‹ Les Dernières lettres de Jacques OrtisChapitre 5 sur 33 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

pas qiiil y ait eu « influence », pour me servir du mot cher aux manuels de littérature. Leopardi n'avait besoin d'aucun professeur de désespoir. Cest la nature elle-même qui lui avait dit : « Désespère et meurs. » A Foscolo c'étaient les circonstances qui avaient dit : « Chante le désespoir. » II le chanta savamment, non sans sincérité et de manière touchante et trop persuasive.

Silvio Pellico écrivait à Foscolo : « Ton livre d'amour désespéré, bien qu'il eut recueilli d'innombrables applaudissements, bien quil te fut cher comme ta première gloire, bien quil te parût une œuvre digne de toi, tu gémissais parfois de ce quil offrit à la jeunesse une liqueur empoisonnée de colère farouche contre la destinée humaine et que ton Ortis fut une idole pour des esprits égarés. »

Foscolo a pu en gémir ; mais aujourd'hui son livre nest plus qu'une œuvre d'art d'où le venin s'est évaporé, qui n'intoxiquera personne et qui n'inspirera que deux sentiments fort honorables, la pitié pour les amants malheureux et le culte de la patrie.

C'est irréprochable.

M. Julien Luchaire a fort bien fait de nous

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