‹ Les Dernières lettres de Jacques OrtisChapitre 22 sur 33 · QUELQUES MOTS SUR L AUTEUR XXXIII · texte numérisé non relu

QUELQUES MOTS SUR L AUTEUR XXXIII

sait ; car il écrit au même moment, peutêtre avant cette lettre :

Fils malheureux, amant désespéré, Et sans patrie, hostile à tous et à toi-même, Jeune d'années, mais ridé de visage, Qu'attends-tu ? Brève est la vie, mais l'art est Qui n'a pas le pouvoir d'agir hautement, [long : Par de libres écrits tente au moins la renommée.

Et il y a maintenant, entre sa personne réelle et le personnage imaginaire que depuis plusieurs années il dégrossit, une union si étroite, que personne ne s'y reconnaît plus. Car il sera impossible de démêler, dans son livre, ce qui est souvenir personnel de ce qui est pure invention. Peut-être lui-même ne fait-il plus très bien la distinction. Dans la lettre que nous venons de citer, est-ce lui seul qui parle, n'est-ce pas Ortis déjà ? Lorsque, peu de mois après, à Milan, il se prend d'un autre amour, celui-là tout sensuel, mais d'une extrême violence, ne signe-t-il pas plusieurs de ses lettres à la belle comtesse Antoinette Fagnani-Arese : « ton Ortis » ? Et de plus en plus, ses lettres d'amour ont le ton

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