‹ Les Dernières lettres de Jacques OrtisChapitre 2 sur 33 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

De là ce roman sombre, dont plus tard il désavoua l'esprit général par une sorte de palinodie. Tel Lamartine écrivant le Désespoir et ensuite la Providence à l'homme.

Ugo Foscolo aimait trop V action — songez que si pendant quelque temps il fut professeur, une très grande partie de sa vie il fut militaire — pour rester longtemps désespéré convaincu, si tant est quil Veut jamais été, et Von pourrait hasarder quil fut plutôt un de ces désespérés qui sont moins convaincus que convaincants.

Tant y a quil écrivit les fameuses dernières lettres et que ce fut le Werther italien.

Bien italien, On y sent la passion brusque et mobile jusque dans le goût de la mort, quelque chose d'agité et de capricieux à travers les mélancolies funèbres des nuits dYung, quelque chose de hardi et de vif jusque dans la prostration, et cela fait Y effet d'un ressort foulé, mais non brisé, qui va se redresser tout à V heure.

René, Werther, Ortis portent très bien les marques en quelque sorte nationales. Werther, le plus profond de tous, est dune âme vraiment navrée que V amour repousse et que la vie effraie ; René est dune àme attristée, sans doute, mais qui

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