I . Laurent Tailhade, Au Pays du Mufle
Continuant à se plaindre des tourments que les dames réservent, Villon écrit une Double ballade sur le mesme propos, et il termine par ses aventures personnelles :
De moy, povre, je vueil parler ; J'en fuz batu, comme à ru toiles, Tout un, ja ne le quiers celer.
Qui me feist mascher ces groselles, Fors Katherine de Vausselles?
M. Longnon rapproche l'expression mascher des groselles de notre avaler des couleuvres.
Reportons nous à d'autres textes.
Nous voyons dans Les Faintises du Monde de Guillaume Alexis :
Tel la cuide épouser pucelle Qui l'espouse telle qu'elle est ; Tel a son cheval et sa selle Qui de chevaucher n'est pas prest ;
Tel fait sa femme damoiselle
Qui est villain et elle aussi ;
Tel en mâchera la groiselle
Qui est sans reproche et sans sy. (i)
Et ici MM. Piaget et Picot pensent qu'il faut expliquer « avoir une aventure désagréable ». Schwob publie un rondeau dont suit le début :
Mais est il vray, ma demoiselle, Se vous estiés sans chandelle Dedans la venelle d'un lict, Et voustrouvessiés ung gros vit, Vous crocqueriés cette groselle ? (2)
Schwob cite encore le premier arrêt d'amour de Martial d'Auvergne :
Et oultre qu'il fust traîné sur une claye et battu par les carrefours de syons de verd osier et de branches de groseliers.
Et il induit de cette réunion de textes que, sans doute, le sens donné par M. Longnon est légitime, mais qu'il faut y ajouter une allusion erotique, à cause
T. Sans sy, sans défaut (Guillaume Alexis. Edition Piaget et Picot, I, 113).