‹ Les Dernières lettres de Jacques OrtisChapitre 3 sur 33 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

trouve une singulière consolation dans V étalage éloquent et magnifique de sa tristesse ; Ortis est dune âme blessée qui se venge par l amertume de la satire ( « f avais entendu parler de lui comme d'un homme fort cultivé et dune honnêteté parfaite, qualités déjà redoutées autrefois; mais qu aujourd'hui on ne possède plus impunément y>) et aussi par Vabandonnement aux charmes de la volupté, chaste il est vrai, mais doutant plus délicieuse quelle est chaste : « Je nai pas osé; non, je riai pas osé. Je pouvais la prendre dans mes bras et la serrer, là, contre mon cœur. Je lai vue endormie : le sommeil tenait clos ses grands yeux noirs ; mais les roses de son visage se répandaient plus vives que jamais sur ses joues humides. Son beau corps reposait abandonné sur un sopha. Un bras soutenait sa tête, Vautre pendait mollement... Ses vêtements me laissaient deviner les contours de ses formes angéliques... Je touchais comme un dévot ses vêtements et sa chevelure parfumée et le bouquet de violettes quelle avait sur le sein... Mais juste à ce moment je l'ai entendue soupirer dans son sommeil ! Je me suis reculé, repoussé comme par une main divine : « Peut-être est-ce moi qui t'ai appris à aimer et à pleurer ; et tu

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