DEUX SIGNADX AU LIEU D^UN
nous sonnions sa mort^ plus d'un parmi vous aura vidé les arçons.
Ghantepie mit la main sur son cœur pour en contenir les battements prééipités. Il se coula sans bruit le long de la haie afin de suivre les cavaliers^ et tendit avidement l'oreille.
— Il mourra comme est mort le vieux de Guer... un vaillant soldat!
— Un vaillant soldat! oui... Combien Halesiroit a-t-il conservé d'hommes d'armes?
— Je ne sais au juste, répondit en riant le chef du détachement. Son camp, qui est à deux lieues d'ici^ sur le chemin du Faouët, se compose de quatre tentes.
Les cavaliers huguenots poussèrent en chœur un éclat de rire.
— Avec soixante arquebuses que nous sommes, dit l'un d'eux, et l'avantage que nous donne une surprise, Hulestroit n'aura pas beau jeu.
Ils continuèrent de causer ainsi bruyamment et sans se contraindre, pendant une demi-heure, puis le silence s'établit dans leurs rangs.
Noël les suivait toujours. Il né savait point le lieu précis où campait' Amaury de Malestroit, et ne pouvait aller le préventr.
— Cachez vos mèches ! dit tout à coup le chef des huguenots à un détour du chemin.
Les cavaliers exécutèrent cet ordre aussitôt.
Chantepie s'élança sur le talus de la route^ au risque de se fabe découvrir^ et aperçut un feu qui brillait dans la campagne. Alors il prit sa course et s'efforça de devancer le détachement. Hais les cavaliers^ à mesure qu'ils approchaient, pressaient le pas davantage^ et^oêl était bien las. Tout ce qu'il pouvait faire était de se tenir toujours au niveau du front des huguenots. 11 se désespérait et sentait qu'il arriverait trop tard.
Heureusement les cavaliers n'avaient nul soupçon de sa présence. A portée d'arquebuse du camp^ ils s'arrêtèrent pour prendre à loisir leurs dernières dis- ^ positions. On distinguait alors parfaitement les soldats deMalestroit^ assis ou couchés autour d'un grand feu. Debout, à Técart, une douzaine d'hommes d'armes tenaient conseil. C'était tout ce qui restait de l'armée qui avait traversé victorieusement naguère la Basse- Bretagne, sous les ordres du bâtard de Lorraine, lieutenant de H. de Mercœur.
Chantepie, épuisé de fatigue, retrouva force en ce moment. 11 franchit rapidement la distance qui le séparait du camp, et vint tomber, hfiletant, aux pieds de Malestroit.