honneur de vous restituer cy inclus, Monsieur, la supplique de Jean Danet de Genève, qui me parvint dans celle du 25 aoust dernier, au sujet de l'aubeine de feue Madame la baronne de Warens.
Comm'après son décès je fis à toutes bonnes fins cachetter la chambre dans laquelle le peu de meubles par elle délais-
SCS étoient renfermés, et que j'en fis ensuite dresser l'inventaire, j'en addressai les verbaux à M*" le Procureur général du Roy, par lettre du 1 1 ybre dernier.
J'eus l'honneur de vous prévenir, Monsieur, par la mienne du 28 aoust précédent, que je prévoyois bien que les dettes qu'elle avoit laissé absorberoient au delà le peu de meubles qu'elle avoit. J'en préviens également M'" le procureur général, et c'est naturellement par cette raison et celle du peu de valeur d'iceux qu'il n'a pas cru devoir m'accuser la réception de ces verbaux, ni me rien mander à cet égard, ou peut-être ses occupations ne lui en ont pas donné le tems.
Si vous jugez à propos, Monsieur de lui en parler, vous serés à même de voir ce qu'en conséquence il conviendra de faire, relativement au contenu en ladite supplique.
J'ai etc.
Ces minutes ne sont pas signées par l'Intendant général de Chambéry, qui,
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dès le 3 septembre, rendait l'ordonnance suivante, conservc^e aii\ Archives dcfpartementales de la Savoie, — C, 62, — par laquelle il prcscfi\ail la rédaction d'un inventaire des meubles et effets dcilaissds par Madame de Warens qui tombait, en sa qualité d'étrangère, sous l'application de la loi d'aubaine :
Du 3'-'"'' 7bre 1762 Ordre à M'' Ruffard, g-rcfficr
Ayant été informé que dcm*'"'' Eléonore de Varens barone de LaTour est décèdée en cette ville ab intestat et étant du service d'empêcher que les meubles et effets qu'elle* a délaissé ne s'écartent pas, nous commettons à touttes bonnes fins M""* Ruffard greffier de cette intendance générale pour procéder à l'inventaire d'iceux et pour en établir gardiateur Claude Danet qui étoit au service de ladite feu dem"^^'^ et qui occupe encore le logement qu'elle avoit chargons ledit M'^ Ruffard de dresser verbal de ce que dessus pour
nous être rapporté et en faire usage suivant que besoin sera
A Chambéry le 3 7bre 1762.
Ruffard fit l'inventaire, qu'il lui était commandé, le jour même et le lendemainde Tordonnance ; ce document, dressé et signé le i i septembre, n'a pu être retrouvé aux Archives départementales de la Savoie. Après de longues recherches, le Surintendant des Archives Piémontaises, Bollati di St Pierre, écrivait de Turin, le 4 mars 1889, au sujet de ce même inventaire, à l'Archiviste de la Savoie :
(( Ni dans les registres des Délégations, qui embrassent la longue période de 1752 à 1789, ni dans les procès, suivis en Savoie, pour l'application de la loi d'aubaine qui se terminent à l'année 1778, ni dans les documents delà Chambre des Comptes, pour la région savoisienne, on n'a pu trouver aucune trace de l'inventaire, qui a été fait le 3 septembre 1762, des meu-
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Mes cl effets délaisses, en mourant, par la baronne Louise-Kldonore de La 'I'r)ur l\c W'arens.
La seule pièce, ayant trait à cet inventaire, est un recours au Roi, d'un nommé Claude C'rcpinc, notaire, propriétaire de le maison tenue à bail par Mme de Warens, qui demande qu'on lui paie les arrérap:es de son loyer, et qu'on lui rende sa maison disponible, en vendant les meubles et effets qui a\aicnt été inventoriés.
A ce recours sont annexés, en copie, le décret de l'Intendant général en Savoie, du 3 septembre 1762, qui ordonne le rédaction de l'inventaire ; un autre décret du même intendant général, en date du 22 juillet 1768, exigeant le transport, au bureau de l'Intendance générale, de tous les objets inventoriés, et enfin un procèsverbal de (( Revêtissement d'inventaire » du 27 juillet 1768, qui fut fait à l'occasion de ce transfert. Ce dernier présente quelques particularités sur le contenu de l'inventaire du 3 septembre 1762. »
Le présent chapitre contient, plus loin, le texte in-extenso des pièces désignées dans cette lettre. Pour en finir incidemment, le registre des minutes de lettres de l'Intendant général de Savoie, conservé aux Archives départementales de la Savoie. — Série C. N*^ 132, — donne la minute, non signée, d'une autre lettre du comte Capris de Castellamont, informant le Procureur général du Sénat qu'il a fait apposer les scellés sur les meubles trouvés chez M"''' de Warens, à son décès :
1 1 septembre 1762.
M. Bréal. — Ainsi que je vous Tavois précédemment annoncé, j'ai l'honneur de vous transmettre cy inclus. Monsieur, les verbaux de cachettement des maisons qu'occupoit dem^^^ Marie Laurent, veuve de feu spectable Claude Morel, en qualité d'usufructuaire, tant rière cette ville de Chambéry que rière la parroisse du Vivier.
Je joins en même tems icy les verbaux somt (sic) inventaire des effets délaissés
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par Madame Elconorc Louise Françoise de La roui', en son \ivant cpousc de M*" le baron de Warens nali\c de Vevey, canton de Berne en Suisse.
Je dois à cet c«j:ard vous prévenir. Monsieur, ainsi que vous \c \erres par ledit inventaire, qu'elle a laissé peu de meubles, ils sont môme d'une petite valeur et infiniment au dessous des dettes qu'elle a laissé.
Il est vrai qu'elle avoit obtenu de Sa Majesté une concession pour l'exploitation des minières de charbons de pierre et de terre ricre la parroisse d'Arache en Faucigny par patentes du 3 octobre 7762 (sic) mais j'ai été informé que tant elle que ses trois associés l'ont presque abandonné par infructuosité de travail.
J'ai etc.
Puis, merveille des merveilles, les meubles et effets de M™^ de Warens restèrent, jusqu'en 1768, sous la garde de Jean Danel, en attendant que le roi de Sardaigne mît fin, en 1 776, à la situation imposée
214 APRLS LA MORT
à Crépine, en ordonnant de l'indemniser. Rousseau n'avait appris la mort de sa pauvre maman qu'en 1762, par son ancien ami des Charmcttes, M. de Conzié :
(( Vous voulez que je vous parle de notre digne amie la baronne de Warens : je vous dirai qu'elle est actuellement heureuse, puisqu'elle a quitté ce bas monde, où elle vivait accablée de maladie, de misère. J'ai toujours respecté cette aimable femme, surtout depuis l'aveu confident qu'elle me fit des motifs qu'elle avait de ne vouloir partager son cœur avec d'autres qu'avec vous, mon cher Rousseau.
(( Comme elle est morte quelques jours après mon départ de Chambéry, on m'a informé que nos financiers royaux, sous le prétexte d'aubaine, avaient fait cacheter sa cabane ; mais leur cupidité aura resté peu assouvie, puisqu'ils n'auront trouvé chez elle que des témoignages de piété, et des preuves de sa misérable situation. »
Jean-Jacques reçut ces lignes à Môtiers, en octobre 1762, quelques mois avant que.
L»i: .MAbA.ML DE WAKIiNS 21 5
dans son cc(curcmcnt, il n'abdiquât à pcrpdluitt^ son droit de bourgeoisie et de cité dans la ville et république de Genève. Que do souvenirs se réveillèrent, alors, dans son
C(eur, au souxcnircic son amie ! « (>rai- ^nant de contristcr son cœur pai* le récit de mes désastres, dit-il au Livre XII des Conjessions, je ne lui avois point écrit depuis mon arri\ ce en Suisse ; mais j'écrivis à M. de Conzié pour m'informer d'elle, et ce fut lui qui m'apprit qu'elle avoit cessé de soulager ceux qui soulïroient, et de souffrir elle-même. . . Allez, àme douce et bienfaisante, auprès des Fénelon, des Bernex, des Catinat, et de ceux qui, dans un état plus humble, ont ouvert comme eux leurs cœurs à la charité véritable ; allez goûter le fruit de la vôtre, et préparer à votre élève la place qu'il espère un jour occuper près de vous ! Heureuse, dans vos infortunes, que le ciel en les terminant vous ait épargné le cruel spectacle des siennes ! ))
Peut-être le cher souvenir de iM""^ de
2l6 APRÈS LA MORT
Warens ne fut-il pas étranger au projet, que Rousseau semble avoir caressé, à cette époque, de finir ses jours en Savoie. Il avait pensé visiter M. de Conzié, dans sa paisible solitude des Charmettes, au courant de l'été 1763 ; peu après, il lui adressait la lettre suivante, dont la copie, conservée à la Bibliothèque de Chambéry, a été publiée par Gustave Vallier, en 1883, dans le tome XXVI du Bulletin de r Institut National Genevois :
A Motier le 7 décembre 1763.
je voudrois, mon cher Comte, voire multiplier encore le nombre de mes agresseurs, si chacun de leurs ouvrages me valoit un témoignage de votre souvenir, je reçois avec plaisir et reconnaissance celui que vous me donnez en m'envoyant l'écrit du p. Gerdil. quoiqu'en effet cet écrit me paroisse un peu froid je le trouve assés gentil pour un moine, je vous avoue cependant que je ne partage pas la haute opinion qu'il paroit avoir de sa logique, et je trouve dès sa préface une division in-
DL mada.ml: di: wakens 217
complcUc. ('ar lorsqu'il dit que p(>>ur me justifier il faut prouver que je n'ai pas dit ce qu'il m'impute, ou que ce qu'il m'impute est bien dit, il oublie un troisième cas qui rend la justification superflue ; c'est lorsque l'accusateur ne sait ce qu'il dit.—
j'avois chargé M' de Gauffecours de vous témoigner mon regret de ne pouvoir vous aller voir cet été comme je l'avois résolu. Le commencement de l'hiver m'a jette dans un état si triste qu'il ne me permet guères de faire des projets pour l'avenir, toutefois si la belle saison me rend les forces que le froid m'ôtc,jc me propose toujours d'en user pour vous aller voir.
S'il arrivoit que vous vous rapprochassiez du Chablais comme l'année dernière, cela me seroitbien comode, et en ce cas je vous prierai de m'en prévenir. Si vous faisiez quelqu'autre voyage qui vous éloignât de Chambéri, je vous prierai de m'en prévenir aussi : car ne pouvant déterminer d'avance le temps de mon voyage il me seroit bien cruel de l'avoir fait à
2l8 APRÈS LA MORT
pure perle et crallcr jusques là sans vous y trouver. Soyez persuadé que rien ne peut ralentir l'ardent désir que j'ai de vous voir et de vous embrasser, il me semble qu'un moment si doux me rendra tous les temps heureux que je regrette, et me fera oublier tous ceux qui m'en ont si tristement séparé. Moi qui suis si désabusé de la vie et qui ne forme plus de projets, je ne puis renoncer à celui là. Après avoir tout comparé je ne trouve point de meilleur peuple que le vôtre ; je voudrois de tout mon cœur passer dans son sein le reste de mes jours, et me mettre de cette manière à portée d'écouter au moins de temps à autre le besoin que mon cœur a de vous.
J. J. Rousseau.
Ce document, communiqué à M. Bise, bibliothécaire, par M^^^ Debry de Chambéry, avait déjà été publié dans le Journal de Savoie^ année 1820, n"" 39, page 9.
Certainement Rousseau n'eût pas été
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bien tranquille, en Savoie, s'il s'y lui iclirc, car le Registre copie des lettres de l'Intendance du Genevois, années 17^)4- 1765, conser\é au.\ Archives départementales de la Ilaulc-Savoie, contient la pièce
suivante :
Du 18 Février 1765
A Monsieur Boûer à Genève Je vous remercie bien, Monsieur, de votre attention à me communiquer dans la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire, Monsieur, le 1 5 de ce moi^, la déclaration que le Conseil de la République de Genève a donné conséquement au livre de Rousseau, la pièce est complette, et je suis bien charmé d'apprendre qu'elle a mis fins aux mauvaises intentions d'un méchant autheur.
J'ai l'honneur ect.
Les mêmes archives possèdent la lettre du sieur Boûer de Genève, adressée à l'Intendant du Genevois à Annecy :
Monsieur Vous aurés sans doute été informé,
Monsieur, des mauvaises insinuations que le livre de Rousseau et autres brochures ont voulu donner contre les Conseils et principalement contre le Petit Conseil lequel après avoir examiné avec attention le parti qu'il y avoit à prendre, crut devoir porter au Conseil du T>eux Cent le 4*" de ce mois, la démission de leurs emplois qui fut approuvée dans un premier tour en deux cent le 6^ de ce mois et auxquels se joignirent un grand nombre des membres du Deux Cent pour suivre leur exemple. Si les cytoyens et Bourgeois ne venoient reconnoitre que le Conseil étoit une assemblée de bons et fidèles magistrats, les cytoyens et bourgeois effra3^és avec raison d'une telle démarche vinrent en foule et au nombre de plus de mille assurer M'"^ les Sindics qu'ils honnoroient le Conseil ect.
Ainsi le Conseil pour constater toutte son indignation contre le livre de Rousseau et autres brochures, a donné hier la déclaration ci-jointe comme est telle que les circonstances peuvent Texiger. Je me
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fais un plaisii', Monsieur, de vous la communiquer comme une marque de mou respect cl de mou attachemeni. A>aiU l'honneur d'être avec beaucoup de considération, Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur
Joseph Douer
Genève 15 février 1765
Wintzenried, de son côté, au début de cette année même, semble avoir été, de nouveau, à la recherche d'une position sociale, car il est fort question de lui dans une missive de l'intendant Tarraglio, premier officier du bureau général des finances. Cette pièce, extraite de la correspondance de ce dernier, conservée aux Archives départementales de la Haute- Savoie, a déjà été publiée, en 1878, par Théophile Dufour, dans son excellente étude : Jean-Jacques Rousseau et Madame de Warens ; jiotcs sur leur séjour à Aîinecy, (( Cette lettre, dit Dufour, semble être arrivée trop tard, car, dès le 28 janvier
1765, à Turin, on nommait trésorier du Faucigny Joseph-Thérèse Jacquier ; il est probable que Tidée d'un économe fut abandonnée. »
1765 le 9 Février
Apres avoir fait procéder à la description, saisie et séquestre des meubles, biens et effets appartenants à feu M"" François Perrin Sénateur au Sénat de Savoie et à M"" Charle Perrin substitut avocat fiscal général au même Sénat, fils et héritier de feu Noble Joseph Perrin cautions du sieur Charle Perrin leur frère et ci-devant Trésorier de la province de Faucigny, Je n'ay pas manqué de faire pendant longtemps les recherches les plus empressées pour y établir un économe, mais malgré les plus vives invitations et sollicitations faites et réitérées à plusieurs, toutes ces diligences ont été infructueuses, personne n'ayant voulu accepter cet œconomat.
Ne sachant plus ou me tourner j'ay jette les yeux sur le sieur De CiirtUles,
DC MADAMK DH WARMNS 22}
que j'avois dcpulc pour Inspecteur ai x lra\aii\ clu Cnjcrf?-), cl lui eu ayant fait la proposition, il m'a i'ep(»nclu cju'il acceptcroit cette commission, et qu'il se donneroit tous les soins pour la remplir exactement, mais étant étranger et ne possédant aucuns biens il n'étoit pas dans le cas de donner une caution.
Le dit Sieur De Curtillcs est Suisse d'origine, il a embrasse la rclii;ion catholique, il habite en Savoye depuis environ 25 ans ou il s'est marie, et n'a point d'enfans ; S. M. lui fait payer chaque année de sa cassete secrète la somme de 1300 : livres pour Tayder à subsister et c'est par ses ordres que de tems à autre je lu}^ ay donné de l'occupation dans les différentes inspections pour les réparations des chemins, luy ayant toujours connu de l'activité et une conduite sans le moindre reproche.
Quoique par le tableau que je viens de vous faire du dit S' De Ciirtilles, j'aye lieu d'être persuadé qu'il s'acquittera bien de cette commission pour le mériter de
plus en plus la continuation des grâces de S. M.
Le défaut de caution m'étant cependant un obstacle à la lui donner je vous en fais part, Monsieur, pour m'aviser les déterminations convenables.
Quoique Rousseau ne donnât pas suite à ses velléités de se fixer en Savoie, il ne put, dès lors, s'empêcher de revivre, en pensée, les plus belles années de sa vie. Le souvenir de M""^ de Warens, à cette époque, ne le quitta plus ; dès le mois de mars 1766, Rousseau se mit à écrire, dans sa retraite de Wootton, ces premiers livres des Confessions, qui contiennent les pages les plus fraîches et les plus ravissantes de la littérature française. j^/^me j^ Warens y occupe le centre du tableau ; désormais son charmant souvenir s'identifiera complètement au chef-d'œuvre de Jean-Jacques.
Qui osera, jamais, mettre en doute l'affection sincère que Rousseau eut pour sa bienfaitrice ? Quelle femme saurait lire.
sans éinolioii, entre les lij^Mies, la curieuse lettre que le pauvre philosophe écrivit de Grenoble, le 25 juillet 1768, à trois heures du matin, à Thérèse Le Vasscur, qu'il faisait appeler Mademoiselle Rcnou. Ah ! méprisons les hypocrites indignations des rhéteurs ! Le cri du cœur est là, en trois lignes : (( Moji principal objet est bien, dans ce petit voyage, d'aller sur la toivibe de celte tendre mère que vous avez connue, pleurer le malheur que f ai eu de lui survivre. »
Rousseau ne fit que passer à Chambéry; le 16 août, il correspond de Bourgoin, avec M. le comte de Tonnerre. Dans une lettre du 25 juillet, il appelle encore Thérèse ((chère sœur.» Dans sa missive du 31 août, à M. Laliaud, il la nomme pour la première fois ma femme ; il y avait, alors, treize ans qu'il vivait, dans une tendre et pure fraternité, avec celle qui fut l'opprobre de ses derniers jours. C'est bien en juin 1754, à 42 ans, qu'il avait, à Chambéry, réitéré, vivement et vainement, les instances qu'il avait faites, plusieurs fois,
à Madame de Warens, dans ses lettres, de venir vivre paisiblement avec lui. Et, cependant, ce ne fut qu'en 1767, que la première lueur d'une meilleure fortune brillait pour celui qui, en 1770, écrivait encore à un jeune homme : ((Je connois l'indigence et son poids. . . »
Revenons à la pauvre succession de Madame de Warens. Alors que Jean- Jacques se préparait à faire un pèlerinage sur sa tombe, l'Intendant général de Savoie rendait, le 22 juillet, une ordonnance ainsi conçue :
Joseph Capris, comte de Castellamonl, Intendant Général de Justice, Police et Finances pour S. M. deçà les Monts.
M^ Claude Crépine Commissaire d'Extentes habitant de la présente Ville ayant fait diverses jnstances aux fins que les chambres de la maison qu'il possède rière le faubourg de Nezin parroisse de St Pierre de Lement qu'il avoit loue a feue dame Eleonore de Vuarens Baronne de la Tour soient évacuées, et debarassées de
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tous les meubles, et effets qui s'y trou- \eient lors de son deee/, et \ îi notre ordonnance du troisième septembre mil sept cent soixante deux portant commission a M'. Riiffard Cireffier de cette intendance pour procédera jnventaire d'jccux, de même que l'acte jnvcntorial qu'il en dressât et signé l'on/e septembre susdit par lequel le S' Jean a feu Estienne Danel fut établi gardiateur de tous les meubles effets jnventaries avec promesses de les représenter toutes fois, et quantes il en seioit requis
En conséquence étant juste de debarasscr les susd*"'^ chambres des effets susdits pour que M^ Crépine puisse être a même de les louer a qui bon lu}- semblera, Nous ordonnons que M^ Ruffard, et en cas d'empêchement que M^ Cabuat son substitut fera revêtir le d^ jnventaire par le d^ S'. Jean Danel qui sera a ces fins appelle, et qu'jceluy étant revêtu tous les meubles, et effets dont s'agit seront transportés à notre Bureau, ou ils resteront deposités jusqu'à ce qu'il soit autrement
ordonne cl que les clefs des dites chambres seront remises au d^ M*" Crépine pour s'en servir ainsy qu'il verra a faire Chambery le vingt deux juillet mil sept cent soixante huit signé par le seigneur Comte Capris de Castellamont.
Cette ordonnance, conservée aux Archives d'Etat, à Turin, est complétée, au môme fonds, par l'extrait suivant (( de Verbal de Revetissement d'Jnventaire fait par M^ Cabuat substitut de M^ Ruffard du 27 juillet 1768 )) :
L'an mil sept cent soixante huit et le vingt sept du mois de juillet je soubsigné. Jean François Cabuat Notaire Collegié substitut de M^ Ruffard Greffier de Tjntendance générale.
Fais sçavoir a vous Monsieur le Comte Capris de Castellamont jntendant gênerai de justice. Police, et finances pour S. M. dans le Duché de Savoye qu'ayant été commis par votre ordonnance du vingt deux de ce mois aux fins de me trasporter au faubourg de Nezin paroisse de S^ Pier-
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rc de Lciiiciil, cl clans la inais(.n de ]\l'. Claude Crépine Corn"" d'Iixtenles, Jcelle cy devant occupc^e par loue Dame Iilconorc de \'uarcns Haronnc Oc la 'r(»ur pour y procéder par rentreniisc du S^ Jean Danel son homme d'affaii'c en revelisscmcnl de rjnvenlairc fait par AU. Ruiïard les trois et quatre septembre mil sept cent soixante deux des meubles et effets délaissés dans la ditte maison par la ditte feue Dame dont le d^ Danel fut Etably Gardiateur sous l'obligation de les représenter toutes fois, et quantes il en seroit requis aux peines de tous dépens, dommages, jnterets avec constitution de tous ses biens, et le d^ acte de rcvetissement achevé, faire transporter les d^^ meubles, et effets au Bureau de TJntendance, évacuer la d^ maison, et en remettre ensuite les eléfs au d^ M^ Crépine, de laquelle sus d^ commission désirant m'acquitter
A ces fins Tan, et jour que dessus je me suis transporté avec le S'. Joseph Marie Ruffard, et hon^^^ Claude Guelard dit Panvin que j'ay pris pour m'assister au
d^ acte au d'. faubourg de Nezin et en la sus d^ maison accompagne du d^ S^ Danel auquel j'aurois lu le contenu en Pjnventaire fait par M^ pierre Ruffard et donné a entendre l'obligation ou il etoit de me représenter tous les effets dont y est fait mention article par article de même que l'existence des sceaux apposés sur les différents buffets, Gardes Robbes, et Coffres, a tout quoy le d^ Jean Danel m'at repondu en l'assistance de qui dessus avoir vendu tous les effets, meubles, décrits dans le d' jnventaire pour la somme de cent, et vingt livres pour subvenir a ses besoins subsistance, à tant moins, et a bon compte de ses gages et de l'argent qu'il a délivré pour les frais funéraires de la ditte Dame de Vuarens suivant la notte qu'il m'en at remis ce jourdhuy par luy signée que j'ay joint en fin du présent pour y faire corps, pour le surplus desquels susd'^ droits il proteste très expressément ; mais quil me representeroit tous les sceaux apposes sur les Gardes Robbes, et coffres dans leur entiers a l'effet de quoy ayant
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(Uivcrt la porte d'ciUrcc de la d' maison jaiirois trouve; dans la première Chambre qui est une cuisine une grande table a bois sapin a quatre pilliers avec un banc même bois sur hi quelle etoient dispcrsc^es différentes Drogues servants a dissoudre des minéraux que j'ay fait jetter pr)ur n'être d'aucun usa^c, et toutes évaporées ; Nous serions ensuite entres dans la seconde qui est Tcndroît ou la d'' Dame est decedcfe : j'y aurc^is trouve un ciel de lit de serge verte fort usé attache au plancher, un garde Robbe de sapin a une seule porte, sur la serrure du quel j'aurois reconnu le sceau du seigneur jntendant,n'y altéré, n'y vitic, lequel ayant été ouvert jy auroit trouvé quantité depapiers suivant, et comm'est porté par l'Jnventaire, et successivement nous serions entrés dans la troisième qu'est la Chambre qu'occupoit le d'.
Danel jy aurois de même trouvé un Bahu, un coffre de noyer une petite cassette de sapin et un petit Garde Robbe du même bois a deux portes tous dûement scellés et cachettes, et les avant ouverts sauf le
Bahu pour n'avoir d'jceluy la clef, il s'y seroit trouvée quantité de papiers plies dans des servietes lesquels j'ay laissé dans les d" Garde Robbe et Coffre, et de la nous serions venu dans une quatrième Chambre laquelle est plaine de diverses pièces de terre non encore Cuittes ny vernissées, comme ecuelles, plats, vases a fleur et autres semblables tous hors d'usage pour être la plus grande partie fusée pour y avoir une goutiere dans la ditte Chambre et l'autre partie fêlée par rapport aux jntemperies de l'air et au transport que Ton en a fait dez le Rez de Chaussé ou elle etoit appartenant a Mons^ le Comte de Rochefort en la ditte Chambre, la quelle ditte terre j'ay crû devoir laisser au dit endroit jusqu'à nouvel ordre, nous serions finalement descendus, et ayant parcouru un Balcon je serois entré dans un petit cabinet dépendant de la d* maison et attigû a jcelle qui servoit cy devant au d\ Danel de laboratoire pour dissoudre ses minéraux et lesciver les cendres des Orphevres, ie n'y aurois trouvé que des pierres de mi-
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ncs de clilïcrclUcs la(,'()n, cl des susdiUcs cendres dcja lescivécs que j'ay fait jcUer pour n'elre d'aucun usage pourrissant et chargeant au C(»nltaiie le sous-picd du d^ plancher ; ce fait j'aurois fait conduire par un charriot au Bureau de Ijulendancc les d'\ deux Gardes Robbcs, la table, et son banc, les trois coffres tous dûement fermés et le ciel de lit pour y être, et rester le tout deposilé jusqu'à ce qu'autrement soit ordonné et j'ay cnsuitte fait remettre par le d^ Danel au d^ M'. Crépine ce jourdhuy les clefs de la d*" maison, et ce dernier m'at Demandé acte du jour de la remission d'jccllcs et a protesté de la somme de huit cent huitante cinq livres six sols huit deniers qu'il m'a déclaré luy être dues pour le loiicr de la ditte maison a forme de l'assencement a moi exhibé du quinze avril mil sept cent soixante un qui at commencé au premier juillet suivant a raison de cent vingt cinq livres par an, m'ayant en outre déclaré que sur la susd^ somme il distraisoit cent-cinquante une livres cinq sols qui luy ont été payés
en différents temps tant par la d*" feue Dame qu'en un Louis, et un Ecu neuf au dernier coin de france par le d' Danel après son decez, ayant encore protesté des dégradations arrivées en sa d^ maison et de faire prendre acte d'état d'jcelles, comm'encore de faire jetter les terres non cuittes n'y vernissées a la Rue pour n'être d'aucune utilité et charger considérablement le plancher de la Chambre ou elles sont renfermées ; de tout quoy j'ay dresse le présent verbal ayant le d^ S*". Danel et Ruffard signés cy après et non le d^ Panvin pour être jUitteré de ce enquis ainsy est Chambery les an, et jour susdits signe J. Danel, Ruffard témoin et par AP Cabuat substitut.
par Extrait signé Cabuat subst.
Ce document, ainsi que le précédent et les trois qui vont suivre, sont conservés à Turin, aux Archives d'Etat, section II, Finances générales, chapitre 56, n° 21.
Les papiers de Madame de Warens, qui
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élaiciU renfermes dans les coffres cl armoires, clonl il est question dans le Verbal de Cahiiat, ne se trouvent plus, de nos jours, aux Aichi\es dcpartcmcntales de la Savoie ; ils ont e^te probablement rendus à Crépine avec les meubles. Le dossier concernant M'""-" de Warens, — que les Archives de'partcmcntalcs possèdent aujourd'hui et dont j'ai, le premier, publié toutes les pièces, — pourrait bien \enir de ces armoires et a été trouvé, il y a vingt ans, chez un bouquiniste de Chambéry, par TArchiviste départemental, qui Ta acheté pour le compte du département de la Savoie.
Cependant, Claude Crépine attendait toujours que l'on donnât suite à ses diverses instances ; n'obtenant pas de satisfaction complète, en dépit de l'ordonnance que l'Intendant général avait rendue en 1768, il envoya quatre ans après, le 9 novembre 1772, directement au Roi, une supplique dressée sur papier timbré, laquelle fut transmise au bureau des Royales Finances à Turin.