PREFACE IX
cherches un court instant de ommeil, parce que fai troublé tes nuits innocentes et tranquilles. » A cette pensée je me suis prosterné devant elle, sans un mouvement, retenant mon haleine, et je me suis enfui, afin de ne pas la réveiller à sa vie de gémissements et d'angoisses. »
Dans Werther il y a du désespoir sec et, déjà, une philosophie qui nest pas sans profondeur ; dans René il y a de la mélancolie amère et aussi de l'attitude ; dans Ortis il y a delà désespérance et aussi « du sang, de la volupté et de la mort ». Chaque œuvre, toute idée de leur donner des rangs étant écartée, porte bien la marque de son origine.
Il est à remarquer que ce sont trois tout jeunes gens qui ont écrit ces trois ouvrages, trois jeunes gens dont Vun devait mourir à quatre-vingt-trois ans et Vautre à quatre-vingts. Cette considération est le véritable « contre-poison ».
Ugo mourut plus tôt que les deux autres ; mais après être revenu de ses « angoisses et gémissements» de la vingtième année. Comme il mourait, il avait trouvé depuis assez longtemps son successeur en désespérance, son fils spirituel, plus grand que lui, le vraiment désespéré Leopardi. Je ne crois