DÉPARTEMENT
en faveur de la dame baronne de Warens de La Tour, par spectable Jean Charte Perrin, bourgeois et habitant de Chafnbéry portant en capital L. 1000.
L'an mille sept cent cinquante quatre et le huictième mars, à Chambéry, au feaubourg du Reclu de la présente ville, sur les trois heures après midi, dans la maison où habite la dame baronne de Warens de La Tour, pardevant moi notaire royal coUigié soubsigné, et présents les témoins bas nommés. Il est ainsi que, parcontract
du premier aousl mille sepl cent ciiuiuanlc deux, rcccu par moi dit nollairc sDubsigneS passé entre ladiUc dame baronne de Warens de La Tour, noble Jean Samuel Rodolphe Wintcenricd de Courtilles, spectable Jean Charles Perrin et le sieur Prudent Rcveyron, auroient contracté société entre eux, concernant la recherche des charbons de pierre, de terre, soit houllie, dans toute Tétcnduc du duché de Savoye, et de faire laditte recherche à commun fraix, tout comme de faire chacun leurs fonds, et partager les profits par quart, et autres articles contenuts audit acte, auquel on se rapporte, que conséquemment à icelui, sur la demande et prière faitte à sa Majesté, par la supplique présentée à la part de laditte dame de Warens, et de celle dudit noble de Courtilles, Elle auroit bien voulu, par un effet de ses grâces, leur en accorder le privillège ainsi que par lettres patentes émané de sa Majesté en leur faveur, en datte du trentième octobre suivant. Tous les susnommés auroient encore passé une
transaction entre eux pour le même fait et dessein, portant une cimentation de société etéclercissement d'icelle, ainsi que par contract du dix-huict décembre deladitte année receu et signé par M^ Reveyron nottaire, et par acte de main privée fait à double, du second mai année dernière, ledit sieur Prudent Reveyron se seroit départi, cédé et transporté à ses dits associés, tout le bénéfice qu'il pouvoit prétendre en vertu des susdésignés contracts, avec promesse qu'il lui firent de le libérer jusqu'à la datte dudit acte de main privé, de tous les fraix qui avoient étés faits jusqu'al'ors pour la recherche desdits charbons, et comme cette portion étoit tombé commune, tant à laditte dame baronne de Warens, audit noble de Curtilles qu'audit sieur Perrin, ces premiers au nom de ce dernier, par contract du vint huict juin année dernière, aussi receu par moi dit notaire, associèrent et mirent au lieu et place dudit sieur Prudent Reveyron le sieur Alexandre fils de Pierre Bérard, icelui agissant tant à son nom qu'au nom
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cliiclit son pcrc, et de Simon Dc5rard son frùrc, de la ville de Genève, pour jrjuir, ledit Alexandre l)érard, et au nom de ceux pour qui il parut des mêmes privillèges rappelles dans les contracts ci dessus, et de la teneur d'iceux, sous promesse qu'il fit d'en remplir t(^us les engagements, et de contribuer pour sa cotte part dans la dépence à faire de même que d'entrer dans le gain et perte ; et par autre contract du vint neuf dudit juin de la même année, aussi receu par je dit nottaire, laditte dame baronne de Warens, ledit noble de Curtilles et ledit sieur Alexandre Bérard, aussi tant à son nom que celui de ses père et frère, lesdits associés agissants aussi tant à leur nom qu'à celui dudit spectable Perrin, par lequel ils promirent de faire ratifier lesdits deux actes, admirent encore pour un autre associé, le sieur François de La Corbière, ancien citoyen de Genève, pour une cinquième portion concernant la recherche des dittes mines, et lesquels dits deux contracts, ledit spectable Perrin approuva, confirma et ratifia
aussi par celui da second septembre suivant, receu de même par je dit nottaire, et du depuis ledit sieur Perrin n'auroit plus voulu entretenir la ditte société, laditte dame baronne de Warens de La Tour lui auroit pioposé s'il vouloit se départir de leur dite société et de la teneur des contracts ci dessus ténorisés en sa faveur, qu' s'obligeroit de lui rembourcer soit lui payer la somme de mille livres monoye de Savoye, dans une année prochaine, datte du présent, néanmoins sans intérêts pendant ledit terme, et passé icelui, avec intérest stipulé au cinq pour cent, et de lui donner encor bonne et suffisante caution pour la seureté de laditte somme, de môme que de le relever de tous les engagements par lui pris par les contracts énoncés ci dessus, ce qui auroit été accepté par ledit sieur Perrin. Pour ce est il que les an, jour, lieu et heure que dessus, par devant moi nottaire et témoins, s'est personnellement établis et constitué ledit spectable Jean Charle, fils à feu sieur Maxime Perrin, avocat au sénat, natif,
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bourgeois cl liahilaiU duclil Chambcry, lequel, de ^r<5, poin lui cl les siens s'est departy, ainsi que par le présent acte il se départ, purement, simplement et irrévocablement, de la meilleure manière que département se peut faire de droit en faveur de laditte dame françoise Louise Eléonore, fille feu noble Jean Baptiste de La Tour, baron d'Empire, épouse de noble Isaac Sébastien de Warens, native de Vevey, païs de Veaux en Suisse, canton de Berne, habitante de la présente ville ici présente et acceptante, pour elle et les siens, à sçavoir de la cinquième portion qu'il at dans la recherche des mines de pierre, de terre, soit houllie, conformément aux contracts ci dessus ténorisés, auxquels ont se rapporte pour le tout, lui transférant et cédant tous les droits, bénéfices et privillèges d'iceux, la constituant pour sa procuratrice générale, avec pouvoir de constituer et substituer sous due élection de domicile, et ledit département fait par ledit spectable Perrin, pour et moienant le prix et somme de mille livres monoye de
Savoye, que ladite dame baronne de Warens promet lui payer ou es siens, dans cet année prochaine, datte du présent sans intérest pendant ledit terme, et passé icelui, avec intérest stipulé au cinq pour cent, promettant encore laditte dame de le relever et faire relever dez à présent envers ses dits associés, de ses engagements qu'il avoit pris par les contracts ci dessus désignés, et pour l'observation de tout quoi, laditte dame baronne de AVarens s'est soumise aux peines de tous dépens, dommages, intérêts, et à l'obligation de tous et un chacun ses biens présents et avenirs qu'elle se constitue à ces fins tenir, et c'est laditte somme de mille livres en remboursement des fonds qu'il at remis au sieur Vidal, caissier établi par la Compagnie ; et pour plus grande seureté de la somme ci dessus promise par laditte dame baronne de Warens, à sa prière et réquisition s'est de même ici personnellement établis et constitué noble François fils de feu noble Joseph Davied, seigneur de Fontenex et de Gy, natif delà ville de Thonon,
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dcpix^scnl aiidil Chamhcry. lequel, de gré, pour lui et les siens, néanmoins après avoir icnoïK'c au bénéfice de division, d'ordre cl de disent iou, s'est rendu plaige et caution pour laditlc dame baronne de Warens de La Tour, principal payeur et observateur du contenu au présent, et pour reffct de ce que dessus s'est aussi soumis aux peines de tous dépens, dommages, intérêts, à l'obligation de tous et un chacun ses biens présents et avenirs, sous clause de constitut, avec promesse avec promesse que fait ladittc dame baronne de Warens de relever saditte caution de tout ce qu'il pourroit souffrir, occasion dudit cautionnement, tant en principal, dommages intérêts que dépens, aux mesme peines c]ue dessus, hypothéquant spécialement pour ce fait laditte dame de Warens, toutes les prétentions et bénéfices qu'elle at pourroit avoir et retirer de laditte société, étant expressément convenu entre laditte dame baronne de Warens de La Tour et ledit seigneur Davied, qu'au cas que ce dernier fut obligé à payer audit sieur Per-
rin la susditte somme de mille livres, audit cas, il sera dez à présent mis et subrogé au même lieu et place de laditte dame baronne de Warens, comme représentant ledit spectable Perrin, en vertu du présent département, qui en vrai signe d'icelui, a manuellement remis à laditte dame, au vu de moi dit nottaire et témoins, toutes les expéditions des actes et privillèges qui lui avoit été remis concernant laditte société, et sans entendre, ledit seigneur s'astraindre à aucune autre chose concernant la susditte société, que cautionner laditte dame de Warens pour laditte somme de mille livres, et c'est en tant que le présent serat approuvé et ratifié par les autres associés de Genève et par ledit noble de Curtilles, Et ce ont fait lesdittes parties, par mutuelle et réciproque stipulation et acceptation, et ont promis et promettent observer tout le contenut au présent chacune en ce qui la concerne, aux peines respectives de tous dépens, dommages, intérêts, à l'obligation et constitution réciproque de tous et un chacun leurs biens
priisciUs cl avenirs, sous clauses de constitut, entendant icelle parties, que la narrative du présent ne fasse qu'une seule et même substance, et comme corp individu avec la présente dispositive, sous toutes dues promesses, soumission, renonciation, stipulation acception, et autres requises de droit. l\iit et pron(^ncc audit les lieu, an, jour et heure que dessus, en présence du sieur Claude Vidal, marchand et habitant de la présente ville, et de Pierre Michal, aussi habitant de la présente ville, témoins requis. Tabellion trente sols, lesquels témoins, de môme que les parties, ont signés sur la minutte de je dis nottaire soubsigné, de ce recevant requis, contenant le présent et par moi écrit, y compris mon verbal et signature, presque cinq pages, et levé pour le tabellion, après due collation faitte sur ma ditte minutte, quoique le présent minutaire soit par d'autre écrit. — Ainsi est.
Signé : Cagnon, notaire.
Enfin, la baronne parvenait, cependant,
à contracter un emprunt ; la preuve en est dans un brouillon de reçu, non signé, attribué à M'"'' de Warens, conservé aux Archives départementales de la Savoie, ainsi conçu :
Nous soubsigné prométon paier a Monsieur Tomas mètre fondeur saxon ; ou a son hordre dens le terme d'une année quinze louys dor neuf de france de vint une livre pièce ; qu'il nous a prêtes en même espèce, en foy de quoy nous avont signé le présent a chambery ce 20 mars
Ce reçu eut immédiatement une seconde rédaction ; voici la teneur du deuxième brouillon :
Nous soubsigné en considération et par Reconoissance du service que M*" Tomas maître fondeur saxon vient de nous Rendre en nous prêtant quinze louys neufs pour nos traveaux de la Colombière nous luy prometons de bonne foy de luy doner
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mille livre de Gratifications; cy tôt que nous auront dccombrc notre filons, du soubtcrrin de la Cijlombiere et que nous cnvoirons la mines ce que esperont avec l'aide du seip:ncur quy ccras dens le courcnds de celle année, en foy de quoy nous avont signé le présent a Chambery ce 20 mars 1754.
Outre le précédent document, les Archives départementales de la Savoie possèdent encore, de la môme date, une minute de lettre, dont la dernière phrase, seulement, et quelques corrections sont de la main de M""" de Warens ; la missive paraît avoir été adressée au directeur des travaux que la baronne faisait exécuter au Bourget-en-Huille.
Monsieur, j'ay l'honneur de vous donner avis que Monsieur Perrin Langlay s'étant départy par contract, de sa part et prétantion dans la Compagnie des Charbonnier, je me trouve dans le cas d'estre chargée de nos affaires pour les traveaux
des huilles et du Bourget, Comme étant la seulle à portée de cette partie, les autres associés de Genève et de Tarantaise étant trop éloigné. încy je vous prie, Monsieur d'avoir la bonté de vouloir agir en bonne inteligence avec moy suivant la coutume allemande, et de prendre la paine défaire pezer tout le charbon qui et dans les fauccs que je vient de vandre aux sieur Joseph Tournier. // m en offre un douzon le quintal, pour celuy qu'on tireras à l'avenir ; sur qiioy nous vairons entre vous et jnoy ce qu'il conviendras de faire. — Je luy fait un rabay sur celuy qu'on at tiré jusqu'à à présent à cause qu'il est encore un peux mellé de servelle. Il ne vous en payera que dix sols le quintal. Vous auré la bonté dens retirez l'argent pour payer ce quy est encore deu aux ouvrier, et pour avoir quelques choses pour recommencer les traveaux, l'orque le beautems le permettra. De zirant d'avoir l'honneur d'une conférance particulière avec vous, je vous en prie avant que de recommencer les traveaux, vous priant aux surplus que vous ayez la bonté de
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(Toute cette première partie de la lettre est d'une écriture autre que celle de M"** de Warens, sauf les quelques mots et corrections en italique, qui sont de sa main, aiîîsi que la fin de la lettre)
faiie ataïUions que nos houtils et équipage du liions ne se perde pas, M^ nous
ayant donner un comte de cinq li\res de dépencc tcnt en outils que autres équipage et frais de mineurs. — Recomendent le tout à vos bontés hordinaires j'ay l'honeur d'êLres avec bien de la reconoissance et la plus parfaite considération etc. A Chambcry ce 20^ mars 1754.
Quelques mois après, M"""^ deWarens paraît cesser de faire partie de la Compagnie des mines de la haute Maurienne, dont elle avait été la fondatrice. Certainement, à cette époque, elle ne possédait plus d'actions de la société. Le fait est démontré par une collection de pièces de comptatabilité, du commis des mines des Fourneaux en Maurienne, existant aux Archives départementales de la Savoie. En effet.
jusqu'au 22 juillet 1754, le régisseur certifie ses états de la manière suivante :
« Je soussigné Etienne Durand, commis « régisseur des minières de la haute (( Maurienne et fabriques des Fourneaux, « dépendente de M""*" la baronne de Wa- (( rens, M'" Mansord et C'% certifie, etc. »
A partir de cette date, Durand change sa formule et se dit : (( Régisseur des Mines de la haute Maurienne et fabriques des Fourneaux, dépendente de MM. Mansord, Perrichon et Compagnie. »
L'histoire possède, ainsi, la date exacte de l'époque à laquelle la baronne fut évincée, de fait sinon en droit, de la fameuse compagnie qu'elle avait créée.
Quelques semaines auparavant. M'"'' de Warens avait revu Jean-Jacques, qui datait de Chambéry la dédicace de son Discours sur l'origine et les fondejnents de r inégalité parmi les hommes. Rousseau dit, au Livre VIII des Confessions :
(( A Lyon, je quittai Gauffecourt, pour prendre ma route par la Savoie, ne pou-
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vaut nie rcsoudrc à passer derechef si près de maman sans la revoir. Je la revis.... Dans quel état, mon Dieu ! quel avilissement ! Que lui restoii-il de sa vertu première > Etoii-ce la même M™*= de Warens, jadis si brillante, à qui le cure Pontverre m'avoit adressé ? Que mon cœur fut navre ! Je ne vis plus pour elle d'autre ressource que de se dépayser. Je lui réitérai vivement et vainement les instances que je lui avois faites plusieurs fois dans mes lettres, de venir vivre paisiblement avec moi, qui voulois consacrer mes jours et ceux de Thérèse à rendre les siens heureux. Attachée à sa pension, dont cependant, quoique exactement payée, elle ne tiroit plus rien depuis longtemps, elle ne m'écouta pas. Je lui fis encore quelque légère part de ma bourse, bien moins que je n'aurois dû, bien moins que je n'aurois fait, si je n'eusse été parfaitement sûr qu'elle n'en profiteroit pas d'un sou. Durant mon séjour à Genève, elle fît un voyage en Chablais, et vint me voir à Grange-Canal. Elle manquoit d'argent pour
achever son voyage : je n'avois pas sur moi ce qu'il falloit pour cela ; je le lui envoyai une heure après par Thérèse. Pauvre maman ! Que je dise encore ce trait de son cœur . Il ne lui restoit pour dernier bijou qu'une petite bague ; elle Tôta de son doigt pour la mettre à celui de Thérèse, qui la remit à Tinstant au sien, en baisant cette noble main qu'elle arrosa de ses pleurs. »
Accompagné de Thérèse, Rousseau avait fait route, de Paris à Lyon, avec Gauffecourt, l'un de ses premiers amis. Or, les Archives départementales de la Savoie possèdent la copie d'une lettre adressée à M. de Goffecour à Genève. Ces quatre derniers mots, qui terminent la suscription de la pièce, sont seuls de l'écriture de M™^ de Warens. Le document nous initie aux démêlés de la baronne avec son associé Perrichon, et dévoile le projet, qu'elle caressait alors, de quitter Chambéry :
Monsieur je me suis trouvée Cy incomodée que je n'ay pas étés En Etat de
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de vous Rendre plus tôt mes jd-Mu .icîi«»ii-) de grâces sur les soins généreux que vous venez encore de vous donnera mon aucasions ; je plain la veuglement de Mr. P. mais comme C'est aux jcnird'huy un mal son rcnicdc il Tau cl que cette fièvre fasse crize ; pour moy que nay rien à me Reprochée, que davoir a«^nl avec trop de zelle et de Bonne foy pour bien Etablir, je me trouve Consolce de toutes les injustices que Ion Exerce a mon Egards par le Bonheur que j'ay Eu de Bien Reussy, le temps, fera assé connoistre La consequance de mon ouvrage sans que je fasse mes Eloges, jendoit Rendre a dieu deternellc actions de grâce ; je me Retireray dens peu de jours dans le petit hermitage que j'ay choisy ; ce qui me mestras portée davoir Lavantage de vivre dans votre voisinage ce qui me flatte infiniment, sur tout Cy josoit espérer que vous voulussié prendre la peine de venir visiter la peauvre hermitte ; je vous prie Cy vous voiée Mr. Rousseaux de luy faire mes amitiés, Cy vous monorés de vos chère nouvelles,
passé la quinzaine je seray dans Lermitage dont vous savez la dresse, j'ay l'honneur destre avec la plus parfaitte Reconnaissance, et la Considération la plus Respectueuse Mr etc
a chambery ce 2^ août 1754.
ce 2 août 1754.
Peut-être, M""^ de Warens fait-elle allusion, dans cette lettre, à la maison d'un M. Lejeune, qu'elle avait louée avec son jardin, à Evian, ou à l'immeuble qu'elle achètera, le 19 juin 1755, dans la même ville, et dont elle devra résilier l'acquisition, le 27 septembre 1757, moyennant dommages-intérêts, faute de pouvoir en payer le prix. Quoi qu'il en soit, la misère réelle de la baronne était notoire, à Chambery ; l'histoire en a l'indication exacte dans un acte du 21 août 1754, par lequel M™^ de Warens, que le notaire appelle pauvre dame baronne, donne sa procuration à Wintzenried, afin de poursuivre le procès qu'elle avait intenté aux héritiers de Mgr de Rossillon de
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Bcrncx, cvcciuc de Gcncvc, qui lui avait Ic5guc5 une pension de 150 '. par an, dont elle n'avait jamais pu être payc^e. M"** de Warcns veut que, sur les premiers arrérages, qu'il touchera, Wint/enried commence par se rembourser d'une somme de 705 '., qu'il avait prctce, en 1753, à l'infortunée baronne, et qu'il paie, ensuite, dans Tannée, 200 '. à un boulanger, auquel M"'*= de Warens les devait, pour fourniturc de pain. Le document figure, en ces termes, au 2" volume de 1754, folio 903, des registres du Tabellion de Chambéry :
^Procuration passée au sieur de Courtilles par pauvre dame baronne de Warens,
L'an mille sept cent cinquante quatre et le vingt-unième jour du mois d'aoust, à Chambéry, à deux heures après midy, dans la maison d'habitation de la dame constituante, cy après nommé, pardevant moy notaire royal soussigné, et présents les témoins cy après nommés, s'est personnellement établie et constituée pauvre
dame Françoise-Louise Eléonorc, fille de feu noble Jean-Baptiste de La Tour, baronne dcWarens, natifve de Neveu (sic) en Suisse, résident en cette ville, laquelle, de gré constitue pour son procureur général, sous élection de domicile, noble Jean Samuel Rodolphe Wintzinried, fils de noble Samuel Rodolphe de Courtilles, natif de Courtilles, pays de Veaux, canton de Berne, résident en cette ville, icy présent et ladite charge acceptant, et c'est pour et au nom de la dame constituante, faire touttes les poursuittes nécessaires pour se procurer le payement de la censé annuelle et viagère de cent cinquante livres de Savoye qui luy ont été léguées par Monseigneur de Rossillon de Bernex, évêque et prince de Grenoble (sic) affectée sur la terre de Sallonges, possédée par M. le doyen de Mont St Jean, demander et faire rendre compte de ladite censé dez le décès dudit Révérendissime Evêque jusques à cejourdhuy, et encore à Tavenir, pendant qu'elle devra avoir lieu, et pour ce, intenter tous procès, tant en action
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réelle, personnelle, que mixte, soit par nouvelle instance, soit par continuation de celle cl<ijà commencée, et en iceux dire, déduire, produire, communiquer et contredire, tous titres fournir, et sauver touttcs exceptions, et généralement poursuivre lesdits procès jusqu'à sentence et arrêt définitifs, pleine et entière exécution d'iceux, s'il y échoit, avec pouvoir de transiger, accepter ou révoquer tous offres, exiger et passer quittance, le tout quoy elle aprouve et rattifie dcz à présent comme pour lors, luy donnant encore pouvoir de poursuivre en instance sommaire ou réglée le nommé Pierre Sandre, de la paroisse de Chanaz, pour le payement de la somme de cent soixante deux livres dont il luy est débiteur, pour des causes connues audit sieur de Courtilles , révoquant , pour le fait de ces deux demandes, tous autres procureurs, cy devant constitués, auquels ledit sieur de Courtilles pourra et devra demander compte de leur administration et exaction, retirer et exiger le reliqua, en passer dû acquittement, et re-
tirer d'entre les mains de M'^ Morel, procureur, les titres et procédures qu'il at à ce sujet, et d'en faire chargé, si besoin est, et en cas de plaid, de constituer et substituer M'"'' Vernier, procureur au sénat, et des exactions que ledit sieur de Courtilles faira et devra faire, il commencera à s'en retenir la somme de sept cent et cinq livres qu'elle confesse et déclare luy devoir pour cause de prêt, dont même elle luy a passé deux billets, le premier, sous la datte du six mars, et le second, du vingt-trois décembre mille sept cent cinquante trois, qui après ladite rétention, seront remis à ladite dame constituante, sur lesquels billets sera la présente anotté, pour avoir été convenu qu'ils ne seront payés qu'au moyen de l'exaction desdites censés, de plus elle l'oblige et assigne de payer, dans une année la somme de deux cent et quelques livres au boulanger Giron et sa femme, demeurant sous le château, qu'elle déclare leur devoir pour du pain fourni à sa famille, et du surplus de ses exactions, il devra en rendre compte à
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la dame constituante, en prc5levant ndantmoins les frais qu'il aura suportés, occasion de la présente procuration. Ce que l'un et l'autre ont promis observer, aux peines de tous dépens, domages intérêts, sous l'obligation de tous leurs biens présents et avenir, qu'ils se constituent respectivement tenir. Viûi prononcé en présence de noble François Daviet, seigneur de Foncenex et de Gy, et de noble Pierre François La Branche, habitant à Bramans, en Mauriennc, et ce premier en cette ville, témoins requis. Les parties et témoins ont signé à la minutte de moy notaire recevant qui ay levé le présent, pour l'office du tabellion, contenant sur icelle, deux pages et un quart.
Signé Petroz, notaire.
Le même registre du Tabellion contient, au même folio, à la même date, une procuration, donnée p^r paicvre dame baronne de Warens, pour gérer, en son absence, les affaires de sa société des mines de la haute Maurienne et poursuivre le procès,
que la Compagnie avait par-devant le sénat — cela devait finir ainsi — contre le sieur iVlathieu Casse.