‹ Les dernières leçons de Marcel Schwob sur François VillonChapitre 20 sur 27 · Le Parnasse satyrique, p · texte numérisé non relu

Le Parnasse satyrique, p

La Ballade des Laftgues envieuses de Villon a été inspirée par une ballade attribuée à Eustache Deschamps et dont voici le premier dizain :

De couperos, d'alun, de vers de gris, De sel gemme, de souffre vif saillant, De realgar, d'elbore blanc et bis, De sublimé, d'arsenic undoyant.

De salpêtre, de vitreol luisant, D'armoniac et de bol armenique Avec foison de chair de basilique, En potage par morselés luysans, Emmy la mer, chascun sur une brique.

Soient servis au disner mesdisans (i).

i.Œuvres d' Eustache Deschamps. Edition Raynaud, t. X, p. xxxi.

Choisissant ses exécuteurs testamentaires, Villon écrit au huitain CLXXII du Grand Testament :

Mais ce sera ung jeune prestre, Qui est nommé Thomas Tricot.

Voulentiers beusse à son escot, Et qu'il me coustast ma cornete I S'il seust jouer à ung tripot 11 eust de moy le Trou Perrette.

Les deux derniers vers renferment deux équivoques.

Un trippot, premier l'on pense à quelque taverne, à un jeu de paume ; mais c'est aussi l'amour sous sa forme commerciale, témoin ce premier quatrain d'un rondeau anonyme :

A ce coup est venu le temps Que amours à beaulx denier contens Qui se soulloient donner, se vendent :

Et ceulx qui ce trippot n'entendent Ils pourraient souppirer cent ans (i).

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