QUELQUES MOTS SUR L AUTEUR XXIII
riche ». Et l'antithèse entre le riche égoïste et le pauvre désintéressé y revient, même un peu trop souvent. Foscolo n'était pas riche. Mais il avait aussi une pitié très profonde, aussi sincère qu'enflammée, des souffrances humaines.
Et c'est le plus beau trait de cet inégal caractère que dans ses souffrances personnelles, qui furent nombreuses et aiguës, et pas toujours belles, il ait souvent, s'oubliant presque lui-même, voulu communier avec l'humanité. Ou qu'on dise, si l'on veut, que c'est chez lui une conséquence du génie, ou le génie même. En 1815, quand, après quelques jours de tergiversation, il se décidera à refuser le serment aux Autrichiens et à prendre le chemin de l'exil et de la misère, il verra dans son acte l'expression du sentiment national italien, désormais révolté contre la domination étrangère, et une courageuse et éclatante leçon à tout un peuple : tout un peuple le comprendra ainsi, et ce sera cela en effet. Foscolo est un de ces individus de grande allure, dont les